
Monarchies, empire et IIe République · 9 juillet 1847 – 24 février 1848 · Paris, France entière
La révolution de février 1848, de la campagne des banquets à la IIe République
Une pour la réforme électorale, puis trois journées parisiennes, du 22 au 24 février 1848, renversent Louis-Philippe et ouvrent la IIe République.
Le pouvoir change
, roi des Français, puis , présidé par Dupont de l’Eure le 24 février 1848
Présidents du Conseil : , puis le 18 septembre 1847
L’essentiel
- Ce qu’ils demandaient
Élargir le droit de vote, réservé en 1846 à 246 000 électeurs payant un impôt minimal, puis renvoyer Guizot et en finir avec la monarchie.
- Combien ils étaient
1 512 barricades
Relevé selon le plan du colonel du génie Leblanc
5 chiffres à comparer- Ce qu’ils ont obtenu
Obtenue
2 demandes obtenues, 1 en partie, sur 4
La monarchie tombe le 24 février ; le décret du 5 mars instaure le . Le n'entre pas dans la Constitution ; la fermeture des déclenche l'insurrection de juin, environ 4 000 insurgés tués selon le Larousse. La loi de 1850 ôte le vote à un tiers des électeurs.
Changement : texte promulgué 8 mois après la demande du 9 juillet 1847
Ce qui était en jeu
4 demandes, et ce qu’il en est advenu.
Élargir le droit de vote, réservé aux plus riches
Les réclament une réforme électorale et parlementaire. Après la chute de la monarchie, le va au-delà d'une réforme : il établit le .
ObtenueLe décret du 5 mars 1848 fait voter tous les hommes de 21 ans et plus, et la Constitution de 1848 confirme ce principe. Les femmes restent exclues. La loi du 31 mai 1850 retire le droit de vote à un tiers des électeurs.
Renvoyer Guizot, puis en finir avec la monarchie
La manifestation du 22 février vise d'abord le . Après la fusillade du 23 au soir, le mouvement exige davantage : le 24, les républicains refusent la et imposent la République.
ObtenueGuizot est renvoyé le 23 février, Louis-Philippe abdique le 24 et la République est proclamée. Le ; la Constitution de 1848 est abrogée le 14 janvier 1852.
Le et les
Le 25 février, le proclame le . Il crée des pour les chômeurs et une commission pour les travailleurs, , présidée par Louis Blanc.
Non obtenueAccordé un temps, puis retiré par la même République : les occupent, selon Universalis, quelque 120 000 ouvriers à la veille de juin. Ils sont démantelés à partir du 22 juin, puis supprimés le 3 juillet 1848. La Constitution ne proclame pas de : elle garantit la « liberté du travail » et prévoit des travaux publics pour les sans-emploi et une assistance.
La liberté de réunion et de presse
Les servent à contourner l'interdiction de se réunir pour parler politique. Le rétablit les libertés de réunion et de presse ; les se multiplient au printemps 1848.
Partiellement obtenueLes libertés rétablies en février sont restreintes dès le printemps : d'extrême gauche fermés après la journée du 15 mai, puis, après juin, clubs fermés, journaux interdits et décrets restreignant la presse. La Constitution de 1848 les inscrit, dans la limite des droits d'autrui et de la « sécurité publique ».
Comment c’est arrivé
12 moments clés. Touchez un moment pour le détail.
Début de la campagne des banquets
Les réformistes commencent ; ils se poursuivent jusqu'en février 1848.
Banquet interdit, rassemblement à Paris
Des Parisiens se rassemblent pour protester contre l'interdiction du banquet.
Renvoi de Guizot et fusillade des Capucines
La se rallie à la manifestation, Guizot est renvoyé ; le soir, la troupe tire sur la foule devant le ministère des Affaires étrangères.
Abdication de Louis-Philippe, République proclamée
Le roi abdique ; la Chambre est envahie et un formé. La République est proclamée (le 25 selon le Larousse).
Proclamation du droit au travail
Le proclame le ; les pour les chômeurs ouvrent le 27 février.
Commission Schœlcher sur l'abolition de l'esclavage
Une commission est chargée de préparer l' immédiate dans toutes les colonies.
Décret instaurant le suffrage universel masculin
Tous les hommes de 21 ans et plus, résidant depuis six mois dans leur commune, pourront élire l'.
Manifestation ouvrière : les élections sont reportées
Prévues le 9 avril, les élections sont repoussées au 23 avril.
Premières élections au suffrage universel masculin
L'abstention reste sous 20 % ; le vote favorise les conservateurs et les notables de province.
Décret d'abolition de l'esclavage
L'esclavage est aboli dans toutes les colonies, avec effet deux mois après la dans chacune.
L'Assemblée proclame officiellement la République
L' se réunit pour la première fois.
Fermeture des ateliers nationaux, insurrection de juin
Du 23 au 26 juin, l'est parisien se soulève après le décret de démantèlement ; l'armée écrase l'insurrection.
Ce qu’on peut en dire
Le lien entre la mobilisation et le résultat, tel que les sources le discutent.
Sur le plan électoral, le droit de vote passe de 246 000 électeurs en 1846 à l'ensemble des hommes de 21 ans et plus. Il reste masculin, et la loi de 1850 retire le vote à un tiers des électeurs. Le premier usage du porte aussi à l'Assemblée une majorité de conservateurs et de notables, puis Louis-Napoléon Bonaparte, élu président avec 5,5 millions de voix.
InterprétationPour Samuel Hayat (Quand la République était révolutionnaire, 2014), deux conceptions de la représentation et de la citoyenneté s'affrontent de février à juin : une conception « inclusive », portée par les institutions de la « République de Février » ( démocratisée, , ), et une conception « exclusive », qui l'emporte progressivement. L'historien Alexandre Frondizi y ajoute les , suggère que la rupture tient peut-être plus aux élections d'avril qu'à la journée du 15 mai, et souligne que la fermeture des ateliers a déclenché l'insurrection de juin.
InterprétationL'abolition de l'esclavage n'était pas une revendication des manifestants parisiens. Le Sénat la présente comme l'œuvre du gouvernement issu des journées de février, au terme d'une campagne que Schœlcher mène depuis les années 1830. Sur place, les révoltes d'esclaves du 22 mai en Martinique, puis les rassemblements en Guadeloupe, ont avancé son application.
Pour aller plus loin
Le récit complet8 paragraphes, 2 images
Sous la , seuls votent les hommes de plus de 25 ans qui paient au moins 200 francs d' (le « »). Aux élections d'août 1846, ils sont 246 000, soit 2,4 % des Français majeurs. Entre 1841 et 1847, la réforme électorale revient dix fois devant les Chambres ; le ministre François Guizot oppose un refus catégorique à toute extension du droit de vote.
Faute de pouvoir se réunir librement, l'opposition organise des politiques à partir du 9 juillet 1847. Menée par Odilon Barrot, la campagne rassemble libéraux et républicains autour de la réforme électorale. Le Larousse compte environ 70 banquets dans toute la France ; l'historienne Jacqueline Lalouette parle d'une « grosse cinquantaine ».
Le pouvoir interdit le banquet prévu à Paris le 22 février 1848 ; ce jour-là, des Parisiens se rassemblent pour protester. Le 23, la se rallie à la manifestation et Louis-Philippe renvoie Guizot. Le soir, la troupe tire sur la foule boulevard des Capucines : 52 morts selon le Larousse, « une vingtaine » selon Herodote.net, de 35 à plus de 50 selon les sources compilées par Wikipédia.
Le 24 février, Louis-Philippe abdique en faveur de son petit-fils, âgé de 9 ans. Pour empêcher une , des républicains envahissent la , au . Un se forme autour de Lamartine, Ledru-Rollin et Arago ; la foule y impose aussi le socialiste Louis Blanc et l'ouvrier Albert. La République est proclamée le 24 selon l'Assemblée nationale (au Palais Bourbon) et Herodote.net (à l'Hôtel de Ville), le 25 selon le Larousse.
Le proclame le « » le 25 février et crée des pour les chômeurs. Il ouvre la à tous, abolit la peine de mort en matière politique (26 février) et rétablit les libertés de réunion et de presse. Le décret du 5 mars 1848 donne le droit de vote à tous les hommes de 21 ans et plus, résidant depuis six mois dans leur commune.
Le 4 mars 1848, le crée une commission présidée par Victor Schœlcher. Le décret du 27 avril abolit l'esclavage dans toutes les colonies, deux mois après sa dans chacune. En Martinique, après des révoltes d'esclaves le 22 mai, le proclame l'abolition dès le lendemain ; en Guadeloupe, son homologue fait de même le 27 mai.
La manifestation ouvrière du 17 mars obtient le report des élections du 9 au 23 avril ; celle du 16 avril n'obtient rien. Le 23 avril, l'abstention reste sous 20 %, mais le vote favorise les conservateurs et les notables de province. L'Assemblée se réunit le 4 mai et proclame officiellement la République.
Estimation Le décret qui démantèle les est adopté le 20 juin et paraît au le 22. Les ouvriers de 18 à 25 ans doivent s'engager dans l'armée, les autres partir sur des chantiers en province. L'est parisien se soulève du 23 au 26 juin. Le Larousse compte environ 4 000 morts chez les insurgés, 1 600 dans l'armée, 15 000 arrestations et 4 300 déportations en Algérie.


Chaque demande, étape par étapedemande, réponse, décision, application
Chaque fil suit une revendication de sa formulation à son bilan. Le style du trait dit la solidité du lien entre la mobilisation et le résultat.
- Demande
- Étape qui réalise la demande
- Autre décision d’une autorité
- Réponse (annonce, réunion, refus)
- Répression
- Lien direct
- probable
- discuté ou indéterminé
Revendication 1/4
Élargir le droit de vote, réservé aux plus riches
Les banquets réclament une réforme électorale et parlementaire. Après la chute de la monarchie, le gouvernement provisoire va au-delà d'une réforme : il établit le suffrage universel masculin.
ObtenueObtenue
Le décret du 5 mars 1848 fait voter tous les hommes de 21 ans et plus, et la Constitution de 1848 confirme ce principe. Les femmes restent exclues. La loi du 31 mai 1850 retire le droit de vote à un tiers des électeurs.
- Demande1841
- Réponsefévr. 1842
- Demande9 juil. 1847
- Répression22 févr. 1848
- Promulgation (réalise la demande)5 mars 1848
- Application23 avr. 1848
- Vote4 nov. 1848
- Application10 déc. 1848
- Retrait3 juin 1850
- Bilan2 déc. 1851
Voir les 10 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien probable
De 1841 à 1847, la réforme électorale est posée dix fois devant les Chambres.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 13 mois
Guizot rejette toute extension du droit de vote et compare la revendication du suffrage universel à « une maladie de la peau ».
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 5,4 ans
Premier banquet réformiste : la campagne des banquets porte la réforme électorale hors du Parlement.
- Délai depuis l’étape précédente : + 7 mois
Le pouvoir interdit le banquet parisien prévu ce jour-là ; un rassemblement proteste contre cette interdiction.
- Délai depuis l’étape précédente : + 12 jours
Décret du gouvernement provisoire : le suffrage est « universel et direct » pour élire l'Assemblée constituante (article 5). Votent les Français de 21 ans et plus, résidant depuis six mois dans la commune (article 6).
- Délai depuis l’étape précédente : + 49 jours
Premières élections au suffrage universel masculin, au chef-lieu de canton. L'abstention est inférieure à 20 %.
- Délai depuis l’étape précédente : + 6 mois
La Constitution adoptée par l'Assemblée fait du suffrage direct, universel et secret la règle, sans condition de fortune, pour les citoyens de 21 ans (articles 24 et 25).
- Délai depuis l’étape précédente : + 36 jours
Première élection présidentielle au suffrage universel : Louis-Napoléon Bonaparte l'emporte avec 5,5 millions de voix.
- Délai depuis l’étape précédente : + 18 mois
Loi adoptée le 31 mai et promulguée le 3 juin 1850 : elle durcit les conditions de résidence et le nombre d'électeurs baisse d'un tiers.
- Délai depuis l’étape précédente : + 18 mois
Le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte dissout l'Assemblée et proclame « le suffrage universel rétabli » ; 76 représentants républicains sont frappés d'exil.
Lien probable
La chronologie et plusieurs sources rendent le lien vraisemblable, sans le démontrer.
Le décret du 5 mars est pris par le gouvernement provisoire né des journées de février, et l'Assemblée nationale présente cette révolution comme née de revendications électorales. Aucun texte lu ne montre pourtant le décret ou ses auteurs se réclamer de la mobilisation. Les banquets, où se côtoyaient libéraux de la « gauche dynastique » et républicains, réclamaient une « réforme électorale et parlementaire » : le suffrage universel va au-delà, et c'est la chute du régime qui l'a rendu possible.
Revendication 2/4
Renvoyer Guizot, puis en finir avec la monarchie
La manifestation du 22 février vise d'abord le ministère Guizot. Après la fusillade du 23 au soir, le mouvement exige davantage : le 24, les républicains refusent la régence et imposent la République.
ObtenueObtenue
Guizot est renvoyé le 23 février, Louis-Philippe abdique le 24 et la République est proclamée. Le coup d'État du 2 décembre 1851 dissout l'Assemblée ; la Constitution de 1848 est abrogée le 14 janvier 1852.
- Demande22 févr. 1848
- Réponse23 févr. 1848
- Réponse24 févr. 1848
- Application (réalise la demande)24 févr. 1848
- Vote4 mai 1848
- Bilan2 déc. 1851
Voir les 6 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien direct établi
Rassemblement parisien contre l'interdiction du banquet ; les manifestations s'amplifient le lendemain.
- Délai depuis l’étape précédente : + 1 jour
Après le ralliement de la Garde nationale à la manifestation, Louis-Philippe renvoie Guizot. Le soir, la fusillade du boulevard des Capucines relance l'insurrection.
- Délai depuis l’étape précédente : + 1 jour
Après un dernier appel à Thiers, Louis-Philippe abdique en faveur de son petit-fils Philippe d'Orléans, 9 ans.
- Délai depuis l’étape précédente : + le même jour
Les républicains envahissent le Palais Bourbon et un gouvernement provisoire est formé. La République est proclamée le 24 au Palais Bourbon selon l'Assemblée nationale, à l'Hôtel de Ville selon Herodote.net ; le Larousse date la proclamation du 25 février.
- Délai depuis l’étape précédente : + 2 mois
Première réunion de l'Assemblée constituante élue au suffrage universel, qui proclame officiellement la République.
- Délai depuis l’étape précédente : + 3,6 ans
Le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte dissout l'Assemblée ; la Constitution de 1848 est abrogée le 14 janvier 1852.
Lien direct établi
Les textes officiels ou les acteurs eux-mêmes relient la mesure à la mobilisation, et les sources convergent.
Le renvoi de Guizot, l'abdication et la proclamation de la République suivent jour après jour les manifestations et les combats de rue de Paris : les sources consultées convergent sur cet enchaînement.
Revendication 3/4
Le droit au travail et les ateliers nationaux
Le 25 février, le gouvernement provisoire proclame le droit au travail. Il crée des ateliers nationaux pour les chômeurs et une commission pour les travailleurs, dite du Luxembourg, présidée par Louis Blanc.
Non obtenueNon obtenue
Accordé un temps, puis retiré par la même République : les ateliers nationaux occupent, selon Universalis, quelque 120 000 ouvriers à la veille de juin. Ils sont démantelés à partir du 22 juin, puis supprimés le 3 juillet 1848. La Constitution ne proclame pas de droit au travail : elle garantit la « liberté du travail » et prévoit des travaux publics pour les sans-emploi et une assistance.
- Réponse25 févr. 1848
- Applicationjuin 1848
- Retrait20 juin 1848
- Répression26 juin 1848
- Abrogation3 juil. 1848
- Bilan4 nov. 1848
Voir les 6 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien probable
Le gouvernement provisoire proclame le droit au travail ; les ateliers nationaux pour les chômeurs sont considérés comme ouverts le 27 février.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 3 mois
À la veille de juin, les ateliers nationaux comptent quelque 120 000 ouvriers selon Universalis. Le pouvoir, inquiet de leur coût, prépare dès le 24 mai leur liquidation.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 1 mois
La commission exécutive adopte le décret de démantèlement, publié au Moniteur le 22 juin (le Larousse parle d'un « décret du 21 juin »). Les ouvriers de 18 à 25 ans doivent s'engager dans l'armée, les autres partir en province.
- Délai depuis l’étape précédente : + 6 jours
L'insurrection ouverte le 23 juin est écrasée le 26 par le général Cavaignac, qui a reçu les pleins pouvoirs. Plus de 15 000 personnes sont arrêtées.
- Délai depuis l’étape précédente : + 7 jours
Les ateliers nationaux sont supprimés.
- Délai depuis l’étape précédente : + 4 mois
La Constitution ne proclame pas de droit au travail : elle garantit la « liberté du travail » et prévoit des travaux publics « propres à employer les bras inoccupés » (article 13) ; son préambule promet une assistance qui procure du travail « dans les limites de ses ressources ».
Lien probable
La chronologie et plusieurs sources rendent le lien vraisemblable, sans le démontrer.
Les mesures du 25 février sont prises par un gouvernement où la foule a imposé Louis Blanc et l'ouvrier Albert. Samuel Hayat range la commission du Luxembourg parmi les institutions de la « République de Février » ; dans son compte rendu, l'historien Alexandre Frondizi y ajoute les ateliers nationaux. Aucune source lue ne date une revendication ouvrière précise du droit au travail avant ce jour.
Revendication 4/4
La liberté de réunion et de presse
Les banquets servent à contourner l'interdiction de se réunir pour parler politique. Le gouvernement provisoire rétablit les libertés de réunion et de presse ; les clubs se multiplient au printemps 1848.
Partiellement obtenuePartiellement obtenue
Les libertés rétablies en février sont restreintes dès le printemps : clubs d'extrême gauche fermés après la journée du 15 mai, puis, après juin, clubs fermés, journaux interdits et décrets restreignant la presse. La Constitution de 1848 les inscrit, dans la limite des droits d'autrui et de la « sécurité publique ».
- Demande9 juil. 1847
- Répression22 févr. 1848
- Retraitjuil. 1848
- Vote (réalise la demande)4 nov. 1848
Voir les 4 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien probable
La campagne des banquets commence ; ces repas politiques servent à contourner l'interdiction du droit de réunion.
- Délai depuis l’étape précédente : + 7 mois
Guizot interdit le banquet et le cortège prévus à Paris.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 4 mois
Après l'écrasement de juin, des clubs sont fermés, des journaux interdits et la liberté de la presse restreinte par décrets. Selon le Larousse, les clubs d'extrême gauche avaient déjà été fermés après la journée du 15 mai.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 4 mois
La Constitution reconnaît le droit de s'associer, de se réunir paisiblement et sans armes, de pétitionner et de publier ses opinions, dans la seule limite des droits d'autrui et de la sécurité publique ; la presse ne peut en aucun cas être censurée (article 8).
Lien probable
La chronologie et plusieurs sources rendent le lien vraisemblable, sans le démontrer.
Le rétablissement des libertés fait partie des premières mesures du gouvernement né de la révolution, dont la crise a commencé par l'interdiction d'une réunion. Aucun texte lu ne date précisément ces décrets de février-mars 1848.
Tous les chiffres5 estimations, jamais moyennées
Chaque estimation garde son auteur, sa date, son périmètre et son unité. Seules celles d’un même encadré se comparent. Unités présentes : barricades, banquets, morts. Elles ne se comparent pas entre elles.
Parisbarricades
1 512
Relevé selon le plan du colonel du génie LeblancColonel du génie Leblanc, « Plan des barricades de février »
Barricades élevées dans Paris en février 1848 — Chiffre inscrit dans le cartouche du plan, avec 1 277 000 pavés remués et 4 013 arbres abattus. La feuille porte une cote de dépôt légal de 1850 : c’est un bilan dressé après coup, dont la méthode n’est pas connue.
France entièrebanquets
environ 70
Relevé selon l'encyclopédie Larousse
Banquets de la campagne de 1847-1848
une « grosse cinquantaine »
Relevé selon des chercheursJacqueline Lalouette (Clio, 2001)
Banquets réformistes de 1847-1848
Écart entre ces chiffres : du simple au 1,4. Lire le périmètre de chacun avant de comparer ; aucun n’est retenu comme le bon.
Paris, boulevard des Capucinesmorts
52
Estimation selon l'encyclopédie Larousse
Morts de la fusillade du boulevard des Capucines
une vingtaine
Estimation selon la presseHerodote.net (Alban Dignat)
Morts de la fusillade du boulevard des Capucines
Écart entre ces chiffres : du simple au 2,6. Lire le périmètre de chacun avant de comparer ; aucun n’est retenu comme le bon.
Ce qu’on ne sait pas, ou mal8 limites
- Le nombre de morts de la fusillade du 23 février varie selon les sources : 52 (Larousse), « une vingtaine » (Herodote.net), « de 35 à plus de 50 » (Wikipédia, d'après un ouvrage de 1949). Aucune étude d'historien lue ne tranche, et le bilan total des journées de février n'a pas été trouvé dans une source fiable.
- La date et le lieu de la proclamation de la République diffèrent : 24 février au (Assemblée nationale), nuit du 24 à l'Hôtel de Ville (Herodote.net), 25 février (Larousse) ; proclamation officielle par l'Assemblée le 4 mai.
- Le nombre de varie : environ 70 (Larousse), une « grosse cinquantaine » de banquets réformistes (J. Lalouette). Le nombre de convives n'est pas connu.
- Aucune source lue ne donne le nombre d'électeurs inscrits après le décret du 5 mars 1848, ni le taux exact de participation du 23 avril (seulement « abstention inférieure à 20 % »).
- Les textes originaux des décrets (25 février, 5 mars, 27 avril 1848) n'ont pas pu être lus sur Gallica (accès refusé) ; le décret du 5 mars est connu par les extraits qu'en donne l'Assemblée nationale.
- Effectifs des : seule la mention de « quelque 120 000 ouvriers » (Universalis, article lu en partie) a été retenue. La date du décret de démantèlement varie (adopté le 20 juin selon Universalis, « décret du 21 juin » selon le Larousse, publié le 22). Les âges visés diffèrent aussi : 18 à 25 ans (Universalis), moins de 25 ans (Larousse). Les dates du 25 février () et du 27 février (ouverture des ateliers) ne sont données que par Wikipédia.
- Le bilan de juin 1848 reste incertain : environ 4 000 insurgés et 1 600 soldats tués selon le Larousse, « des milliers » d'insurgés selon Universalis ; 4 300 ou 4 348 déportés en Algérie.
- Universalis mentionne l'arrestation de Blanqui et de Raspail parmi les mesures qui suivent juin, sans date précise ; faute de confrontation, ces arrestations ne sont pas reprises.
Sources19 références · 9 juillet 1847 – 23 juin 1848
Chaque numéro dans le texte renvoie à l’une de ces références. La barre indique la nature de la source, du texte officiel à la synthèse encyclopédique : ce n’est pas une note de fiabilité.
- Texte officiel ou archive 2
- Institution publique ou patrimoniale 7
- Travaux de recherche 3
- Presse 1
- Synthèse encyclopédique 6
- 1Institution publique ou patrimoniale
De 1815 à 1848 : la monarchie censitaire, triomphe des notables (site extérieur)
Assemblée nationale
Cens de 200 francs depuis 1831, 246 000 électeurs en août 1846 (2,4 % des Français majeurs), réforme électorale posée dix fois de 1841 à 1847 et refusée par Guizot.
- 2Institution publique ou patrimoniale
Une révolution sur fond de revendications électorales (site extérieur)
Assemblée nationale
Banquets d'abord tolérés puis interdits, rassemblement du 22 février 1848, renvoi de Guizot et fusillade du 23, abdication du 24 et proclamation de la République au Palais Bourbon, gouvernement provisoire.
- 3Institution publique ou patrimoniale
Assemblée nationale
Décret du 5 mars 1848 (suffrage universel et direct, 21 ans, six mois de résidence), élections du 23 avril avec moins de 20 % d'abstention, résultats favorables aux conservateurs, proclamation officielle de la République le 4 mai.
- 4Institution publique ou patrimoniale
La Constitution de la IIe République consacre le suffrage universel masculin (site extérieur)
Assemblée nationale
Élection de Louis-Napoléon Bonaparte le 10 décembre 1848 au suffrage universel avec 5,5 millions de voix.
- 5Institution publique ou patrimoniale
La loi du 3 juin 1850 rogne le suffrage universel (site extérieur)
Assemblée nationale
Loi adoptée le 31 mai et promulguée le 3 juin 1850, durcissant les conditions de résidence ; le nombre d'électeurs baisse d'un tiers.
- 6Institution publique ou patrimoniale
Le coup d'État du 2 décembre 1851 (site extérieur)
Assemblée nationale
Le 2 décembre 1851, une affiche annonce la dissolution de l'Assemblée et « le suffrage universel rétabli » ; 76 représentants républicains sont exilés.
- 7Texte officiel ou archive
Constitution de 1848, IIe République (site extérieur)
Conseil constitutionnel
Texte de la Constitution : libertés de réunion, d'association et de presse, censure interdite (art. 8) ; liberté du travail et travaux publics pour les « bras inoccupés », sans droit au travail proclamé (art. 13, préambule VIII) ; suffrage direct et universel sans cens à 21 ans (art. 24-25).
- 8Synthèse encyclopédique
Constitution française du 4 novembre 1848 (site extérieur)
Wikipédia
Date du vote de la Constitution (4 novembre 1848) et de son abrogation (14 janvier 1852) ; dates seulement.
- 9Synthèse encyclopédique
Ateliers nationaux (site extérieur)
Wikipédia
Proclamation du droit au travail par le gouvernement provisoire le 25 février 1848 ; ateliers considérés comme ouverts le 27 février ; fermeture votée le 20 juin, appliquée le 21, publiée au Moniteur le 22 ; dates seulement.
- 10Synthèse encyclopédique
Révolution française de 1848 (site extérieur)
Wikipédia
Fusillade du boulevard des Capucines : « de 35 à plus de 50 tués, selon les sources » ; confrontation seulement, pas de chiffre retenu seul.
- 11Institution publique ou patrimoniale
Victor Schœlcher : les abolitions (site extérieur)
Sénat
Commission du 4 mars 1848 présidée par Schœlcher, décret du 27 avril applicable deux mois après promulgation, révoltes de Martinique du 22 mai et proclamations anticipées en Martinique (23 mai) et en Guadeloupe (27 mai).
- 12Synthèse encyclopédique
Révolution française de 1848 (site extérieur)
Encyclopédie Larousse
Déroulé des 22-24 février, 52 morts boulevard des Capucines, proclamation de la République datée du 25 février, composition du gouvernement provisoire, mesures (droit au travail, ateliers nationaux, peine de mort politique le 26 février, libertés), report des élections après le 17 mars, clubs d'extrême gauche fermés après le 15 mai, décret du 21 juin, bilan de juin.
- 13Synthèse encyclopédique
Campagne des banquets (site extérieur)
Encyclopédie Larousse
Campagne de juillet 1847 à février 1848, environ 70 banquets, menée par Odilon Barrot pour une réforme électorale et parlementaire ; interdiction par Guizot du cortège et du banquet du 22 février 1848.
- 14Synthèse encyclopédique
Journées de juin 1848 (site extérieur)
Émilien Constant · Encyclopædia Universalis
Décret préparé le 24 mai, adopté le 20 juin, publié au Moniteur le 22 ; environ 120 000 ouvriers des ateliers ; plus de 15 000 arrestations, 4 348 déportés en Algérie ; suppression des ateliers le 3 juillet ; clubs fermés, journaux interdits et presse restreinte après juin.
- 15Presse
22 février 1848 : insurrection républicaine à Paris (site extérieur)
Alban Dignat · Herodote.net · publié le 22 février 2024
Banquets à partir du 9 juillet 1847 (« pas moins de 70 ») ; fusillade du soir du 23 février devant le ministère des Affaires étrangères, « une vingtaine de morts » ; abdication et proclamation d'un gouvernement républicain à l'Hôtel de Ville.
- 16Travaux de recherche
Les femmes dans les banquets politiques en France (vers 1848) (site extérieur)
Jacqueline Lalouette · Clio. Femmes, Genre, Histoire (OpenEdition), n° 14 · publié le 2001
Les banquets réformistes commencent le 9 juillet 1847 ; une « grosse cinquantaine » de banquets ; l'interdiction du banquet parisien prévu le 22 février 1848 précède les journées de Février.
- 17Travaux de recherche
Alexandre Frondizi · Revue d'histoire du XIXe siècle (OpenEdition), n° 50 · publié le 2015
Thèse de S. Hayat : conceptions inclusive et exclusive de la représentation ; institutions de la « République de Février » (Garde nationale, commission du Luxembourg, clubs), auxquelles Frondizi ajoute les ateliers nationaux ; pour Frondizi, la rupture tient peut-être aux élections d'avril, et la fermeture des ateliers déclenche la prise d'armes de juin.
- 18Travaux de recherche
Samuel Hayat, 1848 : Quand la République était révolutionnaire (compte rendu) (site extérieur)
Marie Trébous · Lectures (OpenEdition) · publié le 19 janvier 2015
Opposition entre république modérée et république démocratique et sociale de février à juin, rendue publique par les manifestations des 17 mars, 16 avril et 15 mai ; rôle de la commission du Luxembourg, de la Garde nationale et des clubs, qui se multiplient.
- 19Texte officiel ou archive
Plan des barricades de février [1848], d'après le colonel du génie Leblanc (site extérieur)
Leblanc (colonel du génie) · Bibliothèque nationale de France, via Wikimedia Commons
Le plan annonce 1 512 barricades, 1 277 000 pavés remués et 4 013 arbres abattus lors des journées de février 1848.






































