
IIIe République · 18 mars – 28 mai 1871 · Paris
La Commune de Paris, mars-mai 1871
Après le siège et la défaite de 1870-1871, Paris s'insurge le 18 mars 1871 et élit une Commune, écrasée par l'armée lors de la , du 21 au 28 mai.
Au pouvoir
, chef du pouvoir exécutif, puis président de la République depuis 1871
L’essentiel
- Ce qu’ils demandaient
Que Paris se gouverne par une Commune élue, face au , et applique ses propres mesures sociales et laïques.
- Combien ils étaient
Aucun effectif des participants dans les sources lues ; le dossier donne d’autres chiffres (votants, morts…).
15 chiffres à comparer- Ce qu’ils ont obtenu
Non obtenue
1 demande obtenue, 3 en partie, sur 5
La Commune élue applique ses décrets à Paris : remise des loyers, séparation de l'Église et de l'État, fin du travail de nuit des boulangers. Écrasée du 21 au 28 mai 1871, elle laisse 6 000 à 7 500 morts selon Robert Tombs, 20 000 à 30 000 selon le Larousse, et 13 450 condamnations, amnistiées en partie en 1879-1880.
Ce qui était en jeu
5 demandes, et ce qu’il en est advenu.
Un conseil municipal élu pour gouverner Paris
Après le 18 mars, le Comité central de la fait élire un conseil municipal, la Commune. Elle gouverne Paris face au gouvernement Thiers et à l'Assemblée installés à Versailles.
Non obtenueÉlue le 26 mars et installée le 28, la Commune gouverne Paris pendant un peu plus de deux mois. L' l'écrase entre le 21 et le 28 mai 1871.
Remettre les loyers impayés et soulager les petits débiteurs
Le décret du 29 mars 1871 juge que le travail, l'industrie et le commerce ont supporté les charges de la guerre et que la propriété doit faire sa part de sacrifices. D'autres décrets portent sur les dettes commerciales et les objets déposés au Mont-de-Piété, l'établissement public de prêt sur gage.
Partiellement obtenueDécrétées et affichées, ces mesures ne valent que dans le Paris de la Commune, pendant deux mois. Les sources consultées ne disent ni comment elles ont été appliquées, ni ce qu'elles deviennent après mai 1871.
Supprimer le travail de nuit des ouvriers boulangers
Les ouvriers boulangers réclament la fin du travail de nuit et des « placeurs », des intermédiaires d'embauche que dit « institués par l'ex-police impériale ».
Partiellement obtenueAccordée par du 20 avril 1871, la suppression ne vaut que dans le Paris de la Commune. Selon Wikipédia, elle se heurte au travail clandestin. Son devenir après mai 1871 n'est pas documenté dans les sources consultées.
Séparer l'Église et l'État
Le décret invoque la liberté de conscience et juge que le impose les citoyens contre leur propre foi. Il accuse aussi le clergé d'avoir été complice de la monarchie.
Partiellement obtenueDécrétée à Paris le 3 avril 1871, la séparation ne s'applique que dans le Paris de la Commune et disparaît avec elle. La loi du 9 décembre 1905 l'instaure pour toute la France, trente-quatre ans plus tard, sans lien établi avec la Commune.
Amnistier les condamnés de la Commune
Après la répression, des parlementaires républicains réclament l' des insurgés condamnés. La question divise le Parlement pendant près de neuf ans.
ObtenueObtenue en deux temps : partielle le 3 mars 1879, pour les condamnés libérés ou ; loi du 11 juillet 1880, qui considère comme amnistiés les condamnés graciés avant le 14 juillet 1880, sauf certains condamnés pour incendie ou assassinat dont la peine n'a pas été .
Comment c’est arrivé
12 moments clés. Touchez un moment pour le détail.
Début du siège de Paris par l'armée allemande
La capitale subit le siège pendant l'hiver, avec bombardements et famine, sans capituler.
Armistice
Les forts sont occupés, l' désarmée, et 200 millions de francs doivent être versés à la Prusse sous quinze jours.
Élection d'une Assemblée nationale à majorité monarchiste
Paris élit au contraire des républicains. Thiers devient .
Échec de la reprise des canons de Montmartre, soulèvement de Paris
Barricades dans les faubourgs ; les généraux Lecomte et Thomas sont fusillés.
Élections municipales à Paris
Environ la moitié des inscrits vote. Le conseil élu s'installe le 28 mars sous le nom de Commune de Paris.
Décret de remise des loyers
Remise des , janvier et avril 1871 aux locataires.
Affiche du décret de séparation de l'Église et de l'État
Le est supprimé et les biens des déclarés propriétés nationales.
Suppression du travail de nuit des boulangers
Arrêté de la , pris à la demande des ouvriers boulangers.
Entrée de l'armée de Versailles dans Paris
Début de la : combats de rue, exécutions, incendies, exécutions d'otages.
Derniers combats autour du Père-Lachaise
La Commune est vaincue. Les arrestations et les procès devant les suivent.
Loi d'amnistie partielle
Elle vaut pour les condamnés de 1871 libérés ou ; les meneurs en sont exclus.
Loi d'amnistie élargie
Les condamnés avant le 14 juillet 1880 sont considérés comme .
Ce qu’on peut en dire
Le lien entre la mobilisation et le résultat, tel que les sources le discutent.
InterprétationLe nombre de morts de la reste débattu. Les premiers chiffres viennent d'anciens communards : 17 000 à 20 000 pour Lissagaray (1876), au moins 30 000 pour Pelletan (1880). Les histoires républicaines classiques (Seignobos, Lavisse) retiennent un minimum de 17 000 morts. L'historien Robert Tombs, qui envisageait 10 000 à 30 000 morts en 1981, puis environ 10 000 en 1994, conclut en 2011 à 6 000 à 7 500 communards inhumés dans Paris, d'après les archives des inhumations ; un compte rendu de son livre de 2014 lui prête « environ 10 000 » morts. D'autres textes récents retiennent 10 000 à 20 000 morts (Lewandowski, 2021), voire 20 000 à 30 000 (Larousse, Sénat), sans détailler leur méthode.
InterprétationLes mesures de la Commune ne s'appliquent qu'à Paris et pendant le temps de son pouvoir, soit un peu plus de deux mois. Parmi les textes lus, les seules lois nationales qui visent expressément les insurgés de 1871 sont les lois d' de 1879 et 1880. Pour Robert Tombs, un massacre moins étendu qu'on ne l'a cru rend moins surprenant que la Commune ait eu si peu de conséquences sur la : dès juin 1871, les radicaux l'emportent dans les quartiers ouvriers, et les ouvriers parisiens soutiennent ensuite la République.
InterprétationD'après Tombs, les commémorations de la fin des années 1870 se font le 18 mars, par des conférences, des banquets et des bals ; le rassemblement de mai au ne se concentre sur les massacres qu'à partir de 1880. Pour Alain Dalotel, le centenaire de 1971 parle au contraire peu de la .
Pour aller plus loin
Le récit complet8 paragraphes, 2 images
Paris est assiégé par l'armée allemande à partir du 19 septembre 1870. L'armistice est signé le 28 janvier 1871. Les élections du 8 février donnent une Assemblée nationale à majorité monarchiste, alors que Paris élit des républicains. Le gouvernement d'Adolphe Thiers siège à Bordeaux, puis à Versailles.
Dans la nuit du 17 au 18 mars 1871, Thiers décide de désarmer la ville et de reprendre les 227 canons rassemblés à Montmartre et à Belleville. L'opération échoue : les soldats fraternisent avec la foule, des barricades s'élèvent et les généraux Lecomte et Thomas sont fusillés en fin de journée.
Les élections municipales, prévues d'abord pour le 22 mars, ont lieu le 26 mars : 229 167 votants sur 485 569 inscrits selon le Larousse, soit une abstention d'environ 50 %. Le 28 mars, le conseil élu s'installe à l'Hôtel de Ville sous le nom de Commune de Paris ; sur ses 85 membres, 15 élus du « parti des maires » refusent de siéger.
La Commune prend ses propres décrets, affichés dans Paris. Le 29 mars, elle fait remise aux locataires des d'octobre 1870, janvier et avril 1871. Une affiche datée du 3 avril déclare l'Église séparée de l'État et supprime le . Le 20 avril, sa supprime le travail de nuit des ouvriers boulangers. Le Larousse cite aussi la suppression des amendes et retenues sur salaires et une politique scolaire laïque, gratuite et obligatoire.
Les entrent dans Paris le 21 mai. Les combats de rue durent jusqu'au 28 mai et finissent autour du cimetière du Père-Lachaise. Au moins 581 bâtiments sont endommagés, par les combats ou par les incendies, selon l'historienne Hélène Lewandowski. Le palais des Tuileries est incendié par des communards à partir du soir du 23 mai.
Estimation Pendant ces combats, des communards exécutent des otages, dont l'archevêque de Paris Georges Darboy : 52 selon le Larousse, 64 selon une page d'histoire du Sénat.
Environ 38 000 prisonniers sont comptés après la chute de la Commune, d'après le Sénat. Selon le rapport du général Appert, remis à l'Assemblée le 20 juillet 1875, la justice militaire a statué sur 46 835 personnes : 23 727 , 7 213 refus d'informer, 2 445 acquittements et 13 450 condamnations. Il y a 95 condamnations à mort et 23 exécutions ; 4 586 personnes sont condamnées à la , en Algérie ou en Nouvelle-Calédonie, où les premiers départs ont lieu en 1872.
Une première proposition d', déposée en septembre 1871, n'aboutit pas. En mai 1876, écarte cinq propositions ; au Sénat, Victor Hugo ne rallie que dix collègues. Une amnistie partielle est le 3 mars 1879, puis élargie par la loi du 11 juillet 1880.


Chaque demande, étape par étapedemande, réponse, décision, application
Chaque fil suit une revendication de sa formulation à son bilan. Le style du trait dit la solidité du lien entre la mobilisation et le résultat.
- Demande
- Étape qui réalise la demande
- Autre décision d’une autorité
- Réponse (annonce, réunion, refus)
- Répression
- Lien direct
- probable
- discuté ou indéterminé
Revendication 1/5
Un conseil municipal élu pour gouverner Paris
Après le 18 mars, le Comité central de la garde nationale fait élire un conseil municipal, la Commune. Elle gouverne Paris face au gouvernement Thiers et à l'Assemblée installés à Versailles.
Non obtenueNon obtenue
Élue le 26 mars et installée le 28, la Commune gouverne Paris pendant un peu plus de deux mois. L'armée de Versailles l'écrase entre le 21 et le 28 mai 1871.
- Demande18 mars 1871
- Application26 mars 1871
- Application28 mars 1871
- Répression21 mai 1871
- Bilan28 mai 1871
Voir les 5 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien direct établi
Après l'échec de la reprise des canons, le Comité central de la garde nationale tient Paris et annonce des élections municipales, fixées d'abord au 22 mars.
- Délai depuis l’étape précédente : + 8 jours
Élections municipales à Paris : 229 167 votants sur 485 569 inscrits, selon le Larousse.
- Délai depuis l’étape précédente : + 2 jours
Installation du conseil élu à l'Hôtel de Ville sous le nom de Commune de Paris.
- Délai depuis l’étape précédente : + 54 jours
Les troupes de Versailles entrent dans Paris : début de la Semaine sanglante.
- Délai depuis l’étape précédente : + 7 jours
Fin des combats autour du Père-Lachaise : la Commune a cessé d'exister.
Lien direct établi
Les textes officiels ou les acteurs eux-mêmes relient la mesure à la mobilisation, et les sources convergent.
La Commune est la création directe des insurgés du 18 mars et des électeurs parisiens du 26 mars. Sa disparition résulte de la reconquête militaire de Paris.
Revendication 2/5
Remettre les loyers impayés et soulager les petits débiteurs
Le décret du 29 mars 1871 juge que le travail, l'industrie et le commerce ont supporté les charges de la guerre et que la propriété doit faire sa part de sacrifices. D'autres décrets portent sur les dettes commerciales et les objets déposés au Mont-de-Piété, l'établissement public de prêt sur gage.
Partiellement obtenuePartiellement obtenue
Décrétées et affichées, ces mesures ne valent que dans le Paris de la Commune, pendant deux mois. Les sources consultées ne disent ni comment elles ont été appliquées, ni ce qu'elles deviennent après mai 1871.
- Promulgation (réalise la demande)29 mars 1871
- Promulgation29 mars 1871
- Promulgation16 avr. 1871
- Promulgation6 mai 1871
- Bilan28 mai 1871
Voir les 5 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien direct établi
Décret affiché : remise générale des termes d'octobre 1870, janvier et avril 1871. Les baux deviennent résiliables par les locataires pendant six mois, et les congés peuvent être prolongés de trois mois.
- Délai depuis l’étape précédente : + le même jour
Le même jour, la vente des objets déposés au Mont-de-Piété est suspendue, selon la synthèse Wikipédia.
- Délai depuis l’étape précédente : + 18 jours
Un délai de trois ans est accordé pour régler les échéances commerciales impayées, selon la synthèse Wikipédia.
- Délai depuis l’étape précédente : + 20 jours
Les dépôts de moins de 20 francs peuvent être retirés gratuitement du Mont-de-Piété, selon la synthèse Wikipédia.
- Délai depuis l’étape précédente : + 22 jours
La reprise de Paris par l'armée met fin au pouvoir qui avait pris ces décrets.
Lien direct établi
Les textes officiels ou les acteurs eux-mêmes relient la mesure à la mobilisation, et les sources convergent.
Les mesures sont prises par le conseil issu de l'insurrection et des élections du 26 mars. Le Larousse les cite parmi les mesures de la Commune.
Revendication 3/5
Supprimer le travail de nuit des ouvriers boulangers
Les ouvriers boulangers réclament la fin du travail de nuit et des « placeurs », des intermédiaires d'embauche que l'arrêté dit « institués par l'ex-police impériale ».
Partiellement obtenuePartiellement obtenue
Accordée par l'arrêté du 20 avril 1871, la suppression ne vaut que dans le Paris de la Commune. Selon Wikipédia, elle se heurte au travail clandestin. Son devenir après mai 1871 n'est pas documenté dans les sources consultées.
- Demandeavr. 1871
- Promulgation (réalise la demande)20 avr. 1871
- Application20 avr. 1871
- Bilan28 mai 1871
Voir les 4 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien direct établi
L'arrêté se fonde sur les « justes demandes » de toute la corporation des ouvriers boulangers ; la date de ces demandes n'est pas précisée.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 1 mois
Arrêté de la commission exécutive : le travail de nuit est supprimé ; les placeurs sont remplacés par un registre dans chaque mairie et un registre central au ministère du Commerce.
- Délai depuis l’étape précédente : + le même jour
Pour faire respecter l'interdiction, la Commune recourt à des saisies et à l'affichage des sanctions dans les boutiques, selon la synthèse Wikipédia, qui ne date pas ces mesures.
- Délai depuis l’étape précédente : + 38 jours
La fin de la Commune met fin au pouvoir qui avait pris l'arrêté.
Lien direct établi
Les textes officiels ou les acteurs eux-mêmes relient la mesure à la mobilisation, et les sources convergent.
Le texte de l'arrêté se présente lui-même comme une réponse aux demandes des ouvriers boulangers : le lien entre la revendication et la mesure est écrit dans le document officiel.
Revendication 4/5
Séparer l'Église et l'État
Le décret invoque la liberté de conscience et juge que le budget des cultes impose les citoyens contre leur propre foi. Il accuse aussi le clergé d'avoir été complice de la monarchie.
Partiellement obtenuePartiellement obtenue
Décrétée à Paris le 3 avril 1871, la séparation ne s'applique que dans le Paris de la Commune et disparaît avec elle. La loi du 9 décembre 1905 l'instaure pour toute la France, trente-quatre ans plus tard, sans lien établi avec la Commune.
- Promulgation (réalise la demande)3 avr. 1871
- Bilan28 mai 1871
- Bilan9 déc. 1905
Voir les 3 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien indéterminé
Affiche datée du 3 avril 1871 : l'Église est séparée de l'État, le budget des cultes est supprimé et les biens des congrégations religieuses sont déclarés propriétés nationales.
- Délai depuis l’étape précédente : + 55 jours
La fin de la Commune met fin à l'application du décret dans Paris.
- Délai depuis l’étape précédente : + 34,5 ans
Prolongement sans lien établi : la loi du 9 décembre 1905 sépare les Églises et l’État dans toute la France.
Lien indéterminé
Les sources disponibles ne permettent pas d’établir le lien.
Trente-quatre ans séparent les deux textes. Aucune des sources consultées ne présente la loi de 1905 comme une suite de la Commune. Faute d'étude d'historien lue sur ce point, le lien n'est pas établi.
Revendication 5/5
Amnistier les condamnés de la Commune
Après la répression, des parlementaires républicains réclament l'amnistie des insurgés condamnés. La question divise le Parlement pendant près de neuf ans.
ObtenueObtenue
Obtenue en deux temps : amnistie partielle le 3 mars 1879, pour les condamnés libérés ou graciés ; loi du 11 juillet 1880, qui considère comme amnistiés les condamnés graciés avant le 14 juillet 1880, sauf certains condamnés pour incendie ou assassinat dont la peine n'a pas été commuée.
- Demande13 sept. 1871
- Réponse19 mai 1876
- Réponse22 mai 1876
- Promulgation (réalise la demande)3 mars 1879
- Promulgation (réalise la demande)11 juil. 1880
Voir les 5 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien discuté
Henri Brisson et 47 cosignataires déposent une proposition d'amnistie ; l'urgence est rejetée le jour même.
- Délai depuis l’étape précédente : + 4,7 ans
Après quatre jours de débat, la Chambre des députés, pourtant à majorité républicaine, rejette cinq propositions d'amnistie.
- Délai depuis l’étape précédente : + 3 jours
Au Sénat, Victor Hugo défend sa proposition d'amnistie ; seuls dix collègues votent avec lui.
- Délai depuis l’étape précédente : + 2,8 ans
Loi sur l'amnistie partielle : elle vaut pour les condamnés des insurrections de 1871 qui ont été ou seront libérés ou graciés dans les trois mois. Selon le Sénat, les meneurs en sont exclus ; la loi écarte aussi les condamnés pour crimes de droit commun.
- Délai depuis l’étape précédente : + 16 mois
Loi d'amnistie : sont amnistiés les condamnés graciés avant le 14 juillet 1880, sauf les condamnés contradictoirement à mort ou aux travaux forcés pour incendie ou assassinat. Cette exception ne vaut pas pour ceux dont la peine a été commuée avant le 9 juillet 1880.
Lien discuté
Des historiens ou analystes en désaccord, ou d’autres causes plausibles.
Les deux lois visent nommément les condamnés des insurrections de 1870-1871. Mais l'amnistie est portée par des parlementaires républicains (Brisson, Hugo, puis Gambetta en 1880) et n'aboutit qu'en 1879-1880 ; la synthèse Wikipédia lie ce moment à la conquête de tous les pouvoirs par les républicains. Le poids propre des anciens communards n'est pas mesuré.
Tous les chiffres15 estimations, jamais moyennées
Chaque estimation garde son auteur, sa date, son périmètre et son unité. Seules celles d’un même encadré se comparent. Unités présentes : votants, morts, soldats perdus, prisonniers, condamnations, condamnés à la déportation. Elles ne se comparent pas entre elles.
Parisvotants
229 167 votants sur 485 569 inscrits
Estimation selon les résultats cités par l'encyclopédie Larousse
Votants aux élections municipales du 26 mars 1871 — La synthèse Wikipédia donne environ 230 000 votants pour 475 000 inscrits : l'écart sur les inscrits n'est pas résolu.
Paris (inhumations dans l'enceinte de la ville)morts
6 000 à 7 500
Estimation selon des chercheursRobert Tombs, historien (Cambridge), 2011
Communards inhumés dans Paris pendant et peu après la Semaine sanglante — Estimation fondée sur les relevés d'inhumation, les rapports de la police et de la voirie et les registres de cimetières, déduction faite des morts non communards (otages, soldats, civils). Tombs estime à environ 1 400 le nombre de personnes exécutées sur ordre militaire après une forme de jugement.
Parismorts
10 000 à 20 000
Estimation selon des chercheurs · Hélène Lewandowski, historienne, 2021
Bilan humain de la Commune — Fourchette donnée sans détail de méthode dans l'article.
20 000 à 30 000
Estimation selon l'encyclopédie LarousseEncyclopédie Larousse (article non signé)
Parisiens tués au combat ou exécutés, du 3 avril au 31 mai 1871 — Chiffre donné sans source ni méthode.
20 000 à 30 000
Estimation selon le site du SénatSénat, page « Bref rappel sur la Commune de Paris »
Personnes fusillées sans procès pendant la Semaine sanglante — Chiffre donné sans source. Une autre page du même dossier du Sénat parle de 6 000 insurgés fusillés.
au moins 17 000, probablement 20 000
Estimation selon Prosper-Olivier Lissagaray, cité par Robert TombsProsper-Olivier Lissagaray, Histoire de la Commune (1876), cité par Robert Tombs
Victimes de la Semaine sanglante selon un ancien communard — Tombs montre que le chiffre de 17 000 repose sur une déposition mal comprise devant la commission d'enquête de 1871.
environ 500
Estimation selon des chercheurs · Robert Tombs, historien, 2011
Soldats de l'armée de Versailles tués dans les combats de rue — Le seul chiffre officiel publié, plus de 800 morts, couvre toute la guerre civile depuis avril.
52
Estimation selon l'encyclopédie LarousseEncyclopédie Larousse (article non signé)
Otages exécutés par des communards
64
Estimation selon le site du SénatSénat, page « Victor Hugo et la Commune »
Otages exécutés par la Commune
Écart entre ces chiffres : du simple au 577. Lire le périmètre de chacun avant de comparer ; aucun n’est retenu comme le bon.
Paris et inhumations supposées hors de la villemorts
au moins 30 000
Estimation selon Camille Pelletan, cité par Robert TombsCamille Pelletan, La Semaine de Mai (1880), cité par Robert Tombs
Victimes de la Semaine sanglante selon Camille Pelletan — Ouvrage favorable à l'amnistie. Pelletan suppose 10 000 à 12 000 corps emportés hors de Paris ; Tombs n'en trouve aucune trace dans les archives.
Paris et alentourssoldats perdus
environ 1 000 hommes
Estimation selon l'encyclopédie LarousseEncyclopédie Larousse (article non signé)
Pertes de l'armée de Versailles, avril-mai 1871
Parisprisonniers
environ 38 000 (36 309 enregistrés)
Décompte officiel selon l’administration · Chiffres cités par le Sénat, page « Bref rappel sur la Commune de Paris »
Prisonniers après la chute de la Commune — Dont 5 000 soldats, 850 femmes et 650 enfants de 16 ans ou moins. Le Larousse parle d'environ 40 000 arrestations, Laure Godineau de plus de 40 000.
Paris (justice militaire)condamnations
13 450
Décompte officiel selon l’administrationRapport du général Appert à l'Assemblée nationale (1875)
Condamnations prononcées par les conseils de guerre — 10 137 condamnations contradictoires et 3 313 par contumace. Sur 46 835 personnes dont le sort est récapitulé, 23 727 ont bénéficié d'un non-lieu, 7 213 d'un refus d'informer et 2 445 ont été acquittées. Chiffres de l'autorité chargée de la répression.
Paris (justice militaire)morts
23
Décompte officiel selon l’administration · Rapport du général Appert, cité par le Sénat et le Larousse
Condamnés à mort effectivement exécutés — Sur 95 condamnations à mort contradictoires. Le Larousse parle de 268 condamnations à mort, sans préciser si les contumaces sont comprises.
Paris (justice militaire)condamnés à la déportation
4 586
Décompte officiel selon l’administration · Rapport du général Appert, cité par le Sénat
Condamnés à la déportation — Somme des 1 169 condamnés à la déportation en enceinte fortifiée et des 3 417 condamnés à la déportation simple, en Algérie ou en Nouvelle-Calédonie, selon le Sénat. Laure Godineau parle de plus de 4 000 condamnés contradictoirement à la déportation et aux travaux forcés.
Ce qu’on ne sait pas, ou mal11 limites
- Aucun décompte officiel des morts de la n'existe. Les estimations vont de 6 000 à plus de 30 000 selon les sources, les périmètres (combats seuls ou tout avril-mai, Paris seul ou banlieue) et les méthodes. Le Larousse et le Sénat donnent 20 000 à 30 000 morts sans citer de source.
- Le compte rendu du livre de Robert Tombs de 2014 par Claudette Toulmonde lui prête une révision « à environ 10 000 » morts. Son article de 2011 rappelle qu'il avait proposé environ 10 000 morts pour toute la ville en 1994, puis conclut à 6 000-7 500 communards inhumés dans l' de Paris : les périmètres diffèrent. Wikipédia cite pour le livre de 2014 5 700 à 7 400 morts ; l'ouvrage n'a pas été consulté.
- L'estimation de Michèle Audin (15 000 à 20 000 communards tués, 2021) et celle de Jacques Rougerie (environ 10 000) ne sont connues que par Wikipédia ; l'article de L'Humanité qui présente le travail d'Audin était inaccessible. Elles ne sont donc pas retenues dans les estimations.
- Les pages du Sénat se contredisent : 20 000 à 30 000 personnes « fusillées sans procès » sur l'une, 6 000 insurgés fusillés sur l'autre ; 64 otages exécutés contre 52 selon le Larousse. La page « Victor Hugo et la Commune » date l'élection de l'Assemblée du 16 janvier 1871, alors que les autres sources donnent le 8 février.
- Les chiffres de la répression (prisonniers, jugements, condamnations) viennent du rapport du général Appert, c'est-à-dire de la justice militaire qui menait la répression.
- Le décret de séparation est souvent daté du 2 avril ; l'affiche consultée est datée du 3 avril 1871. Les dates des décrets sur le Mont-de-Piété et les échéances (29 mars, 16 avril, 6 mai) ne viennent que de Wikipédia : les numéros du Journal officiel de la Commune n'ont pas pu être ouverts (fichiers trop lourds).
- On ignore, dans les sources consultées, comment les décrets sociaux ont été appliqués au quotidien et ce qu'ils sont devenus juridiquement après la reconquête de Paris.
- Le dossier ne couvre que Paris : les communes insurrectionnelles d'autres villes, comme Lyon, ne sont pas traitées.
- La date de l'incendie des Tuileries varie selon les textes : le soir du 23 mai (Lewandowski) ou le 24 mai (Lemire et Potin, qui mentionnent aussi le 23).
- La synthèse Wikipédia « » résume les estimations d'historiens récents (Tombs, Rougerie, Merriman) entre 5 700 et 25 000 morts parmi les insurgés ; ces ouvrages n'ont pas été consultés et ne portent aucun chiffre du dossier.
- Aucun effectif des insurgés n'est établi dans les sources lues ; le nombre de votants du 26 mars 1871 ne vient que d'une encyclopédie (Larousse) et le nombre d'inscrits est discuté.
Sources20 références · 19 septembre 1870 – 11 juillet 1880
Chaque numéro dans le texte renvoie à l’une de ces références. La barre indique la nature de la source, du texte officiel à la synthèse encyclopédique : ce n’est pas une note de fiabilité.
- Texte officiel ou archive 6
- Institution publique ou patrimoniale 5
- Travaux de recherche 7
- Synthèse encyclopédique 2
- 1Synthèse encyclopédique
Encyclopédie Larousse en ligne
Chronologie (19 septembre 1870, armistice « le 28 », 8 février, 18 et 26 mars 1871), Thiers chef du pouvoir exécutif, 227 canons, 229 167 votants sur 485 569 inscrits, 85 élus dont 15 refusent de siéger, liste des mesures sociales, 52 otages, 20 000 à 30 000 Parisiens tués du 3 avril au 31 mai, environ 40 000 arrestations, 13 450 condamnations dont 268 à mort, 23 exécutions.
- 2Institution publique ou patrimoniale
Bref rappel sur la Commune de Paris (site extérieur)
Sénat (dossier d'histoire « Victor Hugo et l'amnistie des Communards »)
Élections du 8 février 1871, gouvernement à Bordeaux puis Versailles, Semaine sanglante du 21 au 28 mai, 20 000 à 30 000 fusillés sans procès, environ 38 000 prisonniers, détail du rapport Appert (20 juillet 1875) : 46 835 personnes, non-lieux, acquittements, 13 450 condamnations, peines de déportation.
- 3Institution publique ou patrimoniale
Le Parlement et l'amnistie - Premiers débats (site extérieur)
Sénat (dossier d'histoire « Victor Hugo et l'amnistie des Communards »)
Proposition Brisson du 13 septembre 1871, rejet de cinq propositions par la Chambre du 16 au 19 mai 1876, promulgation de l'amnistie partielle le 3 mars 1879 (meneurs exclus) et de la loi d'amnistie le 11 juillet 1880.
- 4Institution publique ou patrimoniale
Victor Hugo et l'amnistie des Communards (site extérieur)
Sénat
Discours de Victor Hugo au Sénat le 22 mai 1876 ; seuls dix collègues le suivent.
- 5Institution publique ou patrimoniale
Victor Hugo et la Commune (site extérieur)
Sénat (dossier d'histoire « Victor Hugo et l'amnistie des Communards »)
La Commune a exécuté 64 otages et Versailles a fait fusiller 6 000 insurgés, selon cette page (chiffres divergents des autres sources).
- 6Texte officiel ou archive
Loi sur l'amnistie partielle du 3 mars 1879 (Journal officiel du 5 mars 1879) (site extérieur)
Journal officiel de la République française, numérisé par le Sénat · publié le 5 mars 1879
Amnistie des condamnés pour faits relatifs aux insurrections de 1871 libérés ou graciés dans les trois mois suivant la promulgation, exclusion des condamnés pour crimes de droit commun (article 5) ; loi datée du 3 mars 1879.
- 7Texte officiel ou archive
Loi du 11 juillet 1880 relative à l'amnistie (Journal officiel du 12 juillet 1880) (site extérieur)
Journal officiel de la République française, numérisé par le Sénat · publié le 12 juillet 1880
Les condamnés des événements insurrectionnels de 1870-1871 graciés avant le 14 juillet 1880 sont amnistiés, sauf les condamnés contradictoirement à mort ou aux travaux forcés pour incendie ou assassinat dont la peine n'a pas été commuée avant le 9 juillet 1880.
- 8Texte officiel ou archive
Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État (site extérieur)
Légifrance · publié le 9 décembre 1905
Date de la loi de séparation et principe selon lequel la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.
- 9Texte officiel ou archive
Commune de Paris, affiche n° 41 : décret du 29 mars 1871 sur les loyers (site extérieur)
Wikimedia Commons (photographie d'une affiche de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris) · publié le 29 mars 1871
Remise générale des termes d'octobre 1870, janvier et avril 1871, baux résiliables six mois, congés prorogés de trois mois, motif des charges de la guerre.
- 10Texte officiel ou archive
Commune de Paris, affiche n° 59 : décret de séparation de l'Église et de l'État (site extérieur)
Wikimedia Commons (photographie d'une affiche de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris) · publié le 3 avril 1871
L'Église est séparée de l'État, le budget des cultes supprimé, les biens de mainmorte des congrégations déclarés propriétés nationales ; affiche datée du 3 avril 1871.
- 11Texte officiel ou archive
Commune de Paris, affiche n° 176 : arrêté du 20 avril 1871 sur le travail de nuit (site extérieur)
Wikimedia Commons (photographie d'une affiche de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris) · publié le 20 avril 1871
Sur les « justes demandes » des ouvriers boulangers, la commission exécutive supprime le travail de nuit et les placeurs, remplacés par des registres en mairie.
- 13Travaux de recherche
How bloody was la Semaine Sanglante? A revision (site extérieur)
Robert Tombs · H-France Salon, vol. 3, n° 1 · publié le 2011
Révision du bilan à 6 000-7 500 communards tués, dont environ 1 400 exécutés ; anciens chiffres de Lissagaray et Pelletan ; environ 500 soldats tués ; lecture de la déposition de Mac-Mahon ; commémorations et faibles conséquences pour la IIIe République.
- 14Travaux de recherche
Victimes et bourreaux de la Semaine sanglante (site extérieur)
Robert Tombs · 1848. Révolutions et mutations au XIXe siècle, n° 10 (Persée) · publié le 1994
Les histoires républicaines classiques (Seignobos, Lavisse) retiennent un minimum de 17 000 morts.
- 15Travaux de recherche
Robert Tombs, Paris, bivouac des révolutions. La Commune de 1871 (site extérieur)
Claudette Toulmonde · Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique, n° 129 (OpenEdition) · publié le 7 novembre 2015
Selon la recension, Tombs ramène dans son livre de 2014 le nombre des morts à « environ 10 000 ».
- 16Travaux de recherche
L'écran de fumée des incendies de la Commune de 1871 (site extérieur)
Hélène Lewandowski · Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique, n° 148 (OpenEdition) · publié le 1er mars 2021
Bilan humain de 10 000 à 20 000 morts, sans source ; au moins 581 bâtiments endommagés, hors opérations militaires de l'ouest parisien ; incendie des Tuileries décidé par Bergeret, le soir du 23 mai.
- 17Travaux de recherche
Le retour d'exil, un nouvel exil ? Le cas des communards (site extérieur)
Laure Godineau · Matériaux pour l'histoire de notre temps, n° 67 (Persée) · publié le 2002
Plus de 40 000 arrestations à Paris ; plus de 4 000 condamnés à la déportation et aux travaux forcés, embarqués pour la Nouvelle-Calédonie à partir de 1872 ; amnisties de mars 1879 et juillet 1880.
- 18Travaux de recherche
Vincent Lemire et Yann Potin · Livraisons de l'histoire de l'architecture, n° 22 (OpenEdition) · publié le 2011
Le palais des Tuileries figure parmi les édifices civils incendiés par la Commune ; l'article date l'incendie du 24 mai 1871, et une fois du 23 mai.
- 19Travaux de recherche
La place de la Semaine sanglante dans la commémoration de la Commune en France (site extérieur)
Alain Dalotel · 1848. Révolutions et mutations au XIXe siècle, n° 5 (Persée) · publié le 1989
Lors du centenaire de 1971, la Semaine sanglante est largement passée sous silence.
- 20Synthèse encyclopédique
Commune de Paris (site extérieur)
Wikipédia
Élections prévues d'abord le 22 mars ; exécution des généraux Lecomte et Thomas en fin de journée le 18 mars ; dates des décrets sur le Mont-de-Piété (29 mars, 6 mai) et les échéances (16 avril) ; difficultés d'application de l'interdiction du travail de nuit ; contexte de l'amnistie de 1879-1880.






































