
Ve République, jusqu’en 1980 · 22 mars – juin 1968 · France entière, Paris, Nanterre
Mai-juin 1968 : révolte étudiante et grève générale
Au printemps 1968, une révolte étudiante partie de Nanterre débouche sur une de plusieurs millions de salariés, puis sur des élections anticipées.
Le pouvoir change
, président de la République depuis 1959
Premiers ministres : , puis le 10 juillet 1968
L’essentiel
- Ce qu’ils demandaient
Pour les étudiants, la fin de la répression et une autre université ; pour les grévistes, de meilleurs salaires et le droit syndical dans l'entreprise.
- Combien ils étaient
environ 7 millions de grévistes
Estimation selon l'historienne Michelle Zancarini-Fournel
9 chiffres à comparer- Ce qu’ils ont obtenu
Partiellement obtenue
2 demandes obtenues, 2 en partie, sur 5
Le est relevé d'environ 35 % au 1er juin 1968, une loi de décembre 1968 reconnaît la d'entreprise et la réforme l'université. Mais le n'est jamais signé, et les gaullistes sortent renforcés des élections de juin 1968.
Ce qui était en jeu
5 demandes, et ce qu’il en est advenu.
Réouverture de la Sorbonne et fin des poursuites contre les étudiants
Après l'intervention policière du 3 mai, la fermeture de la Sorbonne et les condamnations d'étudiants, l' (syndicat étudiant) et le SNESup (syndicat de l'enseignement supérieur) réclament la réouverture des , le retrait de la police et la libération des étudiants.
Partiellement obtenueLe 11 mai, Georges Pompidou annonce la réouverture de la Sorbonne et renvoie à la cour d'appel le sort des étudiants condamnés : la première demande est satisfaite, la seconde laissée à la justice. En juin, le pouvoir interdit les manifestations étudiantes et dissout onze organisations.
Hausse des salaires et du salaire minimum ()
Le salaire minimum interprofessionnel garanti () a pris du retard sur les autres salaires : de 1951 à 1967, son pouvoir d'achat n'a progressé que de 25 %, contre 103 % pour le salaire moyen. Sa revalorisation est l'une des premières revendications syndicales.
ObtenueLe passe de 2,20 F à 3 F de l'heure au 1er juin 1968, soit +35 % selon le Sénat ; les autres salaires augmentent d'environ 10 % sur l'année selon le Journal de l'année Larousse.
Droit syndical dans l'entreprise
La réclame dès l'ouverture des négociations une loi sur l'exercice des libertés syndicales dans l'entreprise.
ObtenueLa loi du 27 décembre 1968 reconnaît l'exercice du droit syndical dans toutes les entreprises et donne des droits aux et aux dans celles d'au moins 50 salariés.
Transformer l'université
Au-delà des revendications immédiates, le mouvement étudiant met en cause l'organisation des ; à Strasbourg, des étudiants proclament l'autonomie de l'université dès la mi-mai.
Partiellement obtenueLa du 12 novembre 1968 supprime les anciennes , crée des universités autonomes administrées par des conseils élus où siègent étudiants et enseignants. Beaucoup de pratiques changent peu, selon l'historien Antoine Prost.
Mettre fin au pouvoir gaulliste
Le 13 mai 1968, dix ans après le à Alger, les manifestants scandent « Dix ans, ça suffit ». Une partie du mouvement réclame le départ du général de Gaulle.
Non obtenueDe Gaulle reste et ; les élections des 23 et 30 juin donnent à l' gaulliste, à elle seule, la majorité absolue des sièges.
Comment c’est arrivé
12 moments clés. Touchez un moment pour le détail.
Occupation à Nanterre, naissance du Mouvement du 22-Mars
Des étudiants occupent la salle du conseil des professeurs de la de Nanterre.
La police dans la Sorbonne
Un rassemblement dans la cour de la Sorbonne est dispersé par la police ; 596 personnes sont appréhendées.
Nuit des barricades au Quartier latin
Environ 60 barricades sont élevées puis prises d'assaut dans la nuit du 10 au 11 mai.
Grève générale de 24 heures et grand défilé à Paris
Appel de la , de la et de la ; manifestations aussi à Lyon, Toulouse et Marseille.
Sud-Aviation, près de Nantes : première usine occupée
Les ouvriers soudent les grilles et enferment le directeur ; les occupations gagnent ensuite Renault-Cléon, les 15 ou 16 mai selon les sources.
Fin des négociations de Grenelle, texte rejeté par la base
Les négociations ouvertes le 25 mai s'achèvent le 27 au matin ; le jour même, plusieurs grandes usines refusent le texte. En fin d'après-midi, rassemblement au stade Charléty.
De Gaulle quitte Paris pour Baden-Baden
Le est annulé ; le président part sans prévenir.
Allocution radiodiffusée et dissolution de l'Assemblée
De Gaulle annonce qu'il reste et ; cortège gaulliste sur les Champs-Élysées.
Début de la reprise du travail
EDF-GDF, la et la reprennent ; l'automobile et la métallurgie restent en grève.
Trois morts autour de Flins et de Sochaux
Un lycéen se noie près de Flins en fuyant les gendarmes ; à Sochaux, deux ouvriers meurent lors d'affrontements avec les .
Manifestations interdites, onze organisations dissoutes
Un décret dissout notamment la , la FER et le .
Second tour des législatives : majorité absolue pour l’UDR
L' obtient seule la majorité absolue des sièges.
Ce qu’on peut en dire
Le lien entre la mobilisation et le résultat, tel que les sources le discutent.
InterprétationLes acquis sociaux les plus nets sont la hausse du au 1er juin 1968 et la loi du 27 décembre 1968 sur le droit syndical dans l'entreprise. Pour le salaire minimum, le lien avec la grève est établi par les textes officiels : en 1969, le gouvernement justifie la création du par le retard accumulé jusqu'en mai 1968 et par la brutalité des relèvements de Grenelle. Pour la loi syndicale, le lien repose sur le de Grenelle et sur les historiens ; le rapport parlementaire de 1968 consulté ne l'évoque pas.
InterprétationLa transforme l'organisation des universités, mais selon l'ouvrage dirigé par Bruno Poucet et David Valence, présenté par Pierre Verschueren, elle repose sur un consensus « très artificiel » obtenu par Edgar Faure, et Antoine Prost juge qu'elle change les structures plus que les usages. Michelle Zancarini-Fournel voit dans la victoire du mouvement féministe, avec les lois Veil de 1974-1975, l'exemple le plus fondamental de l'héritage de ces années.
InterprétationSur le plan politique, la crise se conclut par un renforcement du pouvoir en place : les gaullistes gagnent les élections de juin. Pour Xavier Vigna, l'héritage le plus durable se joue dans les usines, avec une décennie de grèves et de contestation de l'autorité, qui s'éteint à la fin des années 1970 avec la crise économique.
Pour aller plus loin
Le récit complet8 paragraphes, 1 image
Le 22 mars 1968, des étudiants occupent la salle du conseil des professeurs de la de Nanterre : c'est la naissance du « ». Le 2 mai, après de nouveaux incidents, le doyen ferme la faculté avec l'accord du ministre de l'Éducation nationale.
Le 3 mai, la police intervient dans la Sorbonne pour disperser un rassemblement : 596 personnes sont appréhendées selon le Journal de l'année Larousse. Les manifestations se multiplient. Dans la nuit du 10 au 11 mai, des dizaines de barricades sont dressées au puis prises d'assaut par la police ; le bilan publié au matin fait état de 367 blessés hospitalisés, dont 251 policiers, et de 468 interpellations.
Le 11 mai au soir, le Premier ministre Georges Pompidou annonce la réouverture de la Sorbonne et un réexamen rapide du sort des étudiants condamnés. Le 13 mai, la , la et la Fédération de l'éducation nationale () appellent à une de 24 heures ; à Paris, le défilé réunit 171 000 personnes selon la , plus de 800 000 selon les syndicats.
Le 14 mai, les ouvriers de Sud-Aviation près de Nantes occupent leur usine et enferment le directeur ; l'usine Renault de Cléon suit (le 15 mai selon l'INA, le 16 selon le Journal de l'année Larousse). Sans mot d'ordre central de illimitée, les arrêts de travail s'étendent ensuite à tout le pays, des grandes usines aux transports et aux postes. L'historienne Michelle Zancarini-Fournel situe le pic le 28 mai.
Du 25 au 27 mai, gouvernement, syndicats et patronat négocient au ministère des Affaires sociales, rue de Grenelle. Le texte qui en sort, souvent appelé « », est un « projet de protocole » qu'aucun syndicat ne signe : la parle de « constat ». Le 27 mai, des salariés de Renault, Citroën, Berliet ou Sud-Aviation le jugent insuffisant et poursuivent la grève.
Le 29 mai, le général de Gaulle quitte Paris sans prévenir et se rend à Baden-Baden. Le 30 mai, de retour à l', il annonce à la radio qu'il reste et nationale ; un cortège gaulliste remonte ensuite les Champs-Élysées, de la Concorde à l'Étoile.
Début juin, le travail reprend peu à peu, d'abord à EDF-GDF, à la et à la , tandis que l'automobile et la métallurgie restent en grève. Les 10 et 11 juin, près de l'usine Renault de Flins, un lycéen se noie en fuyant les gendarmes ; à Sochaux, lors d'affrontements avec les autour de l'usine Peugeot, un ouvrier est tué par balle et un autre meurt d'une chute. Le 12 juin, le gouvernement interdit les manifestations étudiantes et dissout onze organisations d'extrême gauche, dont le .
Interprétation Pour l'historien Xavier Vigna, les grèves de mai-juin 1968 sont un événement au sens fort : elles surprennent les contemporains et ouvrent un cycle d'« insubordination ouvrière » qui dure jusqu'à la fin des années 1970. Michelle Zancarini-Fournel juge, elle, l'expression « Mai 68 » réductrice, car elle ramène à un mois et à Paris un mouvement plus long et national.

Chaque demande, étape par étapedemande, réponse, décision, application
Chaque fil suit une revendication de sa formulation à son bilan. Le style du trait dit la solidité du lien entre la mobilisation et le résultat.
- Demande
- Étape qui réalise la demande
- Autre décision d’une autorité
- Réponse (annonce, réunion, refus)
- Répression
- Lien direct
- probable
- discuté ou indéterminé
Revendication 1/5
Réouverture de la Sorbonne et fin des poursuites contre les étudiants
Après l'intervention policière du 3 mai, la fermeture de la Sorbonne et les condamnations d'étudiants, l'UNEF (syndicat étudiant) et le SNESup (syndicat de l'enseignement supérieur) réclament la réouverture des facultés, le retrait de la police et la libération des étudiants.
Partiellement obtenuePartiellement obtenue
Le 11 mai, Georges Pompidou annonce la réouverture de la Sorbonne et renvoie à la cour d'appel le sort des étudiants condamnés : la première demande est satisfaite, la seconde laissée à la justice. En juin, le pouvoir interdit les manifestations étudiantes et dissout onze organisations.
- Demande6 mai 1968
- Réponse11 mai 1968
- Répression12 juin 1968
Voir les 3 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien probable
La Sorbonne est close, Nanterre fermée ; le SNESup prône la grève illimitée et des dizaines de milliers d'étudiants manifestent à Paris.
- Délai depuis l’étape précédente : + 5 jours
De retour d'Afghanistan, Georges Pompidou annonce à la télévision que la Sorbonne sera rouverte le lundi et que la cour d'appel statuera sur la libération des étudiants condamnés.
- Délai depuis l’étape précédente : + 32 jours
Un décret dissout onze organisations d'extrême gauche, dont le Mouvement du 22-Mars, et les manifestations étudiantes sont interdites.
Lien probable
La chronologie et plusieurs sources rendent le lien vraisemblable, sans le démontrer.
Les annonces du 11 mai interviennent au lendemain de la nuit des barricades et répondent aux revendications portées par l'UNEF et le SNESup ; les sources consultées convergent sur ce lien. Les intentions de Pompidou (apaisement ou calcul) ne sont pas établies ici.
Revendication 2/5
Hausse des salaires et du salaire minimum (SMIG)
Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) a pris du retard sur les autres salaires : de 1951 à 1967, son pouvoir d'achat n'a progressé que de 25 %, contre 103 % pour le salaire moyen. Sa revalorisation est l'une des premières revendications syndicales.
ObtenueObtenue
Le SMIG passe de 2,20 F à 3 F de l'heure au 1er juin 1968, soit +35 % selon le Sénat ; les autres salaires augmentent d'environ 10 % sur l'année selon le Journal de l'année Larousse.
- Demandemai 1968
- Réponse27 mai 1968
- Application (réalise la demande)1er juin 1968
- Réponse16 déc. 1969
- Bilan2 janv. 1970
Voir les 5 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien direct établi
Pendant les grèves, la revalorisation du SMIG figure parmi les premières revendications syndicales.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 1 mois
Le projet de protocole issu des réunions de Grenelle prévoit de porter le SMIG à 3 F de l'heure en juin et une hausse générale des salaires. Georges Pompidou présente ces « concessions » ; aucun syndicat ne signe le texte.
- Délai depuis l’étape précédente : + 5 jours
Le taux horaire du SMIG est porté de 2,20 F à 3 F, soit environ 520 F par mois pour 40 heures par semaine selon le Journal de l'année Larousse ; la CFDT date la mesure du 1er juin.
- Délai depuis l’étape précédente : + 18 mois
Le projet de loi du gouvernement, rapporté au Sénat le 16 décembre 1969, juge trop brutaux les relèvements de Grenelle (+35 % pour le SMIG, +50 % pour le salaire minimum agricole) et propose un nouveau mécanisme de revalorisation.
- Délai depuis l’étape précédente : + 17 jours
Prolongement : la loi n° 70-7 du 2 janvier 1970 remplace le SMIG par le SMIC, revalorisé aussi selon le salaire moyen.
Lien direct établi
Les textes officiels ou les acteurs eux-mêmes relient la mesure à la mobilisation, et les sources convergent.
La hausse est négociée pendant la grève, à Grenelle, pour y mettre fin. En 1969, le gouvernement et le Sénat présentent eux-mêmes la réforme du SMIC comme une réponse aux relèvements de Grenelle et au retard accumulé jusqu'en mai 1968.
Revendication 3/5
Droit syndical dans l'entreprise
La CFDT réclame dès l'ouverture des négociations une loi sur l'exercice des libertés syndicales dans l'entreprise.
ObtenueObtenue
La loi du 27 décembre 1968 reconnaît l'exercice du droit syndical dans toutes les entreprises et donne des droits aux sections syndicales et aux délégués syndicaux dans celles d'au moins 50 salariés.
- Demande25 mai 1968
- Réponse27 mai 1968
- Vote19 déc. 1968
- Promulgation (réalise la demande)27 déc. 1968
Voir les 4 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien probable
À l'ouverture des réunions de Grenelle, la CFDT demande une loi sur les libertés syndicales dans l'entreprise.
- Délai depuis l’étape précédente : + 2 jours
Le projet de protocole de Grenelle, qu'aucun syndicat ne signe, prévoit la reconnaissance de la section syndicale d'entreprise.
- Délai depuis l’étape précédente : + 7 mois
La commission mixte paritaire Assemblée-Sénat adopte à l'unanimité le texte final : exercice du droit syndical reconnu dans toutes les entreprises, droits pour les syndicats représentatifs dans celles d'au moins 50 salariés, délégués syndicaux protégés contre le licenciement, crédit d'heures dans celles d'au moins 150 salariés.
- Délai depuis l’étape précédente : + 8 jours
Promulgation de la loi n° 68-1179 relative à l'exercice du droit syndical dans les entreprises.
Lien probable
La chronologie et plusieurs sources rendent le lien vraisemblable, sans le démontrer.
La mesure figure dans le projet de protocole de Grenelle et la loi suit sept mois plus tard ; historiens et synthèses la relient à 1968. Mais la revendication est plus ancienne, et le texte du constat n'a pas pu être lu directement (site du ministère du Travail indisponible).
Revendication 4/5
Transformer l'université
Au-delà des revendications immédiates, le mouvement étudiant met en cause l'organisation des facultés ; à Strasbourg, des étudiants proclament l'autonomie de l'université dès la mi-mai.
Partiellement obtenuePartiellement obtenue
La loi Faure du 12 novembre 1968 supprime les anciennes facultés, crée des universités autonomes administrées par des conseils élus où siègent étudiants et enseignants. Beaucoup de pratiques changent peu, selon l'historien Antoine Prost.
- Demandemai 1968
- Vote11 oct. 1968
- Promulgation (réalise la demande)12 nov. 1968
Voir les 3 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien probable
Après le 11 mai, des étudiants occupent des locaux universitaires à Paris ; à Strasbourg, des étudiants proclament l'autonomie de l'université.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 5 mois
L'Assemblée nationale adopte la loi d'orientation par 441 voix contre 0 ; 39 députés s'abstiennent, dont 33 communistes.
- Délai depuis l’étape précédente : + 32 jours
Promulgation de la loi n° 68-978 d'orientation de l'enseignement supérieur, dite loi Edgar Faure : universités autonomes, conseils élus comprenant des étudiants, unités d'enseignement et de recherche (UER).
Lien probable
La chronologie et plusieurs sources rendent le lien vraisemblable, sans le démontrer.
Pour Pierre Verschueren, la loi Faure est « avant tout une réponse empressée à Mai 68 », rédigée à l'été 1968 ; Michelle Zancarini-Fournel la range aussi parmi les effets de 1968. Le lien est solide selon les historiens cités, mais la loi ne reprend qu'une partie des aspirations étudiantes, très diverses.
Revendication 5/5
Mettre fin au pouvoir gaulliste
Le 13 mai 1968, dix ans après le 13 mai 1958 à Alger, les manifestants scandent « Dix ans, ça suffit ». Une partie du mouvement réclame le départ du général de Gaulle.
Non obtenueNon obtenue
De Gaulle reste et dissout l'Assemblée ; les élections des 23 et 30 juin donnent à l'UDR gaulliste, à elle seule, la majorité absolue des sièges.
- Demande13 mai 1968
- Réponse30 mai 1968
- Bilan30 juin 1968
Voir les 3 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien discuté
Grève générale et manifestations sous le mot d'ordre « Dix ans, ça suffit ».
- Délai depuis l’étape précédente : + 17 jours
Dans une allocution radiodiffusée, de Gaulle annonce qu'il reste et dissout l'Assemblée nationale.
- Délai depuis l’étape précédente : + 31 jours
Au second tour, l'UDR obtient seule la majorité absolue ; communistes et Fédération de la gauche perdent environ la moitié de leurs sièges.
Lien discuté
Des historiens ou analystes en désaccord, ou d’autres causes plausibles.
Le résultat électoral est l'inverse de la demande. Michelle Zancarini-Fournel voit dans la démission de De Gaulle, en avril 1969 après un référendum perdu, un prolongement indirect de 1968 ; ce lien reste une interprétation.
Tous les chiffres9 estimations, jamais moyennées
Chaque estimation garde son auteur, sa date, son périmètre et son unité. Seules celles d’un même encadré se comparent. Unités présentes : grévistes, manifestants, blessés, interpellations, morts. Elles ne se comparent pas entre elles.
France entièregrévistes
environ 7 millions
Estimation selon l'historienne Michelle Zancarini-FournelMichelle Zancarini-Fournel (historienne), reprise par l'INA
Grévistes au plus fort de la grève (fin mai) — Ordre de grandeur donné sans méthode de comptage ; l'INA écrit « jusqu'à 7 millions ». Aucune statistique officielle consultée.
de 6 à plus de 11 millions
Estimation selon le site AcrimedAcrimed (synthèse des estimations, sans source)
Fourchette des estimations publiées (estimateurs non identifiés) — Acrimed juge le chiffre difficile à établir et ne cite pas de source. Wikipédia écrit « près de dix millions » juste avant Grenelle, chiffre sans origine vérifiée.
Écart entre ces chiffres : du simple au 1,8. Lire le périmètre de chacun avant de comparer ; aucun n’est retenu comme le bon.
Paris, Quartier latinblessés
367, dont 251 policiers
Estimation selon la presseJournal de l'année Larousse (bilan à 7 h)
Nuit des barricades (10-11 mai), blessés hospitalisés — S'y ajoutent 720 blessés légers selon la même source. D'autres synthèses donnent des chiffres voisins mais différents.
Paris, Quartier latininterpellations
468
Estimation selon la presse · Journal de l'année Larousse
Nuit des barricades (10-11 mai), interpellations
Parismanifestants
171 000
Estimation selon la police · Préfecture de police
Manifestation du 13 mai à Paris
plus de 800 000
Estimation selon les organisateurs · Syndicats organisateurs
Manifestation du 13 mai à Paris — Une autre page du même dossier Larousse écrit « près d'un million selon les organisateurs ».
Écart entre ces chiffres : du simple au 4,7. Lire le périmètre de chacun avant de comparer ; aucun n’est retenu comme le bon.
Bouches-du-Rhônegrévistes
plus de 300 000
Estimation selon des chercheursJean-Marie Guillon (historien), notice INA
Grévistes dans les Bouches-du-Rhône au plus fort (24-25 mai)
France entièregrévistes
500 000
Estimation selon la presse · Journal de l'année Larousse
Ouvriers encore en grève le 11 juin
Flins (Yvelines) et Sochaux (Doubs)morts
3
Estimation selon la presse · Journal de l'année Larousse
Morts à Flins et Sochaux (10-11 juin) — Gilles Tautin, lycéen noyé près de Flins ; Pierre Beylot, tué par balle, et Henri Blanchet, mort d'une chute, à Sochaux. Ne recense pas les autres décès de mai-juin 1968.
Ce qu’on ne sait pas, ou mal7 limites
- Le nombre de grévistes n'est pas établi : les chiffres publiés vont de 6 à plus de 11 millions, sans méthode de comptage connue. Aucune statistique du ministère du Travail de 1968 n'a pu être consultée ; le chiffre d'environ 7 millions est celui d'une historienne, pas un comptage.
- Le texte du « » sur le site du ministère du Travail était inaccessible (erreur 503) : son contenu est connu ici par l'INA, le Sénat, l'Assemblée nationale, le Journal de l'année Larousse, la et Wikipédia. L'entretien de CNRS News parle, lui, d'un protocole « signé » : il reste isolé face aux autres sources.
- Plusieurs chiffres viennent du Journal de l'année Larousse, publication contemporaine qui ne cite pas toujours ses sources (bilan de la nuit des barricades, chiffres du 13 mai). Wikipédia donne des bilans voisins mais différents.
- Le nombre de sièges gaullistes varie selon les sources et le classement des élus (environ 360 sièges sur 485 pour la majorité selon Larousse ; 292 sièges sur 487 selon Wikipédia) ; toutes deux donnent à l'UDR seule la majorité absolue.
- Les dates des morts de Sochaux varient : Larousse situe la mort de Pierre Beylot dans la nuit du 10 juin et celle d'Henri Blanchet deux jours plus tard, Wikipédia les place toutes deux le 11 juin. Les circonstances restent discutées.
- La date de l'occupation de Renault-Cléon diffère d'un jour entre l'INA (15 mai) et Larousse (16 mai).
- L'acte réglementaire portant le à 3 F au 1er juin 1968 n'a pas été lu.
Sources33 références · 22 mars – 30 juin 1968
Chaque numéro dans le texte renvoie à l’une de ces références. La barre indique la nature de la source, du texte officiel à la synthèse encyclopédique : ce n’est pas une note de fiabilité.
- Texte officiel ou archive 8
- Institution publique ou patrimoniale 4
- Travaux de recherche 3
- Presse 16
- Synthèse encyclopédique 2
- 1Texte officiel ou archive
Loi n° 68-978 du 12 novembre 1968 d'orientation de l'enseignement supérieur (site extérieur)
Légifrance · publié le 12 novembre 1968
Universités autonomes regroupant des UER, conseils élus d'enseignants, chercheurs, étudiants et personnels, président élu.
- 2Texte officiel ou archive
Légifrance · publié le 27 décembre 1968
Existence, numéro, intitulé et date de la loi sur le droit syndical dans les entreprises.
- 3Texte officiel ou archive
Décret du 30 mai 1968 portant dissolution de l'Assemblée nationale (site extérieur)
Légifrance · publié le 30 mai 1968
La dissolution de l'Assemblée nationale est décrétée le 30 mai 1968.
- 4Texte officiel ou archive
Décret du 12 juin 1968 (dissolution d'associations) (site extérieur)
Légifrance · publié le 12 juin 1968
Un décret du 12 juin 1968 porte sur des associations ; la liste des organisations dissoutes est lue sur l'original des Archives nationales.
- 5Texte officiel ou archive
Archives nationales (numérisation versée sur Wikimedia Commons) · publié le 12 juin 1968
L'article 1er du décret du 12 juin 1968 dissout onze organisations, dont la JCR, Voix ouvrière, la FER, l'UJCML, l'OCI et le Mouvement du 22 mars.
- 6Texte officiel ou archive
Jean Gravier · Sénat · publié le 18 décembre 1968
La CMP réunie le 19 décembre 1968 adopte à l'unanimité un texte reconnaissant le droit syndical dans toutes les entreprises, avec droits des syndicats représentatifs dès 50 salariés, protection et crédit d'heures des délégués syndicaux.
- 7Texte officiel ou archive
Jean Gravier · Sénat · publié le 16 décembre 1969
La revalorisation de Grenelle représente +35 % pour le SMIG et +50 % pour le salaire minimum agricole ; le rapporteur relie le retard du SMIG à la crise de mai 1968 et l'exposé des motifs du gouvernement justifie la réforme par cet écart et par les relèvements de Grenelle.
- 8Institution publique ou patrimoniale
Alexis Corbière · Assemblée nationale · publié le 16 novembre 2022
De 1951 à 1967, le pouvoir d'achat du SMIG progresse de 25 % contre 103 % pour le salaire moyen ; sa revalorisation est l'une des premières revendications de 1968 ; Grenelle (« projet de protocole d'accord ») prévoit +35 % ; la loi n° 70-7 du 2 janvier 1970 crée le SMIC.
- 9Institution publique ou patrimoniale
Dans la rue et à la télé, à quoi ressemblait la France à l'arrêt du printemps 68 (site extérieur)
Romane Laignel Sauvage · INA · publié le 28 février 2023
Jusqu'à 7 millions de grévistes ; mot d'ordre « Dix ans, ça suffit » le 13 mai, dix ans après le coup d'État d'Alger ; occupation de Sud-Aviation le 14 mai, de Renault-Cléon dès le 15 mai ; pic des grévistes le 28 mai selon M. Zancarini-Fournel ; grèves dans certains secteurs jusqu'à fin juin.
- 10Institution publique ou patrimoniale
Mai 68 : le bilan du mouvement social dans la région (site extérieur)
Jean-Marie Guillon (notice) · INA, Sudorama
Plus de 300 000 grévistes dans les Bouches-du-Rhône les 24 et 25 mai ; reprise affirmée à partir du 2 juin.
- 11Institution publique ou patrimoniale
Accords de Grenelle : hausse du SMIG (site extérieur)
INA · publié le 27 mai 1968
Le 27 mai 1968, Georges Pompidou présente les « concessions » de Grenelle, dont le SMIG porté à 3 F en juin et une hausse générale des salaires.
- 12Travaux de recherche
1968: a Turning Point in History? (site extérieur)
Philippe Testard-Vaillant (entretien avec Michelle Zancarini-Fournel) · CNRS News · publié le 17 avril 2018
Grève d'environ sept millions de salariés (sans méthode) ; l'expression « accords de Grenelle » est jugée erronée (l'entretien parle toutefois d'un protocole « signé ») ; loi de décembre 1968 sur les sections syndicales et loi Faure parmi les effets ; démission de De Gaulle en 1969 comme prolongement indirect ; victoire féministe et lois Veil comme héritage le plus fondamental.
- 13Travaux de recherche
Ouvriers en révolte, l'autre visage de mai 68 (site extérieur)
Rémy Pawin · La Vie des idées · publié le 26 mai 2008
Pour Xavier Vigna, les grèves de mai-juin 1968 sont un événement qui ouvre un cycle d'insubordination ouvrière clos à la fin des années 1970, avec la crise économique et la stratégie des syndicats.
- 14Travaux de recherche
L'interminable réforme de l'université (site extérieur)
Pierre Verschueren · La Vie des idées · publié le 13 avril 2017
Pour P. Verschueren, la loi Faure est une réponse empressée à Mai 68 ; A. Prost rappelle qu'elle est rédigée en 42 jours (7 août-19 septembre 1968) et qu'une loi change les structures, non les usages ; l'ouvrage de Poucet et Valence parle d'un consensus « très artificiel » établi par Edgar Faure.
- 15Presse
Dossier mai 1968 : les événements de mai et juin (2-3 mai) (site extérieur)
Larousse, Journal de l'année 1968
Fermeture de Nanterre le 2 mai avec l'accord du ministre ; meeting de l'UNEF dans la cour de la Sorbonne le 3 mai.
- 16Presse
Dossier mai 1968 : les événements de mai et juin (3-6 mai) (site extérieur)
Larousse, Journal de l'année 1968
596 personnes appréhendées le 3 mai ; SNESup pour la grève illimitée ; le 6 mai, Sorbonne close et dizaines de milliers d'étudiants dans la rue.
- 17Presse
Dossier mai 1968 : la nuit des barricades (site extérieur)
Larousse, Journal de l'année 1968
Environ 60 barricades ; 720 blessés légers, 367 blessés hospitalisés dont 251 policiers ; 468 interpellations.
- 18Presse
Dossier mai 1968 : du 11 au 13 mai (site extérieur)
Larousse, Journal de l'année 1968
Annonces de Pompidou le 11 mai ; autonomie proclamée à Strasbourg ; grève de 24 h le 13 mai ; 171 000 manifestants selon la préfecture, plus de 800 000 selon les syndicats.
- 19Presse
Dossier mai 1968 : du 25 au 29 mai (site extérieur)
Larousse, Journal de l'année 1968
Négociation rue de Grenelle jusqu'au 27 mai à 7 h 15 ; rejet chez Renault, Citroën, Berliet, Sud-Aviation ; rassemblement de Charléty ; départ de De Gaulle le 29 mai.
- 20Presse
Dossier mai 1968 : du 30 mai au 3 juin (site extérieur)
Larousse, Journal de l'année 1968
Retour de De Gaulle à l'Élysée après Baden-Baden, allocution de quatre minutes, dissolution de l'Assemblée, cortège gaulliste de la Concorde à l'Étoile.
- 21Presse
Dossier mai 1968 : du 3 au 9 juin (site extérieur)
Larousse, Journal de l'année 1968
Reprise du travail à EDF-GDF, à la SNCF et à la RATP ; automobile et métallurgie toujours en grève.
- 22Presse
Dossier mai 1968 : 10 et 11 juin (site extérieur)
Larousse, Journal de l'année 1968
Mort du lycéen Gilles Tautin près de Flins, mort de deux ouvriers à Sochaux ; 500 000 ouvriers encore en grève le 11 juin.
- 23Presse
Dossier mai 1968 : du 12 au 16 juin (site extérieur)
Larousse, Journal de l'année 1968
Interdiction des manifestations étudiantes et dissolution de groupes dont le Mouvement du 22-Mars ; reprise progressive dans plusieurs secteurs.
- 24Presse
Dossier mai 1968 : le raz de marée (site extérieur)
Larousse, Journal de l'année 1968
Aux élections des 23 et 30 juin, l'UDR obtient seule la majorité absolue ; la majorité compte environ 360 sièges sur 485 ; le PCF passe de 73 à 34 députés, la Fédération de 118 à 57.
- 25Presse
Dossier mai 1968 : la grève et les syndicats (site extérieur)
Larousse, Journal de l'année 1968
Occupation de Sud-Aviation le 14 mai, de Renault-Cléon le 16 mai ; la CGT n'appelle pas à la grève générale illimitée ; « près d'un million » de manifestants le 13 mai selon les organisateurs.
- 26Presse
Dossier mai 1968 : négociations au sommet (site extérieur)
Larousse, Journal de l'année 1968
Rejet du protocole par la base le 27 mai ; FO, la CFTC et la CGC ne le signent pas.
- 27Presse
Finances (1968) (site extérieur)
Larousse, Journal de l'année 1968
Le SMIG passe de 2,20 F à 3 F de l'heure (environ 520 F par mois pour 40 heures) ; hausse des salaires d'environ 10 % sur l'année.
- 28Presse
Éducation (1969) (site extérieur)
Larousse, Journal de l'année 1969
La loi d'orientation est adoptée à l'Assemblée le 11 octobre 1968 par 441 voix contre 0 et 39 abstentions (33 communistes, 6 UDR) ; elle supprime les facultés créées en 1808.
- 29Presse
Hugo Ruaud · Public Sénat · publié le 28 novembre 2020
Le discours du 30 mai 1968 est radiodiffusé ; le brouillon excluait d'abord la dissolution, avant que de Gaulle ne la décide.
- 30Presse
Mai 68 : 10 millions de grévistes, un seul survivant : Daniel Cohn-Bendit ? (site extérieur)
Denis Perais et Nadine Floury · Acrimed · publié le 21 avril 2008
Le nombre de grévistes est difficile à chiffrer : 6 à 7 millions pour certains, plus de 11 millions pour d'autres (sans source précisée).
- 31Texte officiel ou archive
Le Constat de Grenelle (site extérieur)
Union confédérale CFDT des retraités · publié le 17 avril 2018
Position de la CFDT : demande d'une loi sur les libertés syndicales dans l'entreprise ; aucun syndicat ne signe le constat ; SMIG à 3 F à partir du 1er juin ; reconnaissance de la section syndicale d'entreprise.
- 32Synthèse encyclopédique
Wikipédia
Occupation de Nanterre le 22 mars 1968 ; le 11 mai, Pompidou cède aux revendications de l'UNEF et du SNESup ; près de dix millions de grévistes juste avant Grenelle ; morts de Gilles Tautin (10 juin), Pierre Beylot et Henri Blanchet (11 juin) ; onze organisations dissoutes le 12 juin.
- 33Synthèse encyclopédique
Accords de Grenelle (site extérieur)
Wikipédia
Négociations des 25 au 27 mai ; texte intitulé « Projet de protocole d'accord », non paraphé ; la CGT parle de « constat » ; section syndicale d'entreprise reprise par la loi du 27 décembre 1968.






































