
Ve République, 1981-1999 · 15 octobre – 3 décembre 1983 · Marseille, Vénissieux, Valence
Marche pour l'égalité et contre le racisme
Partis de Marseille à une poignée, des jeunes des Minguettes et des militants de la traversent la France à pied et arrivent à Paris le 3 décembre 1983.
Au pouvoir
, président de la République depuis 1981
, Premier ministre depuis 1981
L’essentiel
- Ce qu’ils demandaient
L'égalité des droits et la fin des crimes racistes ; sur le parcours est réclamée une de dix ans pour les étrangers.
- Combien ils étaient
environ 100 000 manifestants
Estimation selon L'Humanité du 5 décembre 1983
4 chiffres à comparer- Ce qu’ils ont obtenu
Partiellement obtenue
0 demande obtenue, 1 en partie, sur 2
La loi du 17 juillet 1984 crée une de dix ans, renouvelable . Elle n'est pas accordée à tous : certaines catégories l'obtiennent de plein droit, les autres peuvent la demander après trois ans de résidence régulière. Ses conditions sont resserrées dès 1986.
Changement : texte promulgué 9 mois après la demande du 25 octobre 1983
Ce qui était en jeu
2 demandes, et ce qu’il en est advenu.
Une valable dix ans
Sur le parcours est réclamé un titre unique, valable dix ans, qui remplace la superposition des et de travail. À Valence, une banderole déployée derrière eux dit « pour tous les immigrés ».
Partiellement obtenueLa loi du 17 juillet 1984 crée une valable dix ans et renouvelée . Elle est délivrée de plein droit à neuf catégories (conjoints de Français, par exemple) ; les autres étrangers peuvent l'obtenir après trois ans de résidence régulière ininterrompue, sur décision de l'administration, qui peut la refuser pour menace à l'. Elle n'est donc pas accordée à tous, et ses conditions sont resserrées par des lois ultérieures, à partir de 1986.
Justice face aux crimes racistes et aux violences policières
La Marche dénonce les crimes racistes, souvent impunis selon les marcheurs, les violences policières contre les jeunes des quartiers et les expulsions.
IndéterminéeDes mesures de principe sont annoncées en décembre 1983, mais leur traduction juridique n'a pas été vérifiée pour ce dossier. Les acteurs de la Marche eux-mêmes jugent le bilan contrasté.
Comment c’est arrivé
11 moments clés. Touchez un moment pour le détail.
Affrontement aux Minguettes
Une dans une tour de Monmousseau tourne à l'affrontement ; douze membres des forces de l'ordre sont blessés. Christian Delorme arrive le même jour à Vénissieux.
Création de SOS Avenir Minguettes
Après une grève de la faim du 28 mars au 7 avril, des jeunes du quartier fondent l'association SOS Avenir Minguettes.
Toumi Djaïdja blessé par un policier
Le président de SOS Avenir Minguettes est grièvement blessé au ventre par le tir d'un policier (le 20 juin selon Mogniss H. Abdallah).
Départ de Marseille
La Marche part de Marseille dans une indifférence presque générale.
Banderole de Valence
Une banderole signée « », déployée derrière les marcheurs, réclame une « carte unique de dix ans pour tous les immigrés ».
Mort d'Habib Grimzi
Un jeune Algérien est jeté d'un train Bordeaux-Vintimille. Sa mort renforce l'écho de la Marche dans les médias.
Arrivée à Paris
Environ 100 000 personnes défilent de la Bastille à Montparnasse, selon le titre de L'Humanité du 5 décembre, repris par le musée et l'INA.
Les marcheurs reçus à l'Élysée
Le soir, une délégation de huit marcheurs est reçue par François Mitterrand et obtient, selon l'INA, la garantie d'une de dix ans. Mogniss H. Abdallah cite aussi des mesures de principe pour les victimes de crimes racistes.
Émission spéciale sur FR3
L'émission Mosaïque consacre une édition d'une heure et demie à la Marche, avec quatre reportages.
Dernière lecture à l'Assemblée nationale
L'Assemblée nationale adopte définitivement le sur les .
Loi créant la carte de résident de dix ans
La loi n° 84-622 est ; publiée au le 19 juillet, elle crée une valable dix ans et renouvelée .
Ce qu’on peut en dire
Le lien entre la mobilisation et le résultat, tel que les sources le discutent.
InterprétationPour Mogniss H. Abdallah, journaliste et militant de l'époque, la Marche est considérée comme un « acte fondateur » pour la jeunesse des banlieues. Mais il souligne que la séquence se referme vite : affrontements à l'usine Talbot de Poissy trois semaines plus tard, condamnation de Toumi Djaïdja en octobre 1984 à quinze pour des faits reprochés de 1982, puis lancement de , « sponsorisé par l'État et les médias » selon lui. En 2002, il juge que sur le terrain « tout reste à faire ».
InterprétationPour le chercheur en sciences sociales Abdellali Hajjat, certains des jeunes révoltés des Minguettes de 1981 et 1983 se retrouvent à l'origine de la Marche. Il y voit un cas rare de passage de l'émeute à l'action collective non violente, rendu possible par des habitants politisés du quartier, et un événement fondateur pour une génération de militants issus de l'immigration et des quartiers populaires.
InterprétationLe bilan reste discuté par les acteurs eux-mêmes. En 2023, Christian Delorme cite la carte de dix ans, une plus grave des violences racistes et la relance de la , mais constate que le discours dominant met en avant les espoirs déçus et juge que l'histoire de la Marche « reste à écrire ». Mogniss H. Abdallah note que la presse a surtout mis en avant l'image des « » ; le sociologue Ahmed Boubeker estime que les marcheurs ont été « dépassés par leur image publique ».
Pour aller plus loin
Le récit complet7 paragraphes
Aux Minguettes, grand quartier d' de Vénissieux, près de Lyon, des jeunes affrontent la police à l'été 1981, puis les incidents se succèdent. Le 21 mars 1983, une dans une tour du secteur Monmousseau tourne à l'affrontement ; douze membres des forces de l'ordre sont blessés. Des jeunes du quartier mènent ensuite une grève de la faim du 28 mars au 7 avril et fondent l'association SOS Avenir Minguettes le 27 avril.
En juin 1983, le président de l'association, Toumi Djaïdja, est grièvement blessé au ventre par le tir d'un policier. Mogniss H. Abdallah date ce tir du 20 juin ; le journal de 20 heures d'Antenne 2 du 20 juin évoque des affrontements la nuit précédente, où un porte-parole des jeunes du quartier a été grièvement blessé.
Ces jeunes et des militants de l'association , dont le prêtre Christian Delorme et le pasteur Jean Costil, proposent une marche non violente à travers la France. Elle doit dénoncer les crimes racistes, les expulsions et l'inégalité d'accès aux droits. Son mot d'ordre : « Égalité des droits, justice pour tous ».
La Marche part de Marseille le 15 octobre 1983, dans une indifférence presque générale. Le groupe du départ compte une quinzaine de personnes selon le musée de l'histoire de l'immigration, 32 selon l'INA ; le musée parle ensuite d'une trentaine de « marcheurs permanents ». La Marche traverse environ 45 villes, où des comités locaux organisent débats et rassemblements.
Le 25 octobre à Valence, une banderole signée « », déployée derrière les marcheurs, réclame une « carte unique de dix ans pour tous les immigrés ». Les grands médias, d'abord réservés, suivent davantage la Marche après la mort d'Habib Grimzi, un jeune Algérien jeté d'un train Bordeaux-Vintimille le 14 novembre 1983.
Estimation Le 3 décembre 1983, la Marche arrive à Paris. Le défilé, de la Bastille à Montparnasse, est estimé à environ 100 000 personnes. Ce chiffre figure en titre de L'Humanité le 5 décembre et est repris par le musée, l'INA et les acteurs, sans que l'auteur du comptage soit connu.
Le soir du 3 décembre, une délégation de huit marcheurs est reçue à l' par le président François Mitterrand. Selon l'INA, elle obtient la garantie d'une de dix ans. Mogniss H. Abdallah ajoute des mesures de principe pour les victimes : limiter la vente d'armes et permettre aux associations de se porter . Le 5 décembre, Libération et Le Monde titrent « Les à l'Élysée ».
Chaque demande, étape par étapedemande, réponse, décision, application
Chaque fil suit une revendication de sa formulation à son bilan. Le style du trait dit la solidité du lien entre la mobilisation et le résultat.
- Demande
- Étape qui réalise la demande
- Autre décision d’une autorité
- Réponse (annonce, réunion, refus)
- Lien direct
- probable
- discuté ou indéterminé
Revendication 1/2
Une carte unique de séjour et de travail valable dix ans
Sur le parcours est réclamé un titre unique, valable dix ans, qui remplace la superposition des cartes de séjour et de travail. À Valence, une banderole déployée derrière eux dit « pour tous les immigrés ».
Partiellement obtenuePartiellement obtenue
La loi du 17 juillet 1984 crée une carte de résident valable dix ans et renouvelée de plein droit. Elle est délivrée de plein droit à neuf catégories (conjoints de Français, par exemple) ; les autres étrangers peuvent l'obtenir après trois ans de résidence régulière ininterrompue, sur décision de l'administration, qui peut la refuser pour menace à l'ordre public. Elle n'est donc pas accordée à tous, et ses conditions sont resserrées par des lois ultérieures, à partir de 1986.
- Demande25 oct. 1983
- Réponse3 déc. 1983
- Vote25 mai 1984
- Vote30 juin 1984
- Promulgation (réalise la demande)17 juil. 1984
- Application19 juil. 1984
- Bilan9 sept. 1986
Voir les 7 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien probable
À Valence, une banderole signée « ASTIS », déployée derrière les marcheurs, réclame une « carte unique de dix ans pour tous les immigrés ».
- Délai depuis l’étape précédente : + 39 jours
Le soir de l'arrivée à Paris, François Mitterrand reçoit une délégation de huit marcheurs ; selon l'INA, elle obtient la garantie d'une carte de séjour de dix ans. Mogniss H. Abdallah parle de l'annonce de la création prochaine d'une carte unique de dix ans.
- Délai depuis l’étape précédente : + 6 mois
L'Assemblée nationale discute et adopte le projet de loi n° 2075, en procédure d'urgence.
- Délai depuis l’étape précédente : + 36 jours
Après l'adoption par le Sénat le 28 juin, une commission mixte paritaire et de nouvelles lectures dans les deux assemblées (28 et 29 juin), l'Assemblée nationale adopte le texte en dernière lecture.
- Délai depuis l’étape précédente : + 17 jours
Promulgation de la loi n° 84-622 « relative aux étrangers séjournant en France et aux titres uniques de séjour et de travail ». Le nouvel article 16 de l'ordonnance du 2 novembre 1945 dispose que la carte de résident est valable dix ans et renouvelée de plein droit.
- Délai depuis l’étape précédente : + 2 jours
Publication au Journal officiel. La loi prévoit que les titulaires d'anciennes cartes de résident recevront de plein droit la nouvelle carte à l'échéance de leurs titres ; ceux d'une carte de séjour temporaire et d'un titre de travail de plus d'un an la recevront aussi, sauf menace à l'ordre public. Le nombre de cartes réellement délivrées n'a pas été vérifié.
- Délai depuis l’étape précédente : + 2,1 ans
La loi du 9 septembre 1986, dite « loi Pasqua », permet de refuser la carte, pour menace à l'ordre public, même à ceux qui l'obtenaient de plein droit, selon le Gisti (Groupe d'information et de soutien des immigrés, mars 1987). Pour la juriste Nathalie Ferré, elle limite aussi l'accès à la carte pour certaines catégories.
Lien probable
La chronologie et plusieurs sources rendent le lien vraisemblable, sans le démontrer.
Le soir même de l'arrivée de la Marche, la délégation reçue à l'Élysée obtient la garantie d'une carte de dix ans (INA, Mogniss H. Abdallah), et la loi de 1984 reprend cette durée. Mais le lien est établi par l'INA et par des acteurs de la Marche (Abdallah, Christian Delorme), pas par la loi elle-même. Le musée ne rapporte qu'une « rumeur » sur l'intérêt de l'Élysée pour la banderole de Valence. L'exposé des motifs et les débats parlementaires n'ont pas été lus.
Revendication 2/2
Justice face aux crimes racistes et aux violences policières
La Marche dénonce les crimes racistes, souvent impunis selon les marcheurs, les violences policières contre les jeunes des quartiers et les expulsions.
IndéterminéeIndéterminée
Des mesures de principe sont annoncées en décembre 1983, mais leur traduction juridique n'a pas été vérifiée pour ce dossier. Les acteurs de la Marche eux-mêmes jugent le bilan contrasté.
- Demande15 oct. 1983
- Réponsedéc. 1983
Voir les 2 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien indéterminé
La Marche part de Marseille pour dénoncer les crimes racistes, les expulsions et l'inégalité d'accès aux droits.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 2 mois
Selon Mogniss H. Abdallah, François Mitterrand annonce des mesures de principe pour les victimes (limitation de la vente d'armes, constitution de partie civile des associations de quartier) ; Georgina Dufoix, chargée des travailleurs immigrés au gouvernement, promet de nouvelles mesures contre le racisme.
Lien indéterminé
Les sources disponibles ne permettent pas d’établir le lien.
Les sources consultées rapportent des annonces mais ne permettent pas de dater ni de relier à la Marche une loi précise sur les crimes racistes ou les violences policières. Pour le chercheur Abdellali Hajjat, le sentiment d'injustice des jeunes des Minguettes se nourrit de la solidarité de l'État avec les policiers mis en cause.
Tous les chiffres4 estimations, jamais moyennées
Chaque estimation garde son auteur, sa date, son périmètre et son unité. Seules celles d’un même encadré se comparent. Unités présentes : manifestants, marcheurs au départ, marcheurs permanents. Elles ne se comparent pas entre elles.
Marseillemarcheurs au départ
une quinzaine
Estimation selon le Musée national de l'histoire de l'immigrationMusée national de l'histoire de l'immigration (dossier en ligne)
Groupe au départ de Marseille
32
Estimation selon la presse · INA : notice du reportage de FR3 Rhône-Alpes du 3 décembre 1983 et page « Au cœur de la marche des Beurs »
Marcheurs au départ selon l'INA — Contredit le chiffre du musée (une quinzaine au départ). Les sources consultées ne concilient pas les deux chiffres.
Itinéraire Marseille-Parismarcheurs permanents
une trentaine
Estimation selon le Musée national de l'histoire de l'immigrationMusée national de l'histoire de l'immigration (dossier en ligne)
Marcheurs permanents
Paris, de la Bastille à Montparnassemanifestants
environ 100 000
Estimation selon L'Humanité du 5 décembre 1983Titre de L'Humanité du 5 décembre 1983 (« 100 000 marcheurs »), repris par l'INA et les acteurs ; auteur du comptage non identifié
Défilé d'arrivée à Paris — Aucun chiffre de la préfecture de police n'a été trouvé. Le premier support identifié est un quotidien communiste ; les autres sources reprennent le chiffre sans dire qui l'a établi.
Ce qu’on ne sait pas, ou mal11 limites
- Aucun chiffre de la n'a été trouvé pour le défilé du 3 décembre 1983 ; le chiffre d'environ 100 000 personnes apparaît en titre de L'Humanité et est repris par l'INA, le musée et les acteurs sans auteur de comptage identifié.
- Le nombre de marcheurs au départ de Marseille diverge : une quinzaine selon le musée de l'histoire de l'immigration, 32 selon deux pages de l'INA (même institution).
- La date exacte du tir qui blesse Toumi Djaïdja (20 juin 1983, ou nuit du 19 au 20 juin) n'est pas tranchée par les sources consultées.
- La réception à l' est datée du soir du 3 décembre 1983 et la délégation chiffrée à huit personnes par une page de l'INA ; leurs noms ne sont pas établis. La garantie d'une carte de dix ans est rapportée par l'INA et par Mogniss H. Abdallah ; les autres annonces (vente d'armes, ) ne reposent que sur Abdallah. Les archives du Monde et de Libération n'étaient pas accessibles.
- Le droit de vote des étrangers aux élections locales est parfois présenté comme une revendication de la Marche ; aucune source consultée ne l'établit, il n'est donc pas retenu.
- L' de la loi de 1984 et les débats parlementaires n'ont pas été lus : on ne sait pas si le gouvernement y relie la réforme à la Marche.
- La suite juridique des mesures annoncées contre les crimes racistes (vente d'armes, des associations, aggravation des peines) n'a pas été vérifiée.
- La persistance des discriminations après 1983 n'est pas mesurée ici par une source statistique ; le bilan repose sur des jugements d'acteurs et d'historiens.
- Plusieurs sources sont écrites par des participants ou des proches de la Marche (Christian Delorme, Mogniss H. Abdallah), ce qui en fait des témoins engagés. Le livre d'Abdellali Hajjat (2013) n'a été consulté qu'à travers sa présentation par l'éditeur.
- Toumi Djaïdja aurait été gracié après sa condamnation de 1984 selon des sources secondaires non vérifiées ; ce point n'est pas repris.
- La banderole de Valence est signée « » : on ne sait pas si elle émane des marcheurs ou d'un comité local de soutien.
Sources17 références · 21 mars 1983 – 17 juillet 1984
Chaque numéro dans le texte renvoie à l’une de ces références. La barre indique la nature de la source, du texte officiel à la synthèse encyclopédique : ce n’est pas une note de fiabilité.
- Texte officiel ou archive 4
- Institution publique ou patrimoniale 5
- Travaux de recherche 6
- Presse 2
- 1Texte officiel ou archive
Légifrance · publié le 19 juillet 1984
Intitulé et date de la loi, signataires (dont François Mitterrand et Georgina Dufoix, secrétaire d'État chargée de la famille, de la population et des travailleurs immigrés), régime transitoire de l'article 2, travaux préparatoires : Assemblée 25 mai 1984 (urgence), Sénat 28 juin, nouvelles lectures les 28 et 29 juin, dernière lecture à l'Assemblée le 30 juin 1984.
- 2Texte officiel ou archive
Légifrance · publié le 19 juillet 1984
La carte de résident est valable dix ans et renouvelée de plein droit (rédaction issue de l'article 1er de la loi du 17 juillet 1984, JORF du 19 juillet 1984).
- 3Texte officiel ou archive
Légifrance · publié le 19 juillet 1984
Hors cas de plein droit, la carte de résident peut être accordée aux étrangers justifiant d'au moins trois ans de résidence ininterrompue, compte tenu de leurs moyens d'existence ; elle peut être refusée pour menace à l'ordre public.
- 4Texte officiel ou archive
Légifrance · publié le 19 juillet 1984
Liste des catégories d'étrangers auxquelles la carte de résident est délivrée de plein droit, à commencer par le conjoint étranger d'un ressortissant français.
- 5Presse
1983 : la marche pour l'égalité (site extérieur)
Mogniss H. Abdallah · Plein droit (revue du Gisti), n° 55 · publié le décembre 2002
Tir d'un policier sur Toumi Djaïdja le 20 juin 1983, départ de Marseille le 15 octobre, mort d'Habib Grimzi, environ 100 000 personnes à Paris, réception à l'Élysée (sans date) et annonces de François Mitterrand et Georgina Dufoix, slogan, condamnation de Toumi Djaïdja en octobre 1984 à Saint-Étienne, Talbot, SOS Racisme, bilan de l'auteur.
- 6Institution publique ou patrimoniale
1983. La Marche pour l'égalité des droits et contre le racisme (site extérieur)
Musée national de l'histoire de l'immigration (Palais de la Porte Dorée)
Origine de la Marche (Minguettes, Cimade, blessure de Toumi Djaïdja), objectifs, départ de Marseille le 15 octobre 1983 autour d'une quinzaine de personnes, une trentaine de marcheurs permanents, 45 villes, 100 000 personnes de la Bastille à Montparnasse le 3 décembre (sans estimateur), émission Mosaïque du 11 décembre 1983.
- 7Institution publique ou patrimoniale
Les médias et la Marche pour l'égalité et contre le racisme de 1983 (site extérieur)
Mogniss H. Abdallah · Musée national de l'histoire de l'immigration · publié le novembre 2023
Banderole signée « ASTIS » déployée derrière les marcheurs à Valence le 25 octobre 1983, rumeur sur l'intérêt de l'Élysée, mort d'Habib Grimzi le 14 novembre, titres du 5 décembre (« 100 000 marcheurs » dans L'Humanité, « Les Beurs à l'Élysée » dans Libération et Le Monde), citation d'Ahmed Boubeker.
- 8Travaux de recherche
Abdellali Hajjat · Cultures & Conflits, n° 93 (OpenEdition Journals) · publié le 2 juillet 2015
Rébellions de l'été 1981 et de mars 1983, affrontement du 21 mars 1983 (douze blessés parmi les forces de l'ordre), grève de la faim du 28 mars au 7 avril, création de SOS Avenir Minguettes le 27 avril, rôle de Christian Delorme et Jean Costil (Cimade), dates de la Marche, anciens émeutiers à l'origine de la Marche, rôle d'habitants politisés, impunité policière dénoncée, Marche comme événement fondateur.
- 9Travaux de recherche
La mémoire ténue mais tenace de la Marche pour l'égalité de 1983 (site extérieur)
Christian Delorme · Hommes & migrations, n° 1345 (OpenEdition Journals) · publié le 1er avril 2024
Bilan dressé par un co-initiateur de la Marche (texte daté du 11 novembre 2023) : environ 100 000 personnes à Paris, carte unique de dix ans, qualification pénale plus grave des injures et violences racistes, relance de la politique de la ville, discours dominant sur les espoirs déçus, histoire « à écrire ».
- 10Travaux de recherche
Regard de photographe sur la Marche de 1983 : entretien avec Amadou Gaye (site extérieur)
Amadou Gaye, Mogniss H. Abdallah, Anne Volery · Hommes & migrations, n° 1345 (OpenEdition Journals) · publié le 1er avril 2024
Arrivée de la Marche à la gare Montparnasse le 3 décembre 1983, après une cinquantaine de villes selon le photographe.
- 11Travaux de recherche
De l'inventaire à la patrimonialisation d'une histoire vivante (site extérieur)
Justine Bergounhon, Hédia Yelles · Hommes & migrations, n° 1345 (OpenEdition Journals) · publié le 1er avril 2024
Marche pacifique de jeunes de la banlieue lyonnaise lancée en octobre 1983 avec le soutien d'associations dont la Cimade, dans un contexte de crimes racistes ; collecte d'archives du musée en 2023.
- 12Institution publique ou patrimoniale
Incidents dans le quartier des Minguettes (site extérieur)
INA (Antenne 2, journal de 20 heures) · publié le 20 juin 1983
Affrontements la nuit précédant le 20 juin 1983 aux Minguettes ; un policier et un porte-parole des jeunes grièvement blessés ; entretien avec Toumi Djaïdja, président de SOS Avenir Minguettes.
- 13Institution publique ou patrimoniale
L'arrivée de la marche pour l'égalité et contre le racisme à Paris (site extérieur)
INA (FR3 Rhône-Alpes) · publié le 3 décembre 1983
Reportage du 3 décembre 1983 retraçant la Marche de Marseille à Paris via Vénissieux et Strasbourg, avec 32 marcheurs au départ selon la notice et un témoignage de Toumi Djaïdja.
- 14Travaux de recherche
La Marche pour l'égalité et contre le racisme (présentation de l'ouvrage) (site extérieur)
Abdellali Hajjat · Éditions Amsterdam · publié le 23 octobre 2013
Thèmes de l'ouvrage : passage de la révolte violente à l'action collective non violente, politisation des jeunes de cité, violences policières et crimes racistes.
- 15Institution publique ou patrimoniale
Au cœur de la marche des Beurs (site extérieur)
Rédaction de l'INA · INA (Ina éclaire l'actu) · publié le 19 septembre 2013
Départ de Marseille le 15 octobre 1983 avec 32 personnes, près de 100 000 personnes à Paris le 3 décembre (sans estimateur), réception le soir même d'une délégation de huit personnes par François Mitterrand, qui obtient la garantie d'une carte de séjour de dix ans.
- 16Presse
Des lois déstabilisatrices (site extérieur)
Gisti · Plein droit (revue du Gisti), n° 0 · publié le mars 1987
La carte de résident instituée par la loi du 17 juillet 1984 était délivrée de plein droit à certaines catégories ; la loi de 1986 permet de la refuser pour menace à l'ordre public même à ces catégories et en restreint plusieurs.
- 17Travaux de recherche
La valse des « plein droit » (site extérieur)
Nathalie Ferré · Plein droit (revue du Gisti), n° 100 · publié le mars 2014
En 1984, la carte de résident est délivrée de plein droit à neuf catégories ; la liste est restreinte en 1986, rétablie en 1989, de nouveau restreinte en 1993, puis par les réformes de 2003 et 2006, au point que la carte « se mérite ».






































