
Monarchies, empire et IIe République · 18 octobre – 3 décembre 1831 · Lyon, La Croix-Rousse, La Guillotière
Révolte des canuts de Lyon pour le tarif (octobre-décembre 1831)
En novembre 1831, les tisseurs de soie lyonnais se soulèvent pour faire appliquer un tarif minimum et tiennent la ville plus d'une semaine, avant sa reprise par l'armée.
Au pouvoir
, roi des Français depuis 1830
, président du Conseil depuis 1831
L’essentiel
- Ce qu’ils demandaient
Un tarif minimum des : un prix plancher payé par les pour le tissage de chaque pièce de soie.
- Combien ils étaient
plusieurs centaines de participants
Estimation selon les musées Gadagne
10 chiffres à comparer- Ce qu’ils ont obtenu
Non obtenue
Accepté le 25 octobre 1831 sous l'égide du , le tarif est refusé par une partie des , désavoué par le ministre, puis déclaré nul le 7 décembre 1831. Pendant et après l'insurrection, l'État décide commandes, secours et forte ; le conflit reprend en 1834.
Ce qui était en jeu
La demande, et ce qu’il en est advenu.
Un tarif minimum des pour les étoffes de soie
Les demandent un prix plancher, négocié avec les et garanti par les autorités, pour le tissage de chaque type d'étoffe, comme sous l'Empire. L'arrêt des métiers du 21 novembre vise à faire appliquer ce tarif.
Non obtenueObtenu sur le papier le 25 octobre 1831, le tarif n'est jamais appliqué durablement : refusé par une partie des , désavoué par le ministre, il est déclaré nul par du maréchal Soult le 7 décembre 1831.
Comment c’est arrivé
12 moments clés. Touchez un moment pour le détail.
Les chefs d'atelier demandent un tarif au préfet
Les sollicitent le Bouvier-Dumolart pour obtenir des un prix minimum des .
Tarif minimum adopté à la préfecture
Délégués ouvriers et s'accordent sur un tarif, publié le 27 octobre pour le 1er novembre.
Premier numéro de L'Écho de la fabrique
Le journal des paraît ; il s'ouvre sur une chanson intitulée « Le vingt-cinq octobre 1831 ».
104 fabricants rejettent le tarif
Une partie des refuse le tarif au nom de la .
Le ministre du Commerce désavoue le préfet
Le tarif n'est plus qu'un document « purement informatif » aux yeux du gouvernement.
Arrêt des métiers et premiers tirs à la Croix-Rousse
La tire sur les ouvriers à la Grande-Côte ; des barricades sont dressées.
Les combats s'étendent à toute la ville
Les ouvriers des Brotteaux et de la Guillotière rejoignent ceux de la Croix-Rousse ; plusieurs casernes et postes tombent.
L'armée évacue Lyon, l'hôtel de ville est occupé
Le général Roguet se retire vers 2 heures du matin ; les insurgés tiennent la ville et l'hôtel de ville. Le 24, selon Larousse, un conseil de seize y forme un .
Le roi destine 640 000 francs à des commandes de soieries
Une lettre de l'administrateur de l'ancienne au annonce que le roi affecte cette somme à des étoffes d'ameublement commandées aux lyonnais.
Entrée du duc d'Orléans et du maréchal Soult
Ils entrent sans résistance dans une ville que l'armée réoccupe depuis le 1er décembre ; la a été dissoute le 2.
Le tarif est déclaré nul
maréchal Soult ; le même jour, Adrien de Gasparin s'adresse aux Lyonnais comme provisoire.
Procès de Riom : onze accusés acquittés
Le procès, à Riom, se tient du 5 au 22 juin 1832.
Ce qu’on peut en dire
Le lien entre la mobilisation et le résultat, tel que les sources le discutent.
À court terme, la demande échoue : le tarif est annulé et ne sera pas appliqué. Le pouvoir répond autrement : commande royale de 640 000 francs (600 000 selon les Archives municipales), fonds d'indemnités, caisse de prêt pour les , réforme du , mais aussi forte et fortifications. Le conflit reprend en 1834 avec une seconde insurrection, qui relève d'un autre dossier.
InterprétationFernand Rude, auteur d'une thèse de référence (1944), que Maurice Agulhon jugeait en 1971 « monumentale », lit l'insurrection comme ni une révolte de la misère ni un soulèvement spontané, selon le compte rendu d'André Allix ; il voit dans le mouvement ouvrier lyonnais un double aspect, politique et social, impossible à dissocier. Au XIXe siècle déjà, le socialiste Benoît Malon y voyait « la première défaite du français ».
InterprétationL'effet le plus durable est symbolique. Ludovic Frobert rappelle que la devise des circule encore au XXIe siècle : en 2007, le journaliste britannique Paul Mason en fait le titre d'un essai sur les luttes sociales et présente L'Écho de la fabrique, lancé par les le 30 octobre 1831, comme un journal pionnier. Selon le musée Gadagne, les révoltes des canuts influencent aussi des penseurs sociaux comme les ou Karl Marx.
Pour aller plus loin
Le récit complet8 paragraphes, 2 images
Estimation En 1831, la soierie lyonnaise, la « », repose sur des qui commandent et financent les étoffes, et sur des , les , qui tissent chez eux à la pièce avec leurs . Les effectifs varient selon les sources : de 400 à 1 400 fabricants, environ 8 000 chefs d'atelier et quelque 30 000 compagnons.
Les , c'est-à-dire ce que le fabricant paie pour tisser une pièce, ont baissé. Les regrettent les tarifs de l'Empire, qui garantissaient un prix minimum, et en réclament un nouveau. Les sources divergent sur la conjoncture de 1831 : morose pour le musée Gadagne, plutôt bonne pour les Archives municipales de Lyon et Larousse.
Le 18 octobre 1831, les se tournent vers le du Rhône, Louis Bouvier-Dumolart. Après des réunions entre délégués ouvriers et , un tarif minimum est adopté à la préfecture le 25 octobre. Selon les Archives municipales, il est publié le 27 octobre et doit s'appliquer à partir du 1er novembre ; d'annulation du 7 décembre vise, lui, des tarifs publiés les 26 et 31 octobre.
Une partie des y voit une atteinte à la : 104 d'entre eux refusent de l'appliquer (musée Gadagne) ou en réclament l'abolition le 10 novembre (Larousse). Le 17 novembre, le ministre du Commerce désavoue le et réduit le tarif à un document « purement informatif ».
Le 20 novembre, des réunis à la Croix-Rousse, alors commune distincte de Lyon, décident d'arrêter les métiers pour exiger l'application du tarif. Le 21, selon L'Écho de la fabrique, un poste de tire sans sommation sur les ouvriers à la Grande-Côte ; des barricades se dressent. Le 22, les combats gagnent les Brotteaux et la Guillotière ; dans la nuit du 22 au 23, le général Roguet évacue la ville avec ses troupes.
Interprétation Selon l'historien Ludovic Frobert, les insurgés descendent de la Croix-Rousse sous un drapeau noir portant la devise « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ». La formule surgit, semble-t-il, dans la rue le 21 novembre et se retrouve dans la presse nationale deux jours plus tard. Dans un livre paru fin 1845, un ancien forçat, Jean-Claude Romand, affirme l'avoir proposée.
Interprétation La ville reste aux mains des insurgés jusqu'au début de décembre. Selon la synthèse de la Bibliothèque municipale de Lyon, fondée sur Fernand Rude, l'association politique des Volontaires du Rhône, surtout composée de tisseurs avec quelques bourgeois républicains, mène les combats et s'installe à l'hôtel de ville, mais la masse des ouvriers se soucie surtout du tarif. L'Écho de la fabrique, journal des , insiste sur la garde formée pour protéger les magasins, et Rude sur l'ordre qui surprit les contemporains.
Les troupes reviennent par Vaise dès le 1er décembre, la est dissoute le 2, et le 3 décembre le duc d'Orléans, fils du roi, et le maréchal Soult, ministre de la Guerre, entrent dans Lyon sans résistance. Le est remplacé à titre provisoire par Adrien de Gasparin, les en circulation sont annulés et doivent être renouvelés (6 décembre), et le tarif est déclaré nul (7 décembre). Environ 90 ouvriers sont arrêtés ; onze sont jugés à Riom en juin 1832 et acquittés.


Chaque demande, étape par étapedemande, réponse, décision, application
Chaque fil suit une revendication de sa formulation à son bilan. Le style du trait dit la solidité du lien entre la mobilisation et le résultat.
- Demande
- Autre décision d’une autorité
- Réponse (annonce, réunion, refus)
- Répression
- Lien direct
- probable
- discuté ou indéterminé
Revendication 1/1
Un tarif minimum des façons pour les étoffes de soie
Les chefs d'atelier demandent un prix plancher, négocié avec les fabricants et garanti par les autorités, pour le tissage de chaque type d'étoffe, comme sous l'Empire. L'arrêt des métiers du 21 novembre vise à faire appliquer ce tarif.
Non obtenueNon obtenue
Obtenu sur le papier le 25 octobre 1831, le tarif n'est jamais appliqué durablement : refusé par une partie des fabricants, désavoué par le ministre, il est déclaré nul par un arrêté du maréchal Soult le 7 décembre 1831.
- Demande18 oct. 1831
- Accord25 oct. 1831
- Promulgation27 oct. 1831
- Application1er nov. 1831
- Réponse10 nov. 1831
- Réponse17 nov. 1831
- Réponse26 nov. 1831
- Répression3 déc. 1831
- Abrogation7 déc. 1831
- Bilan1834
Voir les 10 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien direct établi
Les chefs d'atelier demandent au préfet Bouvier-Dumolart l'établissement d'un tarif minimum auprès des fabricants.
- Délai depuis l’étape précédente : + 7 jours
Réunion à la préfecture : les représentants des ouvriers et des fabricants adoptent un tarif minimum, sous le contrôle des prud'hommes. La Chambre de commerce elle-même désigne ce texte comme le tarif « du 25 octobre ».
- Délai depuis l’étape précédente : + 2 jours
Le tarif est publié, avec une entrée en vigueur fixée au 1er novembre, selon les Archives municipales (l'arrêté du 7 décembre mentionne des publications les 26 et 31 octobre).
- Délai depuis l’étape précédente : + 5 jours
Le tarif doit s'appliquer, mais L'Écho de la fabrique le juge vite « illusoire », beaucoup de négociants refusant de le reconnaître.
- Délai depuis l’étape précédente : + 9 jours
104 fabricants, sur environ 1 400 selon Larousse, réclament l'abolition du tarif ou refusent de l'appliquer.
- Délai depuis l’étape précédente : + 7 jours
Le ministre du Commerce désavoue le préfet et ne reconnaît au tarif qu'une valeur « purement informative ».
- Délai depuis l’étape précédente : + 9 jours
Après l'insurrection, la mairie reconnaît que le tarif a été fait « avec précipitation » et annonce une version révisée, à signer avant le 15 décembre.
- Délai depuis l’étape précédente : + 7 jours
Le duc d'Orléans et le maréchal Soult entrent dans Lyon, que l'armée a commencé à réoccuper le 1er décembre ; la garde nationale a été dissoute la veille.
- Délai depuis l’étape précédente : + 4 jours
Un arrêté du maréchal Soult, ministre de la Guerre, déclare « nuls et comme non avenus » les tarifs publiés les 26 et 31 octobre, les délibérations locales qui s'y rapportent et les avis du maire, du préfet et du général Roguet des 22 et 26 novembre.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 2,1 ans
Le tarif n'a jamais été appliqué. Le nouveau préfet Gasparin le tient pour illégal mais crée un cours de référence des prix et une caisse de prêt ; le conflit sur les prix de façon reprend en février 1834.
Lien direct établi
Les textes officiels ou les acteurs eux-mêmes relient la mesure à la mobilisation, et les sources convergent.
Le tarif d'octobre naît directement de la démarche des chefs d'atelier auprès du préfet, et son annulation est un acte explicite du ministre de la Guerre après la reprise de la ville. Les documents d'époque et les institutions lyonnaises concordent sur ce lien ; l'échec de la demande ne fait pas débat. Ce qui reste discuté, c'est la part de l'insurrection dans les mesures de compensation (commandes, secours, prud'hommes), que les sources lues ne relient pas explicitement à la mobilisation.
Tous les chiffres10 estimations, jamais moyennées
Chaque estimation garde son auteur, sa date, son périmètre et son unité. Seules celles d’un même encadré se comparent. Unités présentes : participants, victimes (morts et blessés), morts, blessés, soldats, arrestations, personnes jugées. Elles ne se comparent pas entre elles.
Lyon, abords de la préfectureparticipants
environ 6 000
Estimation selon la presseLyon Capitale (2018) ; Mandouit et Panné (1972)
Rassemblement silencieux devant la préfecture pendant la négociation — Chiffre repris par des récits ultérieurs ; son origine dans un document d'époque n'a pas été retrouvée.
Lyon et faubourgsvictimes (morts et blessés)
environ 600
Estimation selon les musées Gadagne et le musée d'histoire militaire de LyonMusées Gadagne ; Musée d'histoire militaire de Lyon
Victimes des combats, deux camps confondus — Ordre de grandeur sans détail du mode de comptage ; le Musée militaire le rapporte aux journées des 21 et 22 novembre. Aucun décompte d'époque retrouvé.
Lyon et faubourgsmorts
environ 100
Estimation selon des synthèses, dont Lyon CapitaleSynthèses (Lyon Capitale, Musée d'histoire militaire de Lyon, Wikipédia)
Morts côté militaire (armée et garde nationale) — Chiffre convergent mais probablement issu d'une même source non identifiée.
69
Estimation selon des synthèses, dont Lyon CapitaleSynthèses (Lyon Capitale, Musée d'histoire militaire de Lyon, Wikipédia)
Morts côté insurgés et civils — « Du côté des canuts » pour Lyon Capitale, « civils » pour le Musée militaire et Wikipédia : ne distingue pas insurgés armés et passants. Aucun décompte d'époque retrouvé.
Écart entre ces chiffres : du simple au 1,4. Lire le périmètre de chacun avant de comparer ; aucun n’est retenu comme le bon.
Lyon et faubourgsblessés
260 à 263
Estimation selon des synthèses, dont Lyon CapitaleSynthèses (Lyon Capitale, Wikipédia)
Blessés côté militaire
140
Estimation selon des synthèses, dont Lyon CapitaleSynthèses (Lyon Capitale, Wikipédia)
Blessés côté civil
Écart entre ces chiffres : du simple au 1,9. Lire le périmètre de chacun avant de comparer ; aucun n’est retenu comme le bon.
La Croix-Rousseparticipants
plusieurs centaines
Estimation selon les musées GadagneMusées Gadagne (musée d'histoire de Lyon)
Soulèvement du 21 novembre à la Croix-Rousse
Lyonarrestations
90 (« une centaine » selon Lyon Capitale)
Estimation selon les musées Gadagne et le LarousseMusées Gadagne ; Larousse
Ouvriers arrêtés après la reprise
Lyonsoldats
18 000 à 20 000
Estimation selon le Larousse et le musée d'histoire militaire de LyonLarousse (20 000) ; Musée d'histoire militaire de Lyon (environ 18 000)
Troupes envoyées pour reprendre Lyon
Riom (Puy-de-Dôme)personnes jugées
11
Estimation selon le Larousse
Accusés jugés à Riom, tous acquittés
Ce qu’on ne sait pas, ou mal9 limites
- Les dates du tarif varient : réunions du 21 au 24 octobre et publication le 27 (Archives municipales de Lyon), adoption le 25 (Larousse, lettre de la Chambre de commerce), établissement le 26 (Wikipédia) ; d'annulation du 7 décembre cite des tarifs publiés les 26 et 31 octobre.
- Le désaveu du est daté du 10 novembre par Lyon Capitale et du 17 novembre par les Archives municipales de Lyon ; le Musée d'histoire militaire de Lyon évoque même un recul du préfet dès le 1er novembre.
- L'entrée des troupes est datée du 5 décembre par certains articles de presse ; le 3 décembre, entrée du duc d'Orléans, est retenu d'après L'Écho de la fabrique du 4 décembre, les Archives municipales et le musée Gadagne. Les Archives municipales font revenir l'armée par Vaise dès le 1er décembre.
- La dissolution de la est datée du 2 décembre par les Archives municipales et du 6 décembre par Wikipédia ; L'Écho de la fabrique du 4 décembre la donne déjà pour acquise, d'où le choix du 2.
- Les bilans humains (environ 600 victimes ; une centaine de morts militaires et 69 morts civils) viennent de synthèses récentes qui dépendent probablement d'une même origine ; ils n'ont pas pu être rattachés à un décompte d'époque et ne distinguent pas insurgés armés et passants.
- Les effectifs de la (400 pour les Archives municipales, 750 pour le Musée militaire, 1 000 négociants pour Lyon Capitale, 1 400 pour Larousse), des troupes (18 000 ou 20 000) et le montant de la commande royale (600 000 ou 640 000 francs) diffèrent selon les sources.
- La thèse de Fernand Rude, les articles de Ludovic Frobert sur HAL et l'ouvrage collectif sur L'Écho de la fabrique (OpenEdition) n'ont pas pu être lus en entier ; leurs positions sont connues par des résumés et des comptes rendus.
- L'auteur de la devise reste incertain : la revendication de Jean-Claude Romand, publiée fin 1845, n'est pas confirmée par d'autres sources consultées. Frobert lui-même écrit que la formule surgit « semble-t-il » le 21 novembre.
- Le chiffre d'environ 6 000 personnes devant la le 25 octobre provient d'articles qui ne citent pas de source d'époque ; il n'est plus mis en avant.
Sources20 références · 18 octobre 1831 – juin 1832
Chaque numéro dans le texte renvoie à l’une de ces références. La barre indique la nature de la source, du texte officiel à la synthèse encyclopédique : ce n’est pas une note de fiabilité.
- Texte officiel ou archive 7
- Institution publique ou patrimoniale 3
- Travaux de recherche 5
- Presse 2
- Synthèse encyclopédique 3
- 1Texte officiel ou archive
« Le vingt-cinq octobre 1831 », L'Écho de la fabrique, n° 1 (site extérieur)
Antoine Vidal · L'Écho de la fabrique (édition numérique ARTFL, université de Chicago) · publié le 30 octobre 1831
Le premier numéro du journal des chefs d'atelier paraît le 30 octobre 1831 et célèbre la journée du 25 octobre.
- 2Texte officiel ou archive
« Lyon. 21, 22 et 23 novembre », L'Écho de la fabrique, n° 5 (site extérieur)
Antoine Vidal · L'Écho de la fabrique (édition numérique ARTFL, université de Chicago) · publié le 27 novembre 1831
Récit des journées du 21 au 23 novembre : tarif du 1er novembre jugé illusoire, décision d'arrêter les métiers, tirs à la Grande-Côte, extension des combats, retrait de Roguet, garde ouvrière des magasins, révision du tarif annoncée par la mairie.
- 3Texte officiel ou archive
« Entrée de Monseigneur le duc d'Orléans », L'Écho de la fabrique, n° 6 (site extérieur)
L'Écho de la fabrique (édition numérique ARTFL, université de Chicago) · publié le 4 décembre 1831
Le duc d'Orléans est entré dans Lyon « hier à midi », soit le 3 décembre, accompagné d'un maréchal non nommé ; le maire déclare la garde nationale dissoute, sans date.
- 4Texte officiel ou archive
Baron Delaitre · L'Écho de la fabrique (édition numérique ARTFL, université de Chicago) · publié le 4 décembre 1831
Par lettre au préfet datée du 24 novembre 1831, le baron Delaitre, administrateur provisoire de l'ancienne dotation de la couronne, annonce que le roi destine 640 000 francs à des commandes d'étoffes d'ameublement aux fabricants lyonnais.
- 5Texte officiel ou archive
L'Écho de la fabrique (édition numérique ARTFL, université de Chicago) · publié le 11 décembre 1831
L'arrêté du 6 décembre, signé du ministre de la Guerre (maréchal duc de Dalmatie, c'est-à-dire Soult), annule les livrets ouvriers délivrés à Lyon et dans les communes voisines ; celui du 7 décembre déclare « nuls et comme non avenus » les tarifs publiés les 26 et 31 octobre, les délibérations locales qui s'y rapportent et les avis des 22 et 26 novembre.
- 6Texte officiel ou archive
Adrien de Gasparin · L'Écho de la fabrique (édition numérique ARTFL, université de Chicago) · publié le 11 décembre 1831
Le 7 décembre 1831, Gasparin s'adresse aux Lyonnais comme préfet provisoire et annonce désarmement, renouvellement des livrets et forte garnison.
- 7Texte officiel ou archive
Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon (reproduction sur Wikimedia Commons) · publié le 27 décembre 1831
La Chambre de commerce désigne le texte contesté comme le « tarif au minimum du prix des façons des étoffes de soie » daté du 25 octobre.
- 8Institution publique ou patrimoniale
Archives municipales de Lyon
Réunions du 21 au 24 octobre, tarif publié le 27 octobre pour le 1er novembre, désaveu ministériel du 17 novembre, retrait de Roguet, retour de l'armée par Vaise le 1er décembre, garde nationale dissoute le 2, arrivée du duc d'Orléans le 3 décembre, rappel du préfet le 6 décembre, conjoncture de 1831 jugée bonne, environ 400 fabricants pour 30 000 ouvriers en soie, mesures gouvernementales (indemnités, commande royale, caisse de prêt, réforme des prud'hommes, fortifications), procès de Riom.
- 9Institution publique ou patrimoniale
Les insurrections des canuts (fiche de salle 21, Laboratoire social, 19e siècle) (site extérieur)
Musées Gadagne, musée d'histoire de Lyon
Conjoncture morose et baisse des salaires, regret des tarifs de l'Empire, démarche du 18 octobre, refus de 104 fabricants, soulèvement de plusieurs centaines de canuts le 21 novembre, 600 victimes dans les deux camps, prise de la ville, entrée du 3 décembre, annulation du tarif, 90 arrestations, mesures de Gasparin, grève de février 1834, influence sur les saint-simoniens et Marx. Ne donne pas d'effectifs de la Fabrique.
- 10Institution publique ou patrimoniale
Bibliothèque municipale de Lyon, Guichet du savoir · publié le 23 février 2024
Selon Rude, les Volontaires du Rhône, association politique surtout composée de chefs d'atelier et de compagnons avec quelques bourgeois républicains, mènent les combats des 21-22 novembre ; le gouvernement insurrectionnel s'installe à l'hôtel de ville le 23 ; la masse ouvrière se soucie surtout du tarif et des salaires.
- 11Travaux de recherche
André Allix · Revue de géographie de Lyon (Persée) · publié le 1954
Compte rendu du livre de Rude de 1954 (et non de sa thèse) : l'insurrection n'est ni une révolte de la misère ni un soulèvement spontané ; « l'ordre parfait » régnant dans la ville surprit les contemporains.
- 12Travaux de recherche
Compte rendu de Fernand Rude, L'insurrection lyonnaise de novembre 1831 (site extérieur)
Maurice Agulhon · Annales. Économies, sociétés, civilisations (Persée) · publié le 1971
La thèse de Rude (1944, rééditée en 1969) est un « travail monumental », le premier à croiser archives nationales et locales.
- 13Travaux de recherche
Compte rendu de Fernand Rude, L'insurrection lyonnaise de novembre 1831 (site extérieur)
Raison présente (Persée) · publié le 1970
Cite Benoît Malon voyant dans l'insurrection « la première défaite du prolétariat français ».
- 14Travaux de recherche
Ludovic Frobert · IDEAS / RePEc (notice de l'archive ouverte HAL hal-00794693) · publié le 2012
En novembre 1831, les canuts descendent de la Croix-Rousse sous un drapeau noir portant la devise, repoussent la garnison et tiennent la ville environ une semaine.
- 15Travaux de recherche
Ludovic Frobert · Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon · publié le 17 juin 2025
La devise surgit, « semble-t-il », dans la rue le 21 novembre 1831 et est dans la presse nationale deux jours plus tard ; Jean-Claude Romand, tailleur et ancien forçat, s'en dit l'auteur dans un livre paru fin 1845 ; en 2007, Paul Mason fait de la formule le titre d'un essai et qualifie L'Écho de la fabrique de journal pionnier.
- 16Presse
1831 : les Canuts pour le Tarif (site extérieur)
Dominique Mandouit et Jean-Louis Panné · A Contretemps (republication d'un article du Peuple français, n° 8, 1972) · publié le 4 septembre 2023
Environ 6 000 ouvriers se rendent à la préfecture le 25 octobre ; cite Rude sur le « double aspect politique et social » du mouvement.
- 17Synthèse encyclopédique
La Révolte des Canuts de 1831 (site extérieur)
Musée d'histoire militaire de Lyon et de sa région · publié le 22 janvier 2022
Réunion du 25 octobre, effectifs de la Fabrique (750 fabricants, 8 000 chefs d'atelier, 30 000 compagnons), recul du préfet dès le 1er novembre, tarif jamais appliqué, environ 600 victimes les 21-22 novembre dont plus de 100 militaires et 69 civils tués, environ 18 000 soldats entrés sans résistance le 3 décembre, commande royale de 640 000 francs.
- 18Synthèse encyclopédique
Révolte des canuts (novembre-décembre 1831) (site extérieur)
Encyclopédie Larousse
Tarif signé le 25 octobre sous le contrôle des prud'hommes, reprise des ventes en 1831, 104 fabricants sur 1 400 réclament son abolition le 10 novembre, gouvernement provisoire d'un conseil de 16 canuts le 24 novembre, 20 000 hommes le 3 décembre, 90 arrestations, 11 poursuivis et acquittés (procès de Riom, 5-22 juin 1832), tarif minimal non appliqué.
- 19Presse
23 novembre 1831, en révolte, les canuts prennent l'hôtel de ville de Lyon (site extérieur)
Florent Deligia · Lyon Capitale · publié le 22 novembre 2018
Demande du 18 octobre, 6 000 travailleurs manifestant en silence devant la préfecture le 25 octobre, effectifs de la Fabrique (1 000 négociants, plus de 8 000 maîtres-ouvriers, plus de 30 000 compagnons), recours des négociants au gouvernement le 10 novembre, 20 000 soldats dépêchés, une centaine d'arrestations, bilan de 100 morts et 260 blessés militaires, 69 morts et 140 blessés du côté des canuts. Date l'entrée des troupes au 5 décembre (non retenu).
- 20Synthèse encyclopédique
Révolte des canuts (site extérieur)
Wikipédia
Bilan d'environ 600 victimes dont quelque 100 morts et 263 blessés militaires, 69 morts et 140 blessés civils ; entrée sans effusion de sang le 3 décembre ; tarif annulé le 7 décembre (date de dissolution de la garde nationale au 6 décembre, non retenue).






































