
IIIe République · 11 mai – juillet 1936 · France entière, Paris et région parisienne, Le Havre
Grèves et occupations d'usines de mai-juin 1936
Au printemps 1936, juste après la victoire électorale du , des grèves avec occupation des lieux de travail gagnent toute la France.
Le pouvoir change
, président de la République depuis 1932
Présidents du Conseil : , puis le 4 juin 1936
L’essentiel
- Ce qu’ils demandaient
Hausses de salaires, respect du droit syndical et signature de de travail.
- Combien ils étaient
2 millions de grévistes
Décompte officiel selon le ministère du Travail
4 chiffres à comparer- Ce qu’ils ont obtenu
Obtenue
3 demandes obtenues, 1 en partie, sur 4
Le 7 juin, l' accorde hausses de salaires, liberté syndicale, et . Suivent trois lois de juin 1936 : congés payés, 40 heures, conventions collectives. Les congés payés durent ; les 40 heures sont démantelées à partir de 1937-1938 puis rétablies en 1946.
Changement : accord conclu 27 jours après la demande du 11 mai 1936
Ce qui était en jeu
4 demandes, et ce qu’il en est advenu.
Hausses de salaires et respect du droit syndical
Les grévistes réclament d'abord des augmentations de salaire et la garantie de pouvoir adhérer à un syndicat sans être licencié. Au Havre, la grève part du renvoi de deux ouvriers.
ObtenueL' du 7 juin 1936 fixe des hausses de 15 % à 7 % et reconnaît la liberté syndicale ; son application reste inégale selon les employeurs.
de travail et délégués du personnel
Des accords négociés par et par région, fixant notamment des salaires minima, et des délégués élus pour porter les réclamations des salariés auprès de la direction.
ObtenuePrévus par l' puis par la loi du 24 juin 1936 ; plusieurs milliers de conventions sont signées, mais leur effet sur la condition ouvrière est jugé modeste.
Semaine de 40 heures sans baisse de salaire
Réduire la du travail, limitée à huit heures par jour depuis la loi du 23 avril 1919, pour donner du temps libre et lutter contre le chômage.
Partiellement obtenueVotée en juin 1936 et appliquée par décrets jusqu'en 1938, la semaine de 40 heures est remise en cause dès 1937 puis démantelée avant la guerre ; elle n'est rétablie qu'en 1946.
Congés annuels payés
Un congé annuel rémunéré pour tous les salariés liés à un employeur par un contrat de travail.
ObtenueLa loi du 20 juin 1936 accorde au moins quinze jours de congé payé après un an de service ; le droit est ensuite étendu à trois semaines en 1956.
Comment c’est arrivé
12 moments clés. Touchez un moment pour le détail.
Second tour des législatives : victoire du Front populaire
Après le premier tour du 26 avril, le second tour donne la majorité aux partis de gauche ; la devient le premier groupe de .
Grève avec occupation chez Bréguet, au Havre
Les ouvriers occupent l'usine après le licenciement de deux d'entre eux qui avaient le 1er mai.
Grève chez Latécoère, à Toulouse
Deuxième grève de l'aéronautique en riposte au renvoi de grévistes du 1er mai ; la méthode de l'occupation se diffuse ensuite.
Le mouvement gagne Renault et Citroën
Les grèves atteignent la région parisienne : usines Renault de Boulogne-Billancourt, Citroën à Paris.
Léon Blum forme son gouvernement
Le président de la République Albert Lebrun nomme Léon Blum. Socialistes et entrent au gouvernement ; les communistes le soutiennent sans y participer.
Discours de Léon Blum et vote de confiance
Blum annonce les projets sur les 40 heures, les et les congés payés ; lui accorde sa confiance par 384 voix contre 210.
Signature de l'accord Matignon
Patronat et signent l'accord sous l'arbitrage du , dans la nuit du 7 au 8 juin.
Dépôt de cinq projets de loi
Léon Blum dépose à les projets sur les 40 heures, les congés payés, les et deux textes financiers.
Le mouvement atteint son ampleur maximale
Malgré l', la grève continue de s'étendre jusqu'au 11 juin environ ; le musée de l'Histoire vivante situe le point culminant dans la semaine du 8 au 12 juin. La reprise est ensuite progressive.
Publication des trois lois sociales au Journal officiel
Les lois sur les congés payés (20 juin), les 40 heures (21 juin) et les (24 juin) paraissent au .
Décrets d'application des congés payés
Des centaines de milliers de salariés partent pour la première fois en vacances payées.
Grève générale contre les décrets-lois, inégalement suivie
La appelle à une grève de vingt-quatre heures contre les qui remettent en cause les acquis de 1936, dont les 40 heures.
Ce qu’on peut en dire
Le lien entre la mobilisation et le résultat, tel que les sources le discutent.
InterprétationLes grèves ont-elles arraché les réformes ? Selon l'Assemblée nationale, les mesures ont des origines diverses : les figuraient dans les revendications des grévistes mais pas dans le programme ; les 40 heures figuraient dans le programme sans chiffre ; les congés payés n'étaient ni dans l'un ni dans les autres, ce que LCP conteste pour les revendications. Serge Berstein décrit un gouvernement obligé par les grèves d'agir dans la précipitation pour désamorcer la crise ; pour Gérard Noiriel, le rapport de force a rendu légitimes des revendications jugées « utopiques ».
Les acquis n'ont pas tous la même durée. Les congés payés sont maintenus et passent à trois semaines en 1956. Les 40 heures sont assouplies dès 1937 ; avant la guerre, la semaine revient à 48 heures, avec un plafond de 60 heures, puis la loi de 1946 rétablit les 40 heures.
InterprétationLes se multiplient : plusieurs milliers sont signées entre 1936 et 1940. Pour l'historienne Laure Machu, leur effet sur la condition ouvrière reste modeste : ni la loi ni les accords n'obligent réellement à respecter les textes signés, l'employeur reste seul juge des licenciements et les conventions entérinent les écarts de salaire au détriment des ouvrières et des jeunes.
Pour aller plus loin
Le récit complet8 paragraphes, 2 images
Aux élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936, les partis de gauche réunissent environ 57 % des . Le Parti socialiste devient pour la première fois le premier groupe de , et Léon Blum devient le premier socialiste ; le Parti communiste soutient son gouvernement sans y entrer.
Le 11 mai 1936, aux usines Bréguet du Havre, les ouvriers se mettent en grève après le licenciement de deux d'entre eux qui avaient le 1er mai, alors jour non férié. La nouveauté est l'occupation des locaux de travail. Le 13 mai, une grève éclate aussi à l'usine Latécoère de Toulouse, en riposte au renvoi d'ouvriers qui avaient fait grève le 1er mai.
Le 28 mai, le mouvement atteint la région parisienne, notamment Renault à Boulogne-Billancourt et Citroën à Paris. Il touche ensuite presque tous les secteurs : métallurgie, dépôts de carburant, grands magasins et commerces, banques, assurances, taxis, cafés.
Interprétation Pourquoi occuper ? Le musée de l'Histoire vivante y voit à la fois un moyen d'empêcher les fermetures patronales () et, selon les mots de la philosophe Simone Weil, une façon de fêter la victoire de la gauche. Pour l'historien Xavier Vigna, cité par France 3, les ouvriers pensaient qu'un gouvernement de gauche ne réprimerait pas la grève ; il rappelle aussi les pertes de salaire et les tensions.
Le 7 juin 1936, à l', le patronat () et la Confédération générale du travail () signent un accord sous l'arbitrage de Léon Blum. Il prévoit des , la liberté syndicale, des hausses de salaires de 15 % à 7 % selon le niveau de salaire, des dans les établissements de plus de dix ouvriers et aucune sanction pour faits de grève.
L'accord ne fait pas refluer le mouvement : de nombreux employeurs refusent de l'appliquer, et certaines usines ne sont occupées qu'à partir de la mi-juin, voire en juillet. Le travail ne reprend que peu à peu, après des négociations par branche.
Le 9 juin, Léon Blum dépose cinq à des députés. Dix jours plus tard, ils sont votés par les deux chambres. Les lois sur les congés payés, les 40 heures et les sont promulguées les 20, 21 et 24 juin, puis paraissent au le 26 juin 1936.
Estimation Selon une exposition du musée de l'Histoire vivante, le ministère du Travail compte environ 2 millions de grévistes et 12 142 entreprises touchées, avec des occupations dans 74 % des cas ; la période couverte n'est pas précisée. L'Assemblée nationale parle de plus de 12 000 grèves, dont la moitié en région parisienne. L'encyclopédie Larousse avance un chiffre plus élevé, « près de 3 millions » de grévistes, sans en donner l'origine.


Chaque demande, étape par étapedemande, réponse, décision, application
Chaque fil suit une revendication de sa formulation à son bilan. Le style du trait dit la solidité du lien entre la mobilisation et le résultat.
- Demande
- Étape qui réalise la demande
- Autre décision d’une autorité
- Réponse (annonce, réunion, refus)
- Lien direct
- probable
- discuté ou indéterminé
Revendication 1/4
Hausses de salaires et respect du droit syndical
Les grévistes réclament d'abord des augmentations de salaire et la garantie de pouvoir adhérer à un syndicat sans être licencié. Au Havre, la grève part du renvoi de deux ouvriers.
ObtenueObtenue
L'accord Matignon du 7 juin 1936 fixe des hausses de 15 % à 7 % et reconnaît la liberté syndicale ; son application reste inégale selon les employeurs.
- Demande11 mai 1936
- Demande4 juin 1936
- Accord (réalise la demande)7 juin 1936
- Applicationjuil. 1936
Voir les 4 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien direct établi
Chez Bréguet, au Havre, la grève avec occupation exige la réintégration de deux ouvriers licenciés pour avoir chômé le 1er mai, une question de droit syndical.
- Délai depuis l’étape précédente : + 24 jours
Dans la Somme, où la grève commence le 4 juin à l'usine Auer de Feuquières, les grévistes réclament surtout des hausses de salaire et la garantie du droit syndical.
- Délai depuis l’étape précédente : + 3 jours
Accord Matignon : hausse des salaires réels du 25 mai, de 15 % pour les plus bas à 7 % pour les plus élevés, la masse salariale de chaque établissement ne pouvant croître de plus de 12 % ; liberté d'opinion et d'adhésion syndicale ; aucune sanction pour faits de grève.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 1 mois
Beaucoup d'employeurs refusent d'appliquer l'accord ; les grèves et occupations se poursuivent par endroits jusqu'en juillet, et la reprise passe par des négociations branche par branche.
Lien direct établi
Les textes officiels ou les acteurs eux-mêmes relient la mesure à la mobilisation, et les sources convergent.
L'accord est négocié pendant les grèves et pour y mettre fin : la CGT y demande aux grévistes de reprendre le travail dès que les directions l'acceptent, et le patronat renonce aux sanctions pour faits de grève.
Revendication 2/4
Contrats collectifs de travail et délégués du personnel
Des accords négociés par branche et par région, fixant notamment des salaires minima, et des délégués élus pour porter les réclamations des salariés auprès de la direction.
ObtenueObtenue
Prévus par l'accord Matignon puis par la loi du 24 juin 1936 ; plusieurs milliers de conventions sont signées, mais leur effet sur la condition ouvrière est jugé modeste.
- Demandemai 1936
- Réponse6 juin 1936
- Accord (réalise la demande)7 juin 1936
- Vote11 juin 1936
- Vote18 juin 1936
- Vote19 juin 1936
- Promulgation (réalise la demande)24 juin 1936
- Applicationdéc. 1938
- Bilanjanv. 1940
Voir les 9 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien probable
Les conventions collectives figurent parmi les revendications des grévistes de mai-juin 1936, mais pas dans le programme du Front populaire.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 1 mois
Dans son discours devant la Chambre, Léon Blum annonce le dépôt de projets de loi, dont un sur les contrats collectifs.
- Délai depuis l’étape précédente : + 1 jour
L'accord Matignon prévoit l'établissement immédiat de contrats collectifs et des délégués ouvriers dans chaque établissement de plus de dix ouvriers.
- Délai depuis l’étape précédente : + 4 jours
La Chambre des députés adopte le projet par 571 voix contre 5.
- Délai depuis l’étape précédente : + 7 jours
Le Sénat l'adopte avec modifications par 280 voix contre 2, ce qui impose une seconde lecture à la Chambre.
- Délai depuis l’étape précédente : + 1 jour
La Chambre adopte définitivement le texte, dix jours après son dépôt. Il rend obligatoire, dans les conventions négociées en commission mixte, l'élection de délégués dans les établissements de plus de dix personnes.
- Délai depuis l’étape précédente : + 5 jours
Promulgation de la loi sur les conventions collectives, publiée au Journal officiel le 26 juin ; un arrêté du ministre du Travail peut étendre certaines clauses à toute une branche.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 2,4 ans
Fin 1938, environ six mille conventions ont été signées et six cents étendues par arrêté, selon l'Assemblée nationale ; l'historienne Laure Machu parle de près de cinq mille accords entre 1936 et 1938.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 13 mois
Le Sénat compte près de six mille conventions conclues jusqu'en janvier 1940. Pour Laure Machu, elles protègent sans transformer : pas de vrai mécanisme pour les faire respecter, peu de limites au pouvoir de licencier, des inégalités maintenues, notamment entre hommes et femmes.
Lien probable
La chronologie et plusieurs sources rendent le lien vraisemblable, sans le démontrer.
Absente du programme électoral, la mesure figure dans les revendications des grévistes et dans l'accord Matignon, signé avant la loi. Elle s'appuie toutefois sur des réflexions plus anciennes : loi de 1919 et rapport de Pierre Laroque en 1934.
Revendication 3/4
Semaine de 40 heures sans baisse de salaire
Réduire la durée légale du travail, limitée à huit heures par jour depuis la loi du 23 avril 1919, pour donner du temps libre et lutter contre le chômage.
Partiellement obtenuePartiellement obtenue
Votée en juin 1936 et appliquée par décrets jusqu'en 1938, la semaine de 40 heures est remise en cause dès 1937 puis démantelée avant la guerre ; elle n'est rétablie qu'en 1946.
- Demandejanv. 1936
- Réponse6 juin 1936
- Vote12 juin 1936
- Vote18 juin 1936
- Promulgation (réalise la demande)21 juin 1936
- Application27 oct. 1936
- Retrait1937
- Retrait1938
- Bilan25 févr. 1946
Voir les 9 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien discuté
La CGT réclame une baisse de la durée du travail ; le programme du Rassemblement populaire, adopté début 1936, reprend cette demande sans la chiffrer.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 5 mois
Léon Blum annonce devant la Chambre un projet sur la semaine de 40 heures ; il le dépose le 9 juin.
- Délai depuis l’étape précédente : + 6 jours
La Chambre adopte le texte au scrutin public, avec 408 voix pour ; le nombre de voix contre diffère selon les passages de la source (100 ou 160).
- Délai depuis l’étape précédente : + 6 jours
Le Sénat adopte le texte par 176 voix contre 80.
- Délai depuis l’étape précédente : + 3 jours
La loi limite à 40 heures par semaine le travail effectif dans l'industrie et le commerce, interdit toute baisse du niveau de vie ou des salaires à ce titre et renvoie les modalités à des décrets par profession.
- Délai depuis l’étape précédente : + 4 mois
Décret pour la métallurgie : cinq journées de 8 heures ou six de 6 h 40. Des décrets d'application sont pris profession par profession, de l'automne 1936 à la fin de 1938.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 2 mois
Dès 1937, invoquant les difficultés économiques, les pouvoirs publics reviennent sur certains points de la loi : la répartition sur cinq jours est abandonnée et les heures supplémentaires sont facilitées.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 12 mois
En 1938, les décrets-lois dits Reynaud mettent à mal les 40 heures. La grève générale de vingt-quatre heures lancée par la CGT le 30 novembre 1938 contre les décrets-lois est inégalement suivie. À la veille de la guerre, la semaine revient à 48 heures.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 8,2 ans
La loi du 25 février 1946 rétablit les 40 heures, tout en autorisant jusqu'à vingt heures supplémentaires par semaine.
Lien discuté
Des historiens ou analystes en désaccord, ou d’autres causes plausibles.
Le principe figurait déjà dans les revendications de la CGT et, sans chiffre, dans le programme électoral. L'historien Serge Berstein range le partage du travail par la réduction de sa durée parmi les remèdes que Léon Blum prévoyait contre la crise, et décrit un gouvernement contraint par les grèves d'agir dans la précipitation. Les grèves pèsent donc sur le calendrier, sans être l'origine de la demande.
Revendication 4/4
Congés annuels payés
Un congé annuel rémunéré pour tous les salariés liés à un employeur par un contrat de travail.
ObtenueObtenue
La loi du 20 juin 1936 accorde au moins quinze jours de congé payé après un an de service ; le droit est ensuite étendu à trois semaines en 1956.
- Demande1907
- Vote2 juil. 1931
- Réponse6 juin 1936
- Vote11 juin 1936
- Vote17 juin 1936
- Promulgation (réalise la demande)20 juin 1936
- Application1er août 1936
- Bilan1956
Voir les 8 étapes datées et le lien de causalitéReplier les étapesLien discuté
La Fédération du sous-sol (mineurs) formule la première revendication de congés payés ; la demande revient dans de nombreuses grèves de 1928-1930.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 24,5 ans
La Chambre adopte une proposition de loi sur les congés payés ; transmise au Sénat en 1932, elle n'y est jamais examinée.
- Délai depuis l’étape précédente : + 4,9 ans
Léon Blum annonce un projet de loi sur les congés payés ; le gouvernement reprend le texte voté en 1931.
- Délai depuis l’étape précédente : + 5 jours
La Chambre adopte le texte à l’unanimité des 592 votants selon l’Assemblée nationale, qui signale des rectifications de vote publiées le 12 juin.
- Délai depuis l’étape précédente : + 6 jours
Le Sénat adopte le texte à mains levées.
- Délai depuis l’étape précédente : + 3 jours
Loi instituant un congé annuel payé : après un an de service, un congé continu d'au moins quinze jours, dont douze jours ouvrables ; publication au Journal officiel le 26 juin.
- Délai depuis l’étape précédente : + 42 jours
Les décrets d'application permettent à des centaines de milliers de salariés de partir en vacances dès l'été 1936.
- Délai depuis l’étape précédente : + env. 19,4 ans
Les congés payés sont portés à trois semaines pour tous les salariés en 1956.
Lien discuté
Des historiens ou analystes en désaccord, ou d’autres causes plausibles.
Les sources divergent. Selon l'Assemblée nationale, les congés payés ne figuraient ni dans le programme du Front populaire ni dans les revendications des grévistes ; LCP les range au contraire parmi les revendications ouvrières, absentes du programme. Un texte voté en 1931 attendait au Sénat depuis 1932 et le gouvernement le reprend. Selon LCP, le projet est déposé dans l'espoir de mettre fin aux occupations : les grèves expliquent au moins la rapidité du vote.
Tous les chiffres4 estimations, jamais moyennées
Chaque estimation garde son auteur, sa date, son périmètre et son unité. Seules celles d’un même encadré se comparent. Unités présentes : grévistes, grèves. Elles ne se comparent pas entre elles.
France entièregrévistes
2 millions
Décompte officiel selon le ministère du TravailMinistère du Travail (chiffre cité par le musée de l'Histoire vivante)
Grévistes recensés par le ministère du Travail pendant la vague de grèves — Même source : 12 142 entreprises touchées et un taux d'occupation de 74 %. L'exposition ne précise ni la période couverte ni la méthode, et la statistique originale du ministère n'a pas pu être consultée. Total de grévistes recensés par grève, pas forcément de personnes distinctes.
deux millions de grévistes, neuf mille établissements occupés
Estimation selon des chercheursGérard Noiriel, historien (cité par France 3)
Grévistes et établissements occupés, ordre de grandeur national — Ordre de grandeur cité dans un livre de synthèse, sans méthode indiquée ; rien n'indique un comptage indépendant de celui du ministère du Travail, ce n'est donc pas une confirmation séparée.
France entièregrèves
plus de 12 000
Relevé selon le dossier historique de l'Assemblée nationaleAssemblée nationale (dossier historique)
Nombre de grèves — Dont la moitié en région parisienne. La page ne précise pas la période couverte.
France entièregrévistes
deux millions
Estimation selon l'INA (article de Florence Dartois)INA (article de Florence Dartois, sans source précisée)
Grévistes le 11 juin 1936 — Présenté comme un chiffre à une date précise, alors que le chiffre du ministère porte sur une période non précisée : les deux ne mesurent pas forcément la même chose.
Ce qu’on ne sait pas, ou mal10 limites
- Le chiffre de 2 millions de grévistes est attribué au ministère du Travail par le musée de l'Histoire vivante, sans période ni méthode précisées, et la statistique originale n'a pas pu être consultée (Gallica inaccessible). La même source parle de 12 142 « entreprises » touchées, quand d'autres parlent de « grèves ». L'encyclopédie Larousse avance « près de 3 millions » de grévistes, sans source : l'ordre de grandeur reste incertain.
- Hausses de salaires de : le texte de l'accord prévoit une échelle de 15 % à 7 %, avec un plafond de 12 % pour la de chaque établissement ; l'Assemblée nationale résume par « 7 % » et Serge Berstein (Universalis) parle d'une « augmentation moyenne de 12 % ». Aucune source consultée ne mesure la hausse réellement appliquée ni son érosion par l'inflation de 1936-1938.
- L'INA indique qu'environ 600 000 travailleurs ont bénéficié du « billet de congés payés » à l'été 1936 et 1 800 000 l'été suivant, sans source ; ce chiffre ne mesure pas le nombre total de vacanciers et n'est pas retenu comme estimation.
- Un total de grévistes sur le mois et un nombre de grévistes à une date donnée (« deux millions le 11 juin » selon l'INA) ne mesurent pas la même chose ; aucune des sources consultées ne donne la méthode de comptage.
- La durée du premier congé payé diffère selon les sources : « 14 jours » sur le site de l'Assemblée nationale, « douze jours » selon l'INA, « deux semaines » pour Universalis et Larousse ; le texte de la loi reproduit par Legisocial et cité par LCP dit au moins quinze jours, dont douze .
- Le vote des congés payés à le 11 juin 1936 est donné à l'unanimité des 592 votants après recomptage (Assemblée nationale) ou à 563 voix contre 1 (LCP). Le vote des 40 heures est donné à 408 voix contre 100 ou contre 160 selon deux passages de la même page de l'Assemblée nationale.
- Le nombre de varie selon la source et la période : près de 5 000 entre 1936 et 1938 (Laure Machu), environ 6 000 fin 1938 (Assemblée nationale), près de 6 000 jusqu'en janvier 1940 (Sénat).
- Le texte de l' a été lu dans une reproduction (sujet d'examen citant l'historien Jean Vigreux), pas dans un original d'archives. Le contenu exact des de 1938 n'a pas été lu dans le .
- Les articles d'historiens en ligne (Antoine Prost dans Le Mouvement social, chapitres OpenEdition, HAL) n'ont pas pu être ouverts ; les interprétations citées viennent d'encyclopédies, de la presse et d'un article de vulgarisation scientifique.
- Le dossier porte sur la France métropolitaine ; la loi des 40 heures s'appliquait aussi à l'Algérie, et des grèves ont eu lieu dans l'empire colonial, que ce dossier ne couvre pas.
Sources25 références · 3 mai 1936 – 30 novembre 1938
Chaque numéro dans le texte renvoie à l’une de ces références. La barre indique la nature de la source, du texte officiel à la synthèse encyclopédique : ce n’est pas une note de fiabilité.
- Texte officiel ou archive 3
- Institution publique ou patrimoniale 14
- Travaux de recherche 1
- Presse 3
- Synthèse encyclopédique 4
- 1Institution publique ou patrimoniale
Une ouverture de la législature sur fond de grèves (site extérieur)
Assemblée nationale (rubrique Histoire, « Il y a 90 ans : le Front populaire et les lois sociales de la République »)
Grève Bréguet du 11 mai, extension le 28 mai, refus d'appliquer l'accord Matignon, plus de 12 000 grèves, discours de Blum du 6 juin et confiance par 384 voix contre 210.
- 2Institution publique ou patrimoniale
Les élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936 (site extérieur)
Assemblée nationale (rubrique Histoire)
Dates des deux tours, 57,17 % des suffrages pour la gauche, SFIO premier groupe avec 149 membres, gouvernement Blum soutenu par le PCF sans participation.
- 3Institution publique ou patrimoniale
Des « Accords de Matignon » aux cinq premières lois adoptées (site extérieur)
Assemblée nationale (rubrique Histoire)
Conférence du 7 juin entre CGPF et CGT, dépôt de cinq projets le 9 juin, calendrier des votes et publication au Journal officiel du 18 au 26 juin 1936.
- 4Institution publique ou patrimoniale
Les quarante heures hebdomadaires (site extérieur)
Assemblée nationale (rubrique Histoire)
Revendication CGT reprise sans chiffre par le programme, dépôt le 9 juin, votes du 12 juin (408 voix pour) et du 18 juin (176 contre 80), promulgation le 21 juin, décret métallurgie du 27 octobre 1936.
- 5Institution publique ou patrimoniale
Les congés payés (site extérieur)
Assemblée nationale (rubrique Histoire)
Ni dans le programme ni dans les revendications des grévistes, texte de 1931 resté au Sénat, vote unanime du 11 juin, Sénat le 17 juin, promulgation le 20 juin, décrets du 1er août 1936.
- 6Institution publique ou patrimoniale
Les conventions collectives (site extérieur)
Assemblée nationale (rubrique Histoire)
Absente du programme mais présente dans les revendications des grévistes ; votes du 11 juin (571 contre 5), du 18 juin (280 contre 2) et du 19 juin ; promulgation le 24 juin ; environ 6 000 conventions et 600 extensions fin 1938.
- 7Texte officiel ou archive
Chambre des députés, seizième législature (archives de l'Assemblée nationale) · publié le 19 juin 1936
Texte adopté par la Chambre le 11 juin et modifié par le Sénat le 18 juin 1936 ; clause obligatoire de délégués élus dans les établissements de plus de dix personnes.
- 8Texte officiel ou archive
Légifrance
Plafond de 40 heures de travail effectif par semaine, interdiction de baisser le niveau de vie ou les salaires, décrets d'application par profession.
- 9Texte officiel ou archive
Légifrance (Journal officiel, version initiale)
Date et intitulé officiel de la loi sur les congés payés.
- 11Institution publique ou patrimoniale
Les congés payés ont 90 ans (site extérieur)
Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) · publié le 9 juin 2026
La loi de 1936 accorde un congé annuel continu payé d'au moins quinze jours.
- 12Institution publique ou patrimoniale
Académie de Versailles (Banque nationale de sujets, GTCHIGE05509)
Articles 1 à 7 de l'accord : contrats collectifs, liberté syndicale, hausses de 15 % à 7 % plafonnées à 12 %, délégués au-delà de dix ouvriers, aucune sanction, appel à la reprise.
- 13Institution publique ou patrimoniale
Éric Lafon, Frédéric Cépède, Jean Vigreux, Marion Fontaine et al. · Musée de l'Histoire vivante (Montreuil) · publié le 2016
Grèves des 11 et 13 mai (Bréguet, Latécoère), raisons des occupations, chiffres du ministère du Travail (12 142 entreprises, 2 millions de grévistes, 74 % d'occupations), programme adopté début 1936.
- 14Synthèse encyclopédique
Front populaire : l'expérience Blum (juin 1936-juin 1937) (site extérieur)
Serge Berstein · Encyclopædia Universalis
Gouvernement de socialistes et de radicaux soutenu par les communistes ; partage du travail par la réduction de sa durée dans le diagnostic de Blum ; vague de grèves de deux millions de salariés ; Blum contraint d'agir dans la précipitation pour désamorcer la crise ; droit syndical reconnu à Matignon en échange de la fin des grèves ; « augmentation moyenne de 12 % » ; deux semaines de congés payés. La page ne dit pas que les grèves ont seulement accéléré des réformes déjà prévues.
- 15Synthèse encyclopédique
CGT (Confédération générale du travail) : la CGT et la Seconde Guerre mondiale (site extérieur)
Encyclopædia Universalis
Grève générale de vingt-quatre heures lancée par la CGT le 30 novembre 1938 contre les décrets-lois, inégalement suivie.
- 16Travaux de recherche
Front populaire : le temps des conventions collectives (site extérieur)
Laure Machu · CNRS Le Journal · publié le 24 juin 2016
Près de 5 000 accords signés de 1936 à 1938, rapport Laroque de 1934, effets limités des conventions sur la condition ouvrière.
- 17Institution publique ou patrimoniale
André Méric · Sénat · publié le 11 décembre 1975
Loi des huit heures du 23 avril 1919 ; recul des 40 heures dès 1937 (abandon de la répartition sur cinq jours, heures supplémentaires facilitées) ; retour à 48 heures (plafond de 60) à la veille de la guerre ; rétablissement par la loi du 25 février 1946 ; congés portés à trois semaines en 1956.
- 18Institution publique ou patrimoniale
Sénat
Procédure d'extension créée en 1936 ; près de 6 000 conventions conclues jusqu'en janvier 1940.
- 19Institution publique ou patrimoniale
P. Gillet, P. Laharie et Y. Poulle · Archives nationales · publié le 2003
Décrets d'application de la loi des 40 heures pris profession par profession de septembre 1936 à octobre 1938, et jusqu'au 31 décembre 1938.
- 20Institution publique ou patrimoniale
Florence Dartois · INA · publié le 10 juin 2024
Blum nommé par Albert Lebrun le 4 juin 1936 ; deux millions de grévistes le 11 juin (chiffre sans source précisée). La page attribue à tort les 40 heures et les congés payés à l'accord Matignon : elle n'est pas utilisée pour ces points.
- 21Institution publique ou patrimoniale
Stéphane Gomanne · INA (Fresques)
En 1938, les décrets-lois Reynaud remettent en cause la semaine de 40 heures.
- 22Presse
Romane Idres · France 3 Hauts-de-France · publié le 7 juin 2026
Revendications de salaires et de droit syndical dans la Somme dès le 4 juin ; lectures de Xavier Vigna et Gérard Noiriel ; ordre de grandeur de deux millions de grévistes et neuf mille établissements occupés.
- 23Synthèse encyclopédique
Encyclopédie Larousse
Le mouvement gagne encore en ampleur jusqu'au 11 juin ; reprise progressive après des négociations branche par branche.
- 24Synthèse encyclopédique
Front populaire (site extérieur)
Encyclopédie Larousse
Estimation divergente de « près de 3 millions » de grévistes, sans source ; deux semaines de congés payés ; accord Matignon conçu pour répondre au mouvement de grèves.
- 25Presse
Ces lois qui font votre été : il y a 90 ans, les congés payés (site extérieur)
Anne-Charlotte Dusseaulx · LCP-Assemblée nationale · publié le 3 août 2026
Congés payés comptés parmi les principales revendications des ouvriers mais absents du programme électoral ; projet déposé dans l'espoir de mettre fin aux occupations ; vote de la Chambre le 11 juin 1936 par 563 voix contre 1 ; congé d'au moins quinze jours dont douze ouvrables.






































