
Ve République, 1981-1999 · 24 novembre – 15 décembre 1995 · France entière, Paris, Île-de-France
Grèves de novembre-décembre 1995 contre le plan Juppé
Trois semaines de grève dans les transports et les services publics contre un plan de réforme des retraites et de la Sécurité sociale annoncé le 15 novembre 1995.
Au pouvoir
, président de la République depuis 1995
, Premier ministre depuis 1995
L’essentiel
- Ce qu’ils demandaient
Retrait du « » : réforme des retraites des fonctionnaires et des , réforme de la Sécurité sociale, de la .
- Combien ils étaient
2 millions de manifestants
Estimation selon les syndicats
5 chiffres à comparer- Ce qu’ils ont obtenu
Partiellement obtenue
2 demandes obtenues, sur 3
Les 10 et 11 décembre 1995, le gouvernement renonce à toucher aux de retraite puis enterre le ; un mois après la présentation du , il renonce à sa réforme des retraites. Le volet Sécurité sociale est maintenu : et de 1996.
Changement : retrait annoncé 16 jours après la demande du 24 novembre 1995
Ce qui était en jeu
3 demandes, et ce qu’il en est advenu.
Retrait de la réforme des retraites des fonctionnaires et des
Le plan prévoit de porter de 37,5 à 40 ans la des fonctionnaires et d'allonger celle des (, …), dont l'étude est confiée à une commission. Les fédérations de fonctionnaires appellent à protester dès l'annonce, le 15 novembre, puis à la grève le 24 novembre.
ObtenueObtenue à l'issue du mouvement de 1995 : le gouvernement annonce le 10 décembre 1995 qu'il ne touchera pas aux et renonce, un mois après l'annonce du plan, à sa réforme des retraites. Le 30 décembre, le précise que la ne peut viser à aucun titre les régimes spéciaux de retraite. La loi du 21 août 2003 porte pourtant à 40 ans la des fonctionnaires.
Abandon du État- 1996-2000
Les syndicats de cheminots rejettent le projet présenté le 17 novembre, qui prévoit la maîtrise des salaires, des gains de productivité, moins d'investissements et un transfert progressif aux régions de la responsabilité financière des transports régionaux.
ObtenueLe 11 décembre 1995, le gouvernement « enterre » le , selon un récit rétrospectif du JDD (2019). Une base de données universitaire américaine parle plutôt d'un report des mesures de restructuration du réseau. Le contenu exact de la décision n'a pas été vérifié dans une source de l'époque.
Retrait du plan de réforme de la Sécurité sociale
La , et la exigent le retrait de l'ensemble du plan, y compris la réforme de la Sécurité sociale : prélèvement pour la dette sociale, gel des prestations familiales, vote annuel du Parlement, encadrement des caisses gérées par les syndicats et le patronat.
Non obtenueLe volet Sécurité sociale est mis en œuvre par , après une adoptée grâce au . La (CRDS) est créée en janvier 1996 ; la du 22 février 1996 crée les .
Comment c’est arrivé
12 moments clés. Touchez un moment pour le détail.
Grève générale de la fonction publique contre le gel des salaires
Appelée par sept fédérations de fonctionnaires, rejointe par les entreprises publiques.
Alain Juppé présente son plan pour la Sécurité sociale et les retraites
Le gouvernement de l'Assemblée nationale ; les fédérations de fonctionnaires appellent à protester.
Projet de contrat de plan État-SNCF présenté aux syndicats
Anne-Marie Idrac présente le projet pour 1996-2000.
Première grande journée de grève ; la grève est reconduite à la SNCF
Les syndicats de cheminots appellent à poursuivre la grève ; près de 500 000 manifestants selon l'Encyclopædia Universalis.
Journée interprofessionnelle de FO ; trafic ferroviaire presque bloqué
, soutenue par la et la , appelle à la grève contre la réforme de la Sécurité sociale.
Le gouvernement décide de recourir au 49-3 pour la loi d'habilitation
Délibération du sur l'.
Alain Juppé renonce à toucher aux régimes spéciaux de retraite
Annonce télévisée ; selon le JDD, le de la est enterré le lendemain.
Manifestations : 2 millions selon les syndicats
Le même jour, la est considérée comme adoptée par l'Assemblée nationale.
Fin de la mobilisation et reprise progressive des transports
L'INA situe la mobilisation du 24 novembre au 15 décembre.
Promulgation de la loi autorisant la réforme de la Sécurité sociale par ordonnances
Loi n° 95-1348, validée sous réserves par le le même jour.
Ordonnance créant la CRDS et la caisse d'amortissement de la dette sociale
Ordonnance n° 96-50, publiée au du 25 janvier 1996.
Révision constitutionnelle créant les lois de financement de la Sécurité sociale
Adoptée par le le 19 février 1996.
Ce qu’on peut en dire
Le lien entre la mobilisation et le résultat, tel que les sources le discutent.
InterprétationLe bilan est double. Pendant la grève, concentrée dans les transports, les entreprises publiques et la fonction publique, le gouvernement renonce aux mesures qui touchaient directement ces salariés : retraites des fonctionnaires (à une date que les sources ne précisent pas) et des , de la . En revanche, le volet Sécurité sociale, contre lequel la , et la appelaient aussi à se mobiliser, est appliqué par dans les mois suivants. Rémi Azemar, dans sa thèse, résume ce dénouement comme une « victoire limitée des grévistes ».
La ne permet pas de toucher aux : en la validant, le précise que sa disposition sur les pensions ne peut viser ces régimes « à un titre quelconque ». Les huit domaines ouverts aux portent sur la revalorisation des pensions du régime général, les prestations familiales, la maîtrise des dépenses de santé, certains prélèvements, l'hôpital, l'organisation des caisses, la dette sociale et le Fonds de solidarité vieillesse.
La partie maintenue du plan transforme le pilotage de la protection sociale. Depuis la de février 1996, le Parlement vote des , qui fixent des objectifs de dépenses. La est créée pour une durée limitée : jusqu'au 31 janvier 2009 pour les revenus d'activité.
Pour aller plus loin
Le récit complet8 paragraphes
Élu en mai 1995 en promettant de réduire la « », Jacques Chirac annonce le 26 octobre à la télévision que la réduction des déficits devient la priorité. Le 10 octobre, une grève appelée par sept fédérations de fonctionnaires contre le gel des salaires de 1996 a été suivie par environ 55 % des agents : c'est la première de la fonction publique depuis avril 1990.
Le 15 novembre 1995, le Premier ministre Alain Juppé présente à l'Assemblée nationale son plan pour la Sécurité sociale, dont le déficit cumulé est projeté à 230 milliards de francs fin 1995. Il prévoit notamment un prélèvement de 0,5 % sur tous les revenus pour rembourser la dette sociale, le passage de 37,5 à 40 ans de cotisation pour les fonctionnaires, le gel des prestations familiales en 1996 et un vote annuel du Parlement sur les dépenses sociales, qui suppose une .
Le 17 novembre, la secrétaire d'État aux Transports, Anne-Marie Idrac, présente aux syndicats un projet de État- pour 1996-2000. Il vise à redresser les comptes d'une entreprise endettée de 175 milliards de francs, par la maîtrise des salaires, des gains de productivité et moins d'investissements. Les syndicats de cheminots le rejettent et, le 24 novembre, appellent à poursuivre une grève très suivie.
La journée du 24 novembre réunit fonctionnaires, agents d'EDF-GDF, de La Poste, de France Télécom, de la et de la , ainsi que des étudiants et des salariés du privé. Les syndicats sont divisés : la , (Force ouvrière), la (Fédération syndicale unitaire) et d'autres exigent le retrait du plan ; la , dont la direction approuve les grandes orientations du plan, la et la refusent de le rejeter en bloc.
Un mouvement étudiant pour davantage de moyens se développe en parallèle dans les universités de province. Le 21 novembre, plus de 100 000 étudiants et lycéens manifestent ; le 30 novembre, environ 40 universités sur 90 sont touchées par la grève et des étudiants défilent avec des salariés du secteur public.
Trains et métros s'arrêtent : la grève des transports bloque les déplacements en Île-de-France pendant environ trois semaines. Le gouvernement organise des transports de substitution, comme des bateaux-bus sur la Seine, et certaines entreprises font travailler des salariés à domicile.
Selon un sondage cité par l'INA, sans précision d'institut, 58 % des Français jugent le mouvement légitime. Le 10 décembre, Alain Juppé annonce à la télévision qu'il ne touchera pas aux de retraite ; le lendemain, selon le JDD, il « enterre » le de la . Le 12 décembre, les syndicats annoncent 2 millions de manifestants dans le pays. Le mouvement prend fin vers le 15 décembre.
Pour la Sécurité sociale, le gouvernement choisit les . Il (, de la Constitution) sur le d'habilitation, considéré comme adopté par l'Assemblée nationale le 12 décembre 1995, le jour même où les syndicats annoncent 2 millions de manifestants. Le texte est définitivement adopté les 19 et 20 décembre et le 30 décembre.
Chaque demande, étape par étapedemande, réponse, décision, application
Chaque fil suit une revendication de sa formulation à son bilan. Le style du trait dit la solidité du lien entre la mobilisation et le résultat.
- Demande
- Étape qui réalise la demande
- Autre décision d’une autorité
- Réponse (annonce, réunion, refus)
- Lien direct
- probable
- discuté ou indéterminé
Revendication 1/3
Retrait de la réforme des retraites des fonctionnaires et des régimes spéciaux
Le plan prévoit de porter de 37,5 à 40 ans la durée de cotisation des fonctionnaires et d'allonger celle des régimes spéciaux (SNCF, RATP…), dont l'étude est confiée à une commission. Les fédérations de fonctionnaires appellent à protester dès l'annonce, le 15 novembre, puis à la grève le 24 novembre.
ObtenueObtenue
Obtenue à l'issue du mouvement de 1995 : le gouvernement annonce le 10 décembre 1995 qu'il ne touchera pas aux régimes spéciaux et renonce, un mois après l'annonce du plan, à sa réforme des retraites. Le 30 décembre, le Conseil constitutionnel précise que la loi d'habilitation ne peut viser à aucun titre les régimes spéciaux de retraite. La loi du 21 août 2003 porte pourtant à 40 ans la durée de cotisation des fonctionnaires.
- Demande15 nov. 1995
- Demande24 nov. 1995
- Réponse29 nov. 1995
- Retrait (réalise la demande)10 déc. 1995
- Bilan30 déc. 1995
- Bilan21 août 2003
Voir les 6 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien probable
Annonce du plan ; les fédérations de fonctionnaires appellent aussitôt à protester contre l'allongement de la durée de cotisation.
- Délai depuis l’étape précédente : + 9 jours
Journée de grève des fonctionnaires (sauf FO) contre la réforme des retraites, rejointe par les entreprises publiques. Participation de 37 % chez les fonctionnaires.
- Délai depuis l’étape précédente : + 5 jours
En installant une commission sur les régimes spéciaux de retraite, Alain Juppé juge les réformes « incontournables ».
- Délai depuis l’étape précédente : + 11 jours
Après seize jours de conflit, Alain Juppé annonce à la télévision qu'il ne touchera pas aux régimes spéciaux de retraite. D'autres synthèses datent cette annonce du 11 décembre. Selon l'INA, qui ne donne pas de date, Alain Juppé renonce aussi, « un mois après sa présentation », à son plan de réforme des retraites.
- Délai depuis l’étape précédente : + 20 jours
Le Conseil constitutionnel juge que la loi d'habilitation ne peut viser « à un titre quelconque » les régimes spéciaux de retraite, ni modifier les droits qui en résultent (réserve d'interprétation, considérant 16).
- Délai depuis l’étape précédente : + 7,6 ans
Prolongement : la loi n° 2003-775 fixe à 160 trimestres (40 ans) la durée exigée des fonctionnaires pour obtenir le pourcentage maximum de la pension (article 51).
Lien probable
La chronologie et plusieurs sources rendent le lien vraisemblable, sans le démontrer.
Le recul intervient en pleine grève des transports, après seize jours de conflit selon le JDD, et porte précisément sur la revendication des grévistes des entreprises publiques. L'INA décrit un gouvernement « au pied du mur » face à la grève. Dans sa thèse (2024, lue en résumé), Rémi Azemar parle d'une « victoire limitée des grévistes ». Aucune déclaration officielle de 1995 n'a été consultée pour connaître les motifs avancés par le gouvernement.
Revendication 2/3
Abandon du contrat de plan État-SNCF 1996-2000
Les syndicats de cheminots rejettent le projet présenté le 17 novembre, qui prévoit la maîtrise des salaires, des gains de productivité, moins d'investissements et un transfert progressif aux régions de la responsabilité financière des transports régionaux.
ObtenueObtenue
Le 11 décembre 1995, le gouvernement « enterre » le contrat de plan, selon un récit rétrospectif du JDD (2019). Une base de données universitaire américaine parle plutôt d'un report des mesures de restructuration du réseau. Le contenu exact de la décision n'a pas été vérifié dans une source de l'époque.
- Demande20 nov. 1995
- Réponse28 nov. 1995
- Retrait (réalise la demande)11 déc. 1995
Voir les 3 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien probable
Les syndicats de cheminots dénoncent une concertation factice et l'absence d'engagement de l'État.
- Délai depuis l’étape précédente : + 8 jours
Alain Juppé annonce que l'État versera 37 milliards de francs en 1996 pour alléger la dette de la SNCF, jusqu'à 135 milliards au total. Les syndicats jugent ces propositions insuffisantes ; le trafic est presque entièrement bloqué.
- Délai depuis l’étape précédente : + 13 jours
Selon le JDD, le gouvernement « enterre » le contrat de plan de la SNCF au lendemain de l'annonce sur les régimes spéciaux. Une autre synthèse évoque un simple report des mesures sur le réseau ferroviaire.
Lien probable
La chronologie et plusieurs sources rendent le lien vraisemblable, sans le démontrer.
L'abandon survient pendant la grève reconductible des cheminots, qui visait ce contrat. Mais il n'est documenté que par un récit de presse rétrospectif et une synthèse étrangère, qui ne le qualifient pas de la même façon (abandon ou report) : ni le texte de l'annonce ni une source de 1995 n'ont pu être consultés.
Revendication 3/3
Retrait du plan de réforme de la Sécurité sociale
La CGT, FO et la FSU exigent le retrait de l'ensemble du plan, y compris la réforme de la Sécurité sociale : prélèvement pour la dette sociale, gel des prestations familiales, vote annuel du Parlement, encadrement des caisses gérées par les syndicats et le patronat.
Non obtenueNon obtenue
Le volet Sécurité sociale est mis en œuvre par ordonnances, après une loi d'habilitation adoptée grâce au 49-3. La contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) est créée en janvier 1996 ; la révision constitutionnelle du 22 février 1996 crée les lois de financement de la Sécurité sociale.
- Demande29 nov. 1995
- Réponse6 déc. 1995
- Vote12 déc. 1995
- Vote20 déc. 1995
- Promulgation30 déc. 1995
- Application24 janv. 1996
- Promulgation22 févr. 1996
Voir les 7 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien indéterminé
La CGT, FO, la FSU et d'autres organisations exigent le retrait du plan et envisagent une grève généralisée.
- Délai depuis l’étape précédente : + 7 jours
Le Conseil des ministres délibère sur l'engagement de la responsabilité du gouvernement sur le projet de loi d'habilitation (article 49, alinéa 3).
- Délai depuis l’étape précédente : + 6 jours
Le projet de loi d'habilitation est considéré comme adopté en première lecture par l'Assemblée nationale, sans vote, en application du 49-3.
- Délai depuis l’étape précédente : + 8 jours
Après un rejet par le Sénat et une commission mixte paritaire, l'Assemblée adopte le texte le 19 décembre et le Sénat le 20 décembre.
- Délai depuis l’étape précédente : + 10 jours
Le Conseil constitutionnel déclare la loi conforme sous réserves ; elle est promulguée le même jour (loi n° 95-1348) et autorise des ordonnances dans un délai de quatre mois.
- Délai depuis l’étape précédente : + 25 jours
L'ordonnance n° 96-50 crée la Caisse d'amortissement de la dette sociale (CADES) et la CRDS, au taux de 0,5 % sur les revenus, prévue jusqu'en 2009.
- Délai depuis l’étape précédente : + 29 jours
Après le vote du Congrès le 19 février, la loi constitutionnelle n° 96-138 crée les lois de financement de la Sécurité sociale, votées chaque année par le Parlement.
Lien indéterminé
Les sources disponibles ne permettent pas d’établir le lien.
La mobilisation n'a pas obtenu le retrait du volet Sécurité sociale. Les sources consultées ne permettent pas de dire si elle a modifié son contenu : la loi d'habilitation reprend les grands domaines annoncés le 15 novembre.
Tous les chiffres5 estimations, jamais moyennées
Chaque estimation garde son auteur, sa date, son périmètre et son unité. Seules celles d’un même encadré se comparent. Unités présentes : taux de participation des fonctionnaires, étudiants et lycéens, manifestants. Elles ne se comparent pas entre elles.
Fonction publique, France entièretaux de participation des fonctionnaires
55 % de grévistes
Estimation estimation rapportée par l'Encyclopædia Universalis, sans précision d'origine
Grève de la fonction publique du 10 octobre (avant le plan) — Grève contre le gel des salaires, antérieure à l'annonce du plan.
Paris et provinceétudiants et lycéens
plus de 100 000
Estimation chiffre rapporté par l'Encyclopædia Universalis, estimateur non précisé
Journée nationale étudiante du 21 novembre
France entièremanifestants
près de 500 000
Estimation chiffre rapporté par l'Encyclopædia Universalis, estimateur non précisé
Journée de grève et de manifestations du 24 novembre
Fonction publique, France entièretaux de participation des fonctionnaires
37 % de grévistes
Estimation estimation rapportée par l'Encyclopædia Universalis, sans précision d'origine
Participation des fonctionnaires le 24 novembre
France entièremanifestants
2 millions
Estimation selon les syndicats
Manifestations du 12 décembre — Aucune estimation policière n'a pu être vérifiée dans une source consultée. Le chiffre syndical lui-même varie : une base de données universitaire américaine attribue aux syndicats « près de 1 million » de participants ce jour-là.
Ce qu’on ne sait pas, ou mal8 limites
- Aucune estimation policière des manifestations n'a pu être vérifiée. Le chiffre de 1 million pour le 12 décembre, donné par Wikipédia d'après Le Nouvel Obs, n'a pas pu être consulté et n'est pas repris. Le chiffre syndical du 12 décembre varie lui-même selon les synthèses : 2 millions (INA), 2,2 millions (tableau de Wikipédia), « près de 1 million » (base de données de Swarthmore College).
- Le nombre de journées de grève calculé par la Dares (service statistique du ministère du Travail) n'a pas pu être vérifié : le site de la Dares était indisponible. Wikipédia donne deux chiffres différents (5 millions dans un article, 6 millions dans un autre), d'après un article de L'Humanité de 1996 non consulté.
- La date de l'annonce sur les diffère selon les sources : 10 décembre (JDD, 2019) ou 11 décembre (Wikipédia). Wikipédia mentionne aussi un retrait général de la réforme des retraites le 15 décembre et un « sommet social » le 21 décembre, non confirmés par une autre source consultée.
- Les décisions de décembre 1995 ne sont documentées que par des récits rétrospectifs (INA 2023, JDD 2019) et des synthèses. Ni les déclarations d'Alain Juppé ni la presse de l'époque n'ont pu être lues : Le Monde, Libération, Le Point, Le Monde diplomatique et le site de discours de Vie publique étaient inaccessibles.
- Les travaux de chercheurs (Josette Trat, 1997 ; thèse de Rémi Azemar, 2024 ; articles de Cairn) n'ont pu être lus qu'en résumé ou pas du tout. La seule lecture d'historien citée, la « victoire limitée » selon Azemar, vient du résumé de sa thèse.
- Le dossier ne retrace pas les réformes ultérieures des , faute de source consultée sur ce point ; pour les fonctionnaires, seule la loi du 21 août 2003 est mentionnée. Le résultat « obtenue » vaut pour le recul de décembre 1995.
- La date et le contenu exact du renoncement à l'allongement de la des fonctionnaires ne sont établis par aucune source lue, hormis la mention non recoupée de Wikipédia (15 décembre).
- Le JDD (2019) écrit que le est « enterré » ; la base de Swarthmore College parle d'un report. Le dossier ne tranche pas entre abandon définitif et suspension.
Sources20 références · 10 octobre 1995 – 22 février 1996
Chaque numéro dans le texte renvoie à l’une de ces références. La barre indique la nature de la source, du texte officiel à la synthèse encyclopédique : ce n’est pas une note de fiabilité.
- Texte officiel ou archive 6
- Institution publique ou patrimoniale 4
- Travaux de recherche 2
- Presse 1
- Synthèse encyclopédique 7
- 1Texte officiel ou archive
Loi n° 2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites (site extérieur)
Légifrance (JORF n° 193 du 22 août 2003) · publié le 22 août 2003
Le nombre de trimestres nécessaires pour obtenir le pourcentage maximum de la pension civile ou militaire est fixé à 160 (article 51) ; loi du 21 août 2003, publiée au JORF du 22 août 2003.
- 2Texte officiel ou archive
Légifrance (JORF n° 304 du 31 décembre 1995) · publié le 31 décembre 1995
Habilitation à réformer par ordonnances dans un délai de quatre mois (huit domaines, dont la dette sociale et l'hôpital) ; adoption par l'Assemblée le 19 décembre et par le Sénat le 20 décembre 1995, après rejet du Sénat et commission mixte paritaire.
- 3Texte officiel ou archive
Conseil constitutionnel · publié le 30 décembre 1995
Conseil des ministres du 6 décembre 1995 sur l'engagement de responsabilité (49-3) ; texte considéré comme adopté par l'Assemblée le 12 décembre ; réserve excluant les régimes spéciaux de retraite ; conformité sous réserves.
- 4Texte officiel ou archive
Légifrance (JORF n° 21 du 25 janvier 1996) · publié le 25 janvier 1996
Création de la Caisse d'amortissement de la dette sociale et de la CRDS au taux de 0,5 %, sur les revenus d'activité jusqu'au 31 janvier 2009.
- 5Texte officiel ou archive
Légifrance (JORF n° 46 du 23 février 1996) · publié le 23 février 1996
Création des lois de financement de la Sécurité sociale, qui déterminent les conditions de son équilibre financier et fixent des objectifs de dépenses.
- 6Texte officiel ou archive
Loi constitutionnelle n° 96-138 du 22 février 1996 (révisions constitutionnelles) (site extérieur)
Conseil constitutionnel
Adoption par l'Assemblée le 25 janvier 1996, par le Sénat le 7 février, par le Congrès le 19 février 1996.
- 7Institution publique ou patrimoniale
Contestation sociale : le spectre des grèves de 1995 (site extérieur)
INA (L'INA éclaire l'actu) · publié le 20 janvier 2023
Plan du 15 novembre (durée de cotisation des fonctionnaires et des régimes spéciaux) ; plus aucun train ni métro ; 58 % jugent le mouvement légitime ; 2 millions de manifestants le 12 décembre selon les syndicats ; gouvernement « au pied du mur » ; Juppé renonce à sa réforme des retraites un mois après l'annonce.
- 8Institution publique ou patrimoniale
Des bateaux-bus sur la Seine pour voyager en temps de grève (site extérieur)
Romane Laignel Sauvage · INA (L'INA éclaire l'actu) · publié le 6 mars 2023
Mobilisation contre le plan Juppé du 24 novembre au 15 décembre 1995 ; trains arrêtés et métro parisien fermé ; navettes fluviales de substitution.
- 9Institution publique ou patrimoniale
Bateaux bus (Journal de 20 heures, France 2, 4 décembre 1995) (site extérieur)
INA · publié le 4 décembre 1995
Pendant la grève des transports publics, le gouvernement met en place des transports de substitution en Île-de-France, dont huit bateaux sur la Seine.
- 10Institution publique ou patrimoniale
Florence Dartois · INA (L'INA éclaire l'actu) · publié le 18 février 2022
La grève de novembre-décembre 1995 bloque les déplacements en Île-de-France pendant environ trois semaines ; des entreprises recourent au travail à domicile.
- 11Synthèse encyclopédique
Encyclopædia Universalis
Contenu du plan du 15 novembre ; positions des syndicats ; journée du 24 novembre (près de 500 000 manifestants, 37 % de grévistes chez les fonctionnaires) ; journée FO du 28 ; commission sur les régimes spéciaux et revendication de retrait le 29.
- 12Synthèse encyclopédique
Encyclopædia Universalis
Présentation du contrat de plan 1996-2000 par Anne-Marie Idrac ; rejet syndical ; appel à reconduire la grève le 24 ; propositions de Matignon le 28 et trafic presque bloqué.
- 13Synthèse encyclopédique
Encyclopædia Universalis
Plus de 100 000 étudiants et lycéens le 21 novembre ; environ 40 universités sur 90 en grève le 30 novembre.
- 14Synthèse encyclopédique
10-19 octobre 1995. France. Grève générale dans la fonction publique (site extérieur)
Encyclopædia Universalis
Grève du 10 octobre 1995 appelée par sept fédérations contre le gel des salaires de 1996 ; première depuis avril 1990 ; participation estimée à 55 %.
- 15Synthèse encyclopédique
26 octobre 1995. France. Changement de la politique économique et sociale (site extérieur)
Encyclopædia Universalis
Le 26 octobre 1995, Jacques Chirac fait de la réduction des déficits la priorité, avant la lutte contre la « fracture sociale ».
- 16Travaux de recherche
Retour sur l'automne chaud de 1995 (site extérieur)
Josette Trat · Cahiers du Gedisst, n° 18 (Persée) · publié le 1997
Contexte : campagne sur la « fracture sociale », priorité aux déficits le 26 octobre 1995, grève des fonctionnaires du 10 octobre.
- 17Presse
Grèves de 1995 : quand la France s'arrêta pendant près d'un mois (site extérieur)
Emmanuelle Souffi · Le Journal du dimanche · publié le 2 décembre 2019
Le 10 décembre, après seize jours de conflit, Juppé annonce à la télévision qu'il ne touchera pas aux régimes spéciaux ; le lendemain, il enterre le contrat de plan de la SNCF ; reprise des métros quelques jours après.
- 18Synthèse encyclopédique
Grèves de 1995 en France (site extérieur)
Wikipédia
Annonce sur les régimes spéciaux datée du 11 décembre ; point culminant du 12 décembre (2 millions selon les syndicats).
- 19Travaux de recherche
Rémi Azemar · HAL – theses.hal.science (notice tel-04985238) · publié le 2024
Lecture d'un chercheur : la résolution du conflit est « une victoire limitée des grévistes » ; la grève des cheminots visait le contrat de plan, dans un mouvement plus large contre le plan Juppé.
- 20Synthèse encyclopédique
French public sectors strike against the Juppé Plan, 1995 (site extérieur)
Global Nonviolent Action Database (Swarthmore College)
Synthèse en anglais : le gouvernement retire son projet sur les retraites et reporte les mesures sur le réseau ferroviaire ; près de 1 million de participants le 12 décembre selon les syndicats ; reprise du travail votée par les cheminots le 16 décembre.






































